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PRÉHISTOIRE

Préhistoire : Homo sapiens, nomade et artiste paléolithique

Histoire de l’art : Homo sapiens entre en scène. Ce chasseur paléolithique perfectionne ses capacités techniques et artistiques, et domine l’Europe vers 35 000 avjc…

Les premiers chefs-d’œuvre de la préhistoire

Au cours de la période préhistorique, Homo sapiens utilise de manière rationnelle la pierre, l’os et le bois de renne pour fabriquer des armes et des outils. Il organise sa vie sociale et culturelle et innove dans divers domaines techniques. Créatif, il développe une expression artistique impressionnante et d’une grande puissance vitale. La civilisation du paléolithique supérieur atteint son apogée vers 12 000 ans avjc…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
Dernière mise à jour octobre 2020

D'après des troupeaux, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d'Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des troupeaux, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d’Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Le paléolithique supérieur : entre 40 000 – 35 000 avjc et 10 000 ans avjc. Le Châtelperronien, vers 40 000 – 30 000 avjc. – L’Aurignacien, vers 35 000 – 20 000 ans avjc. Chronologie générale  L’Art de la Préhistoire

L’HUMANITÉ PALÉOLITHIQUE DÉCOUVRE L’ART…

Entre 40 000-30 000 avjc et 10 000 ans avjc environ, Homo sapiens s’adapte à de grandes variations climatiques. Les premières grandes réalisations artistiques du paléolithique remontent à l’époque de l’aurignacien…

D'après un rhinocéros, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, aurignacien, Ardèche, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un rhinocéros, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, aurignacien, Ardèche, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Rhinocéros, bisons, chevaux, lions, ours…, animent les compositions de la grotte Chauvet : la puissance du trait évoque la calligraphie.

Juin 2014 : l’Unesco inscrit officiellement la grotte Chauvet, dont les peintures rupestres remontent à 36 000 avjc, au patrimoine mondial de l’humanité. Ce site préhistorique français se situe près de Vallon-Pont-d’Arc, en Ardèche.

D’après un bison et mains en négatif, peintures rupestres, grotte d’El Castillo, vers 40 800 avjc, Puente Viesgo, Espagne ; et l’image probable d’une éruption volcanique, grotte Chauvet, aurignacien, vers 36 000 ans avjc France ; début paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des chasseurs nomades

Ambiance tempérée et froid intense alternent au cours de la période de Würm. Durant les phases froides, on rencontre de grands troupeaux d’herbivores dans la steppe. Pendant les périodes de réchauffement, prairies, bois, forêts et gibier font leur apparition…

D'après un propulseur, bouquetins affrontés, bois de renne, grotte d'Enlène, Ariège, vers 15 000 avjc, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un propulseur, bouquetins affrontés, bois de renne, grotte d’Enlène, Ariège, vers 15 000 avjc, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les glaciers d’Europe du Nord reculent et l’homme paléolithique vit de la cueillette, de la pêche et de la chasse. C’est un nomade, il se déplace souvent à la recherche de gibier sur de nouveaux territoires.

Homo sapiens réalise ses premiers chefs-d’œuvre…

Homo sapiens utilise le silex, le bois, l’os et l’ivoire pour façonner ses armes et ses outils. En outre, il crée de plus en plus d’objets décorés avec soin, notamment des bâtons, des propulseurs, des plaquettes ou os découpés…

D'après un propulseur de sagaie, dit Faon à l'oiseau, bois de renne, magdalénien, 14 000-13 000 avjc, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un propulseur de sagaie, dit Faon à l’oiseau, bois de renne, magdalénien, 14 000-13 000 avjc, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Une période artistique inédite

Si les premières manifestations artistiques du paléolithique remontent à 40 000-35 000 avjc, l’expression artistique prend ensuite de plus en plus d’ampleur. Elle atteint un degré de perfection unique en son genre à la fin du paléolithique supérieur, notamment dans les cultures aux solutréenne et magdalénienne.

La disparition soudaine de cette culture et de ses créations, vers 10 000 ans avjc, est à ce jour inexpliquée… Avec l’avènement du néolithique, les grandioses compositions pariétales disparaissent…

D'après des bouquetins affrontés, peintures rupestres, grotte de Lascaux, Dordogne, vers 18 000 ans avjc, magdalénien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des bouquetins affrontés, peintures rupestres, grotte de Lascaux, Dordogne, vers 18 000 ans avjc, magdalénien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des outils, des pinceaux et des pochoirs

La grande majorité des objets fabriqués en bois, en peaux et en argile crue, qui sont des matériaux périssables, ont de nos jours disparus. En revanche, les artistes paléolithiques se servent d’outils en silex – lames, burins et grattoirs… – pour graver et sculpter l’os et la pierre.

Par ailleurs, les peintres préhistoriques utilisent parfois des poils ou des tiges végétales pour fabriquer des pinceaux ou des pochoirs. Des pigments minéraux permettent d’obtenir une palette de couleurs pour réaliser des images picturales.

D'après un mammouth gravé, grotte de Saint-Front, Domme, Dordogne, France, solutréen, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un mammouth gravé, grotte de Saint-Front, Domme, Dordogne, France, solutréen, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Bas-reliefs, hauts-reliefs et rondes-bosses

Les artistes paléolithiques sculptent les parois rupestres ou des blocs de pierre en bas-relief, en haut-relief ou en ronde bosse. Le bas-relief correspond à un relief léger sur une représentation en deux dimensions.

En haut-relief, le travail de sculpture devient plus profond et le sujet se détache nettement de son support. En ronde-bosse, il est traité en trois dimensions, comme c’est le cas pour les statues et les statuettes.

Os, bois de renne, ivoire… et des décors variés

Les œuvres paléolithiques les mieux conservées sont en corne, en os, en bois de renne, en ivoire de mammouth ou en pierre. On peint et on sculpte les parois des grottes et des abris sous roche.

D'après un bâton gravé (de commandement?), à motifs géométriques, bois de renne, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un bâton gravé (de commandement?), à motifs géométriques, bois de renne, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les artistes préhistoriques travaillent aussi sur des plaquettes ou des blocs de pierre. De nombreux objets sont soigneusement décorés de motifs géométriques ou végétaux.

Harpons, sagaies, propulseur de sagaies, rondelles, pendeloques, amulettes ou encore « contours découpés » en os sont parfois enrichis de décors abstraits ou de motifs animaliers.

LES CHASSEURS DE RENNES ORGANISENT LEURS CAMPEMENTS

Homo sapiens s’adapte aux changements climatiques et se déplace. On le rencontre dans le Nord de l’Europe, et jusqu’en Sibérie et en Arctique. Au paléolithique supérieur, des groupes organisés choisissent un territoire favorable à la chasse, et aussi parfois à la pêche, et aménagent leur espace vital.

D'après une rivière, un lieu de campement des chasseurs nomades de la préhistoire. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une rivière, un lieu de campement des chasseurs nomades de la préhistoire. (Marsailly/Blogostelle)

Le site de Pincevent en France

Pincevent, en France, les occupants de ce campement sont des chasseurs de rennes magdaléniens. La culture magdalénienne, entre 18 000 et 10 000 ans avjc, marque l’apogée du paléolithique supérieur.

Les traces d’un foyer, un bloc pour s’asseoir à l’entrée d’une tente et la présence d’un atelier de taille du silex montrent de quelle manière les Magdaléniens organisent leur vie quotidienne.

D’après la reconstitution d’un habitat-cabane, ossements, crâne et défenses de mammouth, Ukraine ; une reconstitution d’habitat magdalénien, peaux et os, Gönnersdorf, Allemagne ; et des traces d’aménagement du sol, Pincevent, Seine-et-Marne, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Un habitat, un coin boucherie et un atelier de taille

Le modèle d’habitat magdalénien de Pincevent avec son sol aménagé se retrouve sur d’autres sites. Comme à Verberie dans l’Oise, à Etiolles dans le Bassin parisien, ou encore en Allemagne, à Gönnersdorf, près du Rhin.

Sur ces aires de campements, les chasseurs magdaléniens délimitent trois zones d’activités : l’habitat, le coin boucherie et l’atelier réservé à la taille du silex. On vit de la chasse, de la pêche et de la cueillette et on installe des tentes ou des cabanes en peaux. On confectionne aussi des vêtements.

D'après une tente-tipi sur le modèle magdalénien, peaux et bois,  paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une tente-tipi sur le modèle magdalénien, peaux et bois, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

L’art de la taille : de l’apprenti malhabile au maître-artisan

Au paléolithique supérieur, Homo sapiens maîtrise toutes les activités liées à la chasse. Habile, il diversifie son outillage et se procure une matière première de qualité.

Le débitage du silex en lames ou en lamelles se généralise. L’étude des amas de silex retrouvés sur les aires de campements magdaléniens suggère une possible hiérarchisation dans le travail. Il semble que des apprentis malhabiles côtoient des maîtres accomplis dans l’art de la taille…

D'après un burin, silex taillé, gravettien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un burin, silex taillé, gravettien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les tailleurs se perfectionnent de plus en plus

Au fur et à mesure de son développement intellectuel, l’habileté de l’être humain préhistorique progresse. Il fabrique des outils de plus en plus variés et précis.

Après les bifaces du paléolithique ancien, les groupes préhistoriques élaborent différents outils sur éclat au paléolithique moyen : racloirs, pointes, denticulés, lames, lamelles…

Ces objets sont fabriqués à partir d’éclats de silex retouchés. Puis les tailleurs de silex perfectionnent davantage encore leur technique au paléolithique supérieur.

D’après une pointe de Châtelperron, silex taillé, Châtelperronien ; un éclat et une pointe Levallois, outils en silex ; et une lame, silex taillé et retouché, magdalénien ; paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

On utilise surtout des outils tranchants et pointus

Pour façonner des tranchants efficaces, les tailleurs travaillent sur des éclats. L’éclat est un fragment de roche dure que l’on obtient en le détachant d’une pierre brute. Cette pierre est débitée en longues lames ou lamelles.

Pour les éclats de petites tailles, on parle d’esquilles. Les lames, les lamelles ou les esquilles sont des outils particulièrement tranchants et pointus. On fabrique aussi de nombreuses pointes de flèche en silex pour armer des lances ou sagaies.

D’après une pointe à emmanchement, silex taillé, vers 26 000 avjc, gravettien ; et des silex taillés dits Feuilles de Laurier, vers 20 000-18 000 avjc, solutréen ; paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des pointes et des lames « Feuilles de Laurier »

Au début du paléolithique supérieur, vers 35 000 ans – 30 000 avjc, les Châtelperroniens s’exercent à la fabrication de pointes et de couteaux.

La qualité du travail de taille, avec des lames retouchées sur un seul côté, reste encore proche de celle du Moustérien, au paléolithique moyen.

D'après une pointe denticulée, dite feuille de laurier, silex taillé, vers 20 000-18 000 avjc, solutréen, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une pointe denticulée, dite feuille de laurier, silex taillé, vers 20 000-18 000 avjc, solutréen, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Puis, 10 000 à 15 000 ans plus tard, les tailleurs solutréens excellent dans l’art de la taille du silex et réalisent des pièces exceptionnelles appelées Feuilles de Laurier ou Feuilles de Saule d’une extrême finesse.

La sagaie, l’arme de chasse du paléolithique supérieur

C’est au paléolithique supérieur que se développe beaucoup le travail sur os. Les artisans innovent dans le domaine technique et commencent à créer de plus en plus d’outils composites.

D'après des pointes de sagaies, bois de renne, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des pointes de sagaies, bois de renne, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les chasseurs de la préhistoire utilisent un système de collage à la résine et fabriquent de nombreuses sagaies dès l’époque du Châtelperronien, à partir de 35 000 ans avjc. Ces armes de chasse perdurent jusqu’à la fin du paléolithique supérieur.

Le mystère des bâtons percés paléolithiques

Des énigmatiques « bâtons percés »sont souvent associés aux sagaies, et sont l’objet de diverses interprétations. Certains spécialises les identifient comme des bâtons de commandement, d’autres comme des outils servant à fabriquer des cordages ou encore comme des objets utiles pour redresser les sagaies.

D’après un bâton percé et gravé, motif de bouquetin, La Madeleine, et des bâtons « redresseurs de sagaie », décor incisé ; bois de renne, Dordogne, France, magdalénien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

L’extrémité de la sagaie serait placée dans le trou du bâton percé à chaud pour être redressée. On retrouve ces « bâtons percés » en bois de renne jusqu’à la fin du paléolithique supérieur.

LES ARTISTES PALÉOLITHIQUES CRÉENT SUR DES SUPPORTS FIXES OU MOBILES

Pour différencier les types d’ouvrages réalisés au paléolithique, on parle d’art mobilier pour des objets mobiles et transportables et d’art pariétal pour les œuvres fixes, comme les compositions rupestres dans les cavernes.

D'après un mammouth, grotte de Cussac, gravure, Dordogne, vers 29500-28000 ans avjc, gravettien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un mammouth, grotte de Cussac, gravure, Dordogne, vers 29500-28000 ans avjc, gravettien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Gravure et peinture servent la création artistique

L’art mobilier comprend des blocs gravés ou peints, des statuettes et des plaquettes qui sont déposées dans les grottes. On parle d’art pariétal pour les peintures ou les images gravées ou sculptées à même les parois rocheuses.

Toutes ces expressions artistiques, où le monde animal domine et la figure humaine se fait rare, invitent à imaginer la possibilité de l’existence d’une conception du monde, signifiante, symbolique ou en relation avec le sacré…

D'après un grand bison, grotte Chauvet, peintures rupestres, Pont d'Arc, Ardèche, vers 36 000 ans avjc, Aurignacien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un grand bison, grotte Chauvet, peintures rupestres, Pont d’Arc, Ardèche, vers 36 000 ans avjc, Aurignacien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Un art symbolique ou spirituel ?

L’art pariétal de la civilisation paléolithique nous offre une expression artistique spectaculaire… Peintures et gravures couvrent les plafonds et les parois des abris sous roche et des grottes.

Les œuvres magnifient des salles et des galeries souterraines naturelles où des groupes humains se réunissent peut-être pour célébrer des cultes ou des rituels.

D'après un grand taureau, grotte de Lascaux, peinture rupestre, vers 18 000 ans avjc, magdalénien, Dordogne, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un grand taureau, grotte de Lascaux, peinture rupestre, vers 18 000 ans avjc, magdalénien, Dordogne, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Si divers auteurs ont proposé différentes hypothèses, allant de l’art pour l’art à la création de sanctuaires dès l’époque paléolithique, la signification réelle de ces compositions reste à jamais incertaine et mystérieuse…

Par ailleurs, certaines images représentent des animaux qui semblent atteints et blessés par des sagaies, évoquant peut-être une symbolique de la chasse…

Voir aussi les articles Histoire du sacré… le Paléolithique et L’univers spirituel des chasseurs-cueilleurs

LES ANALYSES DE STYLE D’ANDRÉ LEROI GOURHAN

Après les premières découvertes de l’abbé Breuil, à la fin du XIXe siècle, André Leroi Gourhan, préhistorien et ethnologue, se consacre à l’étude des différents styles artistiques du paléolithique en Espagne et en France…

D'après un symbole féminin et bison, grotte Chauvet, aurignacien, 36 000 ans avjc, Pont d'Arc. Ardèche, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un symbole féminin et bison, grotte Chauvet, aurignacien, 36 000 ans avjc, Pont d’Arc. Ardèche, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les 4 styles de l’art paléolithique

Selon André Leroi Gourhan, 4 étapes majeures jalonnent l’évolution de l’art paléolithique. Selon lui, les styles 1, 2 et 3 correspondent surtout à un art pariétal. Le style 4 se distingue par un art mobilier très abondant…

DES IMAGES SEXUELLES AU DÉBUT DU PALÉOLITHIQUE

Entre 40 000-35 000 et 26 000 ans avjc environ, les cultures du Châtelperronien et de l’Aurignacien développent un premier style pré-figuratif…

D’après des représentations vulvaires, Petite Chambre des vulves, Tito Bustillo, aurignacien, Espagne des gravures sur bloc, vers 30 000 avjc, abri Blanchard, Dordogne ; et bloc sculpté, abri-du-Cellier, Tursac, Dordogne ; aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des esquisses et des parures

Cet période artistique se rapporte à l’époque finale de Neandertal et au tout début du paléolithique supérieur avec la culture de Châtelperron (site éponyme dans l’Allier, en France).

Les artistes paléolithiques expérimentent leur goût pour la décoration et la parure et réalisent les premières esquisses gravées ou peintes sur parois ou blocs. Ils utilisent des pierres de couleur, des dents percées, des coquillages et des fossiles.

D'après des éléments de parure, dents de bovidé, de renne, de canidé, et coquillages perforés, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des éléments de parure, dents de bovidé, de renne, de canidé, et coquillages perforés, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des représentations vulvaires aux formes schématisées

Dans un premier temps, les paléolithiques créent des images sexuelles assez nombreuses. Ces représentations, parfois peintes, sont le plus souvent gravées sur des parois rocheuses ou sur des blocs de pierre.

Ce sont en majorité des vulves féminines aux formes schématisées ou stylisées. Les représentations de phallus sont beaucoup plus rares. En France, le style 1 se précise avec les cultures de l’aurignacien (32 000- 20 000 avjc) et du gravettien (26 000 -20 000 avjc).

D’après une représentation sexuelle, gravure, abri-sous-roche de Castanet ; une corne de bovidé sculptée, forme phallique, vers 30 000 avjc, abri- Blanchard, Dordogne ; et un bloc gravé, représentation vulvaire, Tuc d’Audoubert, Ariège ; aurignacien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des ébauches, des incisions, de la couleur…

Les compositions picturales de l’abri Blanchard ou celles des Gorges-d’Enfer aux Les Eyzies-de-Tayac, en Dordogne, en France, montrent des ébauches plutôt schématiques et stylisées. Les ouvrages sur os portent des incisions, des points et de la couleur obtenue avec du manganèse.

LE TRAIT CALLIGRAPHIQUE DES ARTISTES AURIGNACIENS

La culture de l’Aurignacien tire son nom du site d’Aurignac, situé dans les Pyrénées, en France. On peut admirer des œuvres des Aurignaciens dans les grottes de Pair-Non-Pair, en Gironde, et de Chauvet, en Ardèche…

D'après des chevaux, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d'Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des chevaux, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d’Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Peinture et sculpture monumentales…

En France, la grotte Chauvet, en Ardèche, abrite des manifestations de l’art pariétal parmi les plus anciennes connues à ce jour. Ces compositions paléolithiques peintes sur les parois rocheuses remontent à au moins 36 000 ans avjc.

Rhinocéros, lions, ours, bisons, chevaux… animent de grands tableaux dont la puissance du trait évoque la calligraphie. Progressivement, l’homme s’aventure de plus en plus loin au fond des grottes.. Apparaît alors l’idée d’un lieu consacré réunissant peinture et sculpture monumentale…

D’après une statuette anthropomorphe à tête de lion, ivoire, grotte de Stadel, Allemagne ; et un bouquetin, gravure rupestre, grotte de Pair-Non-pair, Gironde, France ; aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les Aurignaciens apprécient les félins…

Vers 35000 -30 000 ans avjc, un artiste aurignacien sculpte une figure anthropomorphe à tête de lion dans de l’ivoire de mammouth (Holenstein, Allemagne). Cette statuette peut évoquer une relation signifiante entre l’homme et l’animal, ou exprime peut-être une participation mystique…

Peints ou sculptés, on remarque que les félins sont souvent représentés dans la culture aurignacienne. Si les lions se rattachent au monde sauvage et au danger, ils symbolisent souvent, dans les sociétés archaïques, des idées de puissance et de souveraineté, qui sont peut-être un héritage de la lointaine préhistoire…

D'après des lions, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d'Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des lions, peinture rupestre, grotte Chauvet, vers 36 000 avjc, Pont d’Arc, Ardèche, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Lames, grattoirs et bijoux en coquillages

Les tailleurs de silex aurignaciens finalisent le travail des lames et des grattoirs. Ils retouchent leurs lames, parfois étranglées, sur leurs deux côtés. Les grattoirs sont très épais et peuvent être carénés.

On imagine et on façonne aussi des éléments de parures: coquillages, dents d’animaux percées et diverses pendeloques font partie des premiers bijoux connus…

D’après une parure de coquillages, aurignacien, abri-sous-roche de Castanet ; et un burin et des grattoirs et des lames, silex taillé ; aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

On décore les sagaies des chasseurs

Les artisans commencent à fabriquer des pointes de sagaies en os. Elles sont pourvues d’un emmanchement en biseau ou en V. Les nombreuses sagaies utilisées pour la chasse, comme les « bâtons percés » qui les accompagnent, sont souvent décorées de motifs gravés non figuratifs.

D'après des représentations vulvaires et cupules, aurignacien, La Ferrassie, Dordogne, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des représentations vulvaires et cupules, aurignacien, La Ferrassie, Dordogne, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des évocations sexuelles féminine et des cupules

La gravure sur os, sur ivoire ou sur des blocs de pierre se généralise. Les représentations animales sont très présentes, associées parfois à des signes abstraits.

Les Aurignaciens sculptent beaucoup de représentations vulvaires féminines et des motifs de cupule. Ces motifs, traités de manière très schématique, suggèrent une importance toute particulière accordé au thème de la féminité, sexuelle et procréatrice…

D’après un bloc, ensemble de cupules, aurignacien, La Ferrassie ; et un bloc sculpté, motif vulvaire, abri-du-Cellier, Tursac ; Dordogne, aurignacien, paléolithique supérieur. (Marsailly-Blogostelle)

Dans l’univers de l’art paléolithique, la figuration féminine, souvent très stylisée, semble concentrer en elle des valeurs symboliques et sacrées… Quant aux animaux, ce sont les principaux protagonistes de grandioses compositions peintes sur les parois des grottes…

Article suivant  L’art paléolithique consacre la féminité et le monde animal

Consulter le Sommaire La Préhistoire

Consulter Le sommaire du BLOG

Bloc notes + Un roman? La Guerre du Feu, de J.H. Rosny Aîné. Un film? La Guerre du Feu de Jean-Jacques Annaud.

Bloc-notes + : La grotte Chauvet archeologie.culture.fr/chauvet/fr (visite virtuelle, source culture.fr).

Par Maryse Marsailly

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