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PRÉHISTOIRE

L’art paléolithique consacre la féminité et le monde animal

Histoire de l’art : au fil du temps, les artistes paléolithiques s’enhardissent, inspirés par le mystère féminin et l’univers animalier. Figures de style…

Premières « Vénus » préhistoriques

Comme Neandertal, Homo sapiens inhume ses morts avec soin. Une expression artistique liée aux sépultures voit le jour. La maîtrise de la chasse et le rôle de la femme sont peut-être associés à une pensée spirituelle, à la création de valeurs sacrées ou symboliques fondées sur un imaginaire…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
Dernière mise à jour juillet 2020 –

D’après la Dame de Brassempouy, dite à Dame à la Capuche, ivoire de mammouth, vers 22 000 avjc, Landes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la Dame de Brassempouy, dite à Dame à la Capuche, ivoire de mammouth, vers 22 000 avjc, Landes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
– Le paléolithique supérieur, vers 40 000 – 35 000 à 10 000 ans avjc. L’Aurignacien, vers 35 000 avjc à 20 000 avjc. – Le Gravettien, vers 26 000 avjc à 20 000 avjc. – Le Solutréen, vers 20 000 à 18 000 avjc. Chronologie générale L’Art de la Préhistoire

LA MONUMENTALITÉ DES STATUETTES PALÉOLITHIQUES

Le thème de prédilection des artistes du paléolithique supérieur, c’est le monde animal. Et parmi les rares images d’êtres humains que l’on peut voir, une grande majorité sont féminines. Parfois aussi, quelques rares figures masculines très stylisées sont mises en scène auprès des animaux…

D’après la Dame de Brassempouy, dite à Dame à la Capuche, ivoire de mammouth, vers 22 000 avjc, Landes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la Dame de Brassempouy, dite à Dame à la Capuche, ivoire de mammouth, vers 22 000 avjc, Landes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

La Vénus de Brassempouy, gracieuse Dame à la capuche

La Vénus de Brassempouy, dite aussi La Dame à la Capuche, datée vers 22 000 ans avjc, provient des Landes, en France. Ce célèbre portrait de femme sculpté dans l’ivoire de mammouth est magnifié par une coiffure en résille finement travaillée.

Sur le doux visage aux traits fins de La Dame à la capuche, on distingue les yeux et le nez, mais la bouche est absente. Ce détail, sans doute prémédité par l’artiste, confère au personnage une aura énigmatique…

D’après la Dame de Brassempouy, dite Dame à la Capuche, ivoire de mammouth, profil, coiffure en résille et détail, vers 22 000 avjc, Landes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

La figure de la Dame de Brassempouy semble habitée par une expression venant de l’intérieur…

La figure de la Dame de Brassempouy est à ce jour le plus ancien visage humain connu. Cette statuette représente une exception parmi l’ensemble des figurations féminines préhistoriques, dans leur majorité très stylisées.

D’après la Vénus de Sireuil, calcite, vers 27 000 ans avjc, gravettien, Dordogne ; la Vénus de Tursac, calcite, Abri du Facteur, vers 25 000 avjc, gravettien, Dordogne, France ; et une vénus nue et parée, Russie, gravettien ; paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Une stylisation parfois poussée à l’extrême

Le plus souvent, les sculpteurs paléolithiques façonnent des statuettes à l’allure très stylisée et dépourvues de visage. Les corps sont souvent déformés par une hypertrophie calculée des détails anatomiques féminins.

Contrairement aux animaux, dont le rendu est plutôt naturaliste, les artistes paléolithiques interprètent les êtres humains avec une volonté de stylisation parfois poussée à l’extrême…

D’après une femme enceinte et parure, Russie, gravettien ; et une figuration féminine, gravure, grotte de Cussac, Dordogne, vers 29500-28000 ans avjc, gravettien ; France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Plantureuses Vénus et archétypes féminins

Si les représentations humaines sont rares à cette époque, le plus souvent ce sont des images féminines. Les plus anciennes sont réalisées par les artistes aurignaciens qui stylisent le sexe féminin peint ou gravé.

Les représentations féminines paléolithiques arborent des formes schématisées à l’extrême, minimalistes, qui mettent en lumière la nudité et quelquefois la parure… Ainsi, ces images s’apparentent à des archétypes féminins…

D'après une femme enceinte, plaquette gravée, calcaire, grotte de La Marche, Charentes, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une femme enceinte, plaquette gravée, calcaire, grotte de La Marche, D’après une femme enceinte, plaquette gravée, calcaire, grotte de La Marche, Charentes, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Ventres volumineux et seins lourds

Les plus connues sont les Vénus gravettiennes. Ces statuettes, d’à peine quelques centimètres de haut, affichent des formes très plantureuses.

L’absence de visage met l’accent sur le corps dont les hanches, les fesses et le ventre sont volumineux. Souvent, les bras sont à peine esquissés autour de seins lourds et imposants.

À l’image de déesses peut-être liées à un culte, les statuettes féminines paléolithiques nous ramènent à un symbolisme de la fertilité, de la fécondité, de la maternité et de l’abondance.

D’après une femme enceinte et un cervidé, gravure, magdalénien, Laugerie-Basse, Eyzies-de-Tayac ; et une évocation féminine, bison et lion, grotte Chauvet, vers 36 000 ans avjc, aurignacien, Ardèche, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Le thème de la femme associée au bison

Par ailleurs, dans l’art paléolithique, on rencontre à plusieurs reprises l’image de la femme associée à celle au bison…

Une gravure magdalénienne sur os, dite « contours découpés », associe une femme enceinte à un cervidé, une image rupestre associe une femme à une corne de bison, ou encore une peinture pariétale représente une évocation féminine auprès d’un bison et d’un félin…

D'après la Vénus à la Corne de bison, Laussel, vers 25 000 ans avjc, Dordogne, France, Paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la Vénus à la Corne de bison, Laussel, vers 25 000 ans avjc, Dordogne, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Ainsi, La Vénus à la Corne de Bison de Laussel représente-t-elle une femme ou une déesse? Le sculpteur de cette « Vénus » utilise par ailleurs de l’ocre rouge, très présente dans l’art paléolithique, pour embellir son sujet. La figure porte haut, dans sa main droite, une grande corne de bison…

LES PLANTUREUSES BEAUTÉS GRAVETTIENNES

Selon le préhistorien Leroi- Gourhan, le style 2 se situe entre 26 000 et 18 000 ans avjc, au gravettien et au solutréen ancien. Au cours de cette période, les artistes s’essayent à la figure humaine et réalisent de nombreuses Vénus gravées ou sculptées en ronde bosse. Ces images semblent sacraliser l’essence de la féminité.

D'après une statuette féminine, cupule aux cuisses, stéatite, gravettien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une statuette féminine, cupule aux cuisses, stéatite, gravettien, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des statuettes qui épousent un canon stylistique

Les « Vénus » de style gravettien se distinguent par une tête et des pieds très schématisés, voire à peine ébauchés. Les artistes insistent sur les volumes des formes du ventre, des seins, des hanches et des fesses.

Comme sur une statuette de style gravettien, sculptée en stéatite, pourvue d’une cupule au niveau des cuisses. Parfois, le canon stylistique s’inscrit dans un losange, une forme géométrique qui évoque le dessin du sexe féminin et accentue encore l’évocation de la procréation…

Face à ces images, le regard du spectateur se perd dans une impression d’enveloppement, comme happé au cœur de leurs formes généreuses…

D'après la statuette dite Le Polichinelle, stéatite, vers 27 000 ans avjc, grottes de Grimaldi, Italie, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la statuette dite Le Polichinelle, stéatite, vers 27 000 ans avjc, grottes de Grimaldi, Italie, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des petites sculptures célèbrent la procréation

Les modèles de Grimaldi en stéatite sont sculptés en ronde bosse et polis, comme la statuette dite Le Polichinelle, datée vers 27 000 avjc, ou la « Vénus » dite Le Losange, vers 22 000 -17 000 avjc.

Ces figurations sont très expressives malgré la géométrisation des formes et l’absence de visage. Parmi les statuettes de cette période, un exemplaire porte une cupule au niveau de ses cuisses.

La signification des cupules, que l’on rencontre dès l’époque aurignacienne nous échappe. Mais les artistes s’attachent manifestement à mettre en valeur la sexualité féminine et la procréation…

D'après la Vénus de Grimaldi dite le Losange, stéatite polie, vers 22000 -17000 ans avjc, Italie, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la Vénus de Grimaldi dite le Losange, stéatite polie, vers 22000 -17000 ans avjc, Italie, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

On retrouvera ce thème de la « Vénus », plus ou moins plantureuse et parée, avec les figures féminines néolithiques de l’Occident, de l’Inde ancienne, et les ancestrales déesses-mères orientale du Levant et de la Mésopotamie…

Ces images idéalisées de la Femme renvoient sans doute au principe féminin procréateur, symbole de sexualité, de fécondité et de maternité…

Voir aussi les articles Le Néolithique, civilisation de la pierre polieDes peuples néolithiques du Levant… au génie de Sumer et Inde : du néolithique aux cités de la Vallée de l’Indus

L’ÊTRE HUMAIN, UN SUJET STYLISÉ

Au regard du soin et du talent donnés à l’interprétation plutôt naturaliste des animaux, on peut imaginer que le schématisme des représentations humaines est volontaire… Dans l’art préhistorique, la figure humaine évoque quelque chose d’abstrait…

D'après une Vénus Impudique, ivoire de mammouth, Laugerie-Basse, Dordogne, magdalénien, style naturaliste, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une Vénus impudique, ivoire de mammouth, Laugerie-Basse, Dordogne, magdalénien, style naturaliste, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des Vénus et des odalisques aux lignes sensuelles

Au paléolithique supérieur, les artistes sculptent aussi des statuettes de femme interprétées de manière nettement plus naturaliste.

À la différence des « Vénus » gravettiennes très schématisées, quelques rares modèles féminins magdaléniens, dites Vénus impudiques ou Odalisques, présentent des lignes plus naturelles.

Le thème du nu féminin est très présent dans l’art paléolithique. Hommage ou consécration?

D'après une odalisque, gravure rupestre, La Madeleine, Dordogne, Magdalénien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une odalisque, gravure rupestre, La Madeleine, Dordogne, Magdalénien, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les sculpteurs et les graveurs prouvent alors qu’ils savent respecter davantage le réalisme anatomique. Et il se dégage de ces figures une belle sensualité. Les attitudes du corps et les traits du visage sont traités avec attention et les détails ont leur importance…

La volupté des nudités dévoilées

Si la tentative d’exprimer la vie intérieure du sujet est perceptible pour La Dame de Brassempouy, les silhouettes des Vénus impudiques et des Odalisques paléolithiques révèlent aussi une recherche du naturel.

D'après un nu féminin, galet gravé, La Madeleine, magdalénien, Dordogne, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un nu féminin, galet gravé, La Madeleine, magdalénien, Dordogne, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les torses graciles, le déhanchement sensuel et nonchalant, et les longues jambes de ces nudités dévoilées se fondent en un modelé subtil et harmonieux.

Les attitudes rayonnent d’une gracieuse sensualité. Bien longtemps avant celles du peintre Ingres, il semble qu’on appréciaient déjà de séduisantes odalisques aux voluptueux charmes féminins…

D'après un portrait d'homme, grotte de La Marche, magdalénien,  Poitou-Charentes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un portrait d’homme, grotte de La Marche, magdalénien, Poitou-Charentes, France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Quelques représentations humaines dans les grottes

Les artistes paléolithiques ont esquissé également quelques sujets humains dans l’art rupestre. En France, un visage de la grotte de La Marche, dans la Vienne, ou les représentations de Marsoulas, en Haute-Garonne, témoignent d’un désir de représenter plus naturellement l’être humain.

Cependant, en dehors de quelques exceptions à l’allure plus naturelle, les artistes paléolithiques tendent le plus souvent à styliser les corps humains – volontairement semble-t-il…

D'après une figure humaine thériomorphe, allure animale, grotte des Trois-Frères, Ariège, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une figure humaine thériomorphe, allure animale, grotte des Trois-Frères, Ariège, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Ces figurations humaines s’apparentent, in fine, à des silhouettes ou à des esquisses… Par ailleurs, les artistes réalisent aussi parfois d’étranges figures mi-humaines mi- animales, évoquant peut-être le thème de la transformation ou celui du Maître des animaux …

L’ESPRIT CRÉATIF DES ARTISTES GRAVETTIENS

Si les Gravettiens, entre 26 000 et 20 000 avjc, sont célèbres pour leurs nombreuses « Vénus » paléolithiques, ils sont aussi les créateurs de parures, de gravures et de peintures. C’est une période où les communautés humaines semblent communiquer grâce à l’expression artistique…

D'après la vénus de Willendorf, toute en rondeurs, nue et parée, gravettien, Autriche, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après la vénus de Willendorf, toute en rondeurs, nue et parée, gravettien, Autriche, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des statuettes gravettiennes jusqu’au bout de l’Europe

Beaucoup de « Vénus » paléolithiques appartiennent à la culture du gravettien, dont le nom se rattache, en France, au site de l’Abri de La Gravette, situé en Dordogne.

Ces œuvres se distinguent par leur unité stylistique, mais aussi par leur présence sur une aire géographique très vaste… On rencontre des statuettes gravettiennes sur l’ensemble du continent européen, de l’Autriche à l’Ukraine et jusqu’en Russie…

D’après la Vénus de Lespugue, vers 20 000 avjc, Haute-Garonne, Gravettien ; et une pendeloque, coquillage, élément de parure, Abri de la Gravette, Dordogne ; France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des Vénus aux formes hypertrophiées

La Vénus de Lespugue, vers 20 000 avjc s’épanouit dans ses formes hypertrophiées. Sa ligne générale rappelle celle de certains coquillage de La Gravette, que l’on utilise comme élément de parure pour des pendeloques.

La statuette autrichienne dite Vénus de Willendorf, toute ronde, toute nue et parée, porte des traces de pigments rouges, laissant penser qu’à l’origine le sculpteur l’avait colorée. Beaucoup de figures féminines sont sculptées en ronde bosse dans l’ivoire de mammouth ou dans la pierre tendre.

D'après un poisson gravé, os, Lespugue, Haute-Garonne, France, gravettien, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un poisson gravé, os, Lespugue, Haute-Garonne, France, gravettien, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Tailleurs et sculpteurs façonnent la pierre, l’os et l’ivoire

Les artisans gravettiens fabriquent encore de nombreuses petites pointes de silex soigneusement retouchées, et des lames droites et fines de dimensions modestes. Les sagaies sont associées à des bâtons percés, et les artistes multiplient la production d’objets sculptés sur os.

D’après une pointe en silex à emmanchement, vers 26 000 ans avjc, et un burin, Gravettien, et des pointes de La Gravette ; France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

La main de l’homme laisse des traces sur les parois rupestres

En France, les sites de Pech-Merle, dans le Lot, et de Gargas, en Hautes-Pyrénée, abritent des compositions picturales qui remontent à la période gravettienne.

Les artistes gravettiens utilisent le principe du pochoir ou celui de l’impression pour apposer sur les parois rupestres la main humaine, en négatif ou en positif…

D'après une main traitée en négatif, Pech-Merle, Lot, gravettien vers 25 000 ans avjc, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une main traitée en négatif, Pech-Merle, Lot, gravettien vers 25 000 ans avjc, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les peintre utilisent différents pigments colorés pour les appliquer sur les parois en soufflant dessus ou divers pinceaux confectionnés à partir de poils.

L’image de la main humaine peinte est un thème que l’on rencontre souvent dans l’art pariétal du paléolithique supérieur, en Espagne, en Argentine, en France… Dans la grotte de Fontanet, une main d’enfant prend la forme d’une empreinte…

D’après une main en négatif, grotte Chauvet, Pont d’Arc, Ardèche, vers 36 000 ans avjc, aurignacien ; l’empreinte d’une main d’enfant, grotte de Fontanet, magdalénien, Ariège ; et une main sur fond noir, grottes de Gargas, gravettien, Hautes-Pyrénées ; France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

LES SOLUTRÉENS TAILLENT DES LAMES DE SILEX D’UNE FINESSE EXCEPTIONNELLE

L’art solutréen se distingue par la haute qualité du travail de ses tailleurs de pierre et annonce l’âge d’or de l’art paléolithique pariétal et mobilier.

D'après des animaux sculptés, cheval, bison, bouquetin, Roc de Sers, Charente, Solutréen, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des animaux sculptés, cheval, bison, bouquetin, Roc de Sers, Charente, solutréen, France, paléolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des chevaux, des bisons, des bouquetins…

Le site éponyme de la culture solutréenne, entre 20 000 et 18 000 avjc, se trouve, en France, au pied de la falaise de Solutré, en Saône-et-Loire. On a retrouvé là les ossements de plusieurs milliers de chevaux…

Sur le site préhistorique de Roc-de-Sers, en Charente, les Solutréens sculptent sur des blocs de pierre. Ils représentent des chevaux, des bisons et des bouquetins.

On rencontre aussi quelques figures humaines, peut-être masquées. L’un des personnages semble être poursuivi par des chevaux…, un autre tente d’échapper à un bison…

D’après un bison sculpté en haut-relief, et un homme poursuivi par un bison, Roc-de-Sers, Charentes, solutréen ; France, paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Des modelés rupestres qui tendent vers le naturalisme

Déjà, les sculpteurs interprètent des animaux aux lignes dorsales plus ou moins sinueuses, avec des ventres ronds et des membres inférieurs assez petits. Si le rendu et le modelé tendent vers le naturalisme, les attitudes des animaux évoquent souvent une puissance irréelle…

D’après une pointe à cran, silex taillé, solutréen ; vers 20 000-18 000 ans avjc ; et des aiguilles à chas, en os, magdalénien ; paléolithique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les Solutréens créent les premières aiguilles à chas

Les artisans solutréens fabriquent des pointes de lance en forme de losange, parfois de très grandes dimensions. Pour armer les sagaies, ils façonnent aussi des pointes à cran qui permettent un emmanchement.

Les artistes utilisent également l’os pour créer les premières aiguilles à chas et excellent dans l’art de la taille…

D'après une pointe denticulée, dite feuille de laurier, silex taillé, vers 20 000-18 000 ans avjc, Solutréen, Solutréen, paléolitique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une pointe denticulée, dite feuille de laurier, silex taillé, vers 20 000-18 000 ans avjc, Solutréen, Solutréen, paléolitique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Les lames « Feuilles de saule » et « Feuilles de laurier »

Les plus belles pièces des tailleurs de pierre solutréens sont de longues lames soigneusement travaillées, parfois de très grandes dimensions. On les appelle « Feuille de saule » quand elles sont retouchées sur 1 face ou « Feuille de laurier » quand elles sont retouchées sur 2 faces.

Leur extrême finesse laisse imaginer que ces lames trop fragiles et délicates ne sont pas créées dans un but utilitaire, mais qu’il s’agit plutôt d’objets d’art et de prestige…

D'après des silex taillés dits Feuilles de Laurier, vers 20 000-18 000 ans avjc, Solutréen, paléolitique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des silex taillés dits Feuilles de Laurier, vers 20 000-18 000 ans avjc, Solutréen, paléolitique supérieur. (Marsailly/Blogostelle)

Un degré de savoir-faire inégalé dans l’art de la taille…

Les artistes solutréens modèlent la pierre par pression et non plus par percussion. La taille du silex, extrêmement soignée et d’une parfaite régularité atteint un degré de savoir-faire inégalé…

Parmi les modèles les plus exceptionnels, ceux de la cachette de Volgu, en Bourgogne, mesurent 35 centimètres de long environ pour moins d’un centimètre d’épaisseur…

Des Solutréens aux Magdaléniens, les artistes paléolithiques développent leurs talents de dessinateur, de peintre, de sculpteur, de graveur… Ils se plaisent aussi à diversifier leur outillage pour améliorer la vie quotidienne et réaliser de véritables objets d’art…

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Par Maryse Marsailly

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