NÉOLITHIQUE-BRONZE

Les cultivateurs néolithiques sacralisent la Végétation

Une mythologie reliée à la Terre…

Mircea Eliade nous explique comment la découverte de l’Agriculture inspire de nouvelles créations spirituelles… Pour les peuples de cultivateurs néolithiques, les travaux agricoles relèvent du Sacré et le cycle végétal met en lumière la puissance nourricière de la Terre-Mère. Dans les cultures traditionnelles, l’origine mythique de la végétation se rattache souvent à un don céleste ou au sacrifice originel d’une divinité…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour mai 2017 –

D'après une statuette néolithique en terre cuite du Ve millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une statuette en terre cuite du Ve millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Un hommage sacré à la féminité et à la fécondité?…

AGRICULTURE, PLANTES, GRAINES… LE SYMBOLISME DE LA VÉGÉTATION ET LES MYTHES D’ORIGINE

La civilisation novatrice qui émerge au Proche-Orient néolithique, à partir de 8000 ans avjc, va transformer la vie sociale et culturelle de l’humanité. On s’installe dans des villages qu’il faut parfois défendre, on domestique et on élève des animaux, on cultive des céréales… Vers 6000 ans avjc, la civilisation néolithique se propage et s’épanouit en Europe…

Le labeur de la terre nourrit le corps et l’âme des premiers cultivateurs…
La découverte de l’agriculture et le développement de l’élevage marquent un tournant décisif dans l’histoire de l’humanité. La création de villages et l’abandon d’un mode de vie nomade favorisent la découverte et l’expansion des activités agricoles.

D'après le thème de l'agriculture, qui révolutionne le mode de vie néolithique. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de l’agriculture, qui révolutionne le mode de vie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Dans différentes traditions, les graines et les techniques agricoles relèvent de la mythologie et du sacré.

La mise en place de la civilisation néolithique progresse peu à peu… Les êtres humains sont maintenant capables de produire leur nourriture… Le labeur de la terre transforme le comportement et les croyances des premiers cultivateurs. La culture des plantes entraîne aussi une division et une organisation du travail et des activités…

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Le Mésolithique, 10 000 ans avjc à 8000 ans avjc. – Le Néolithique, 8000 ans – 6000 ans avjc à 1800 ans avjc. Chronologie générale Néolithique-Âge du Bronze

On pratique l’agriculture, l’élevage et on invente la poterie…
Cultiver des graines et domestiquer des animaux permet aux villageois néolithiques d’augmenter leurs moyens de subsistance, même si la chasse continue de fournir du gibier.

Puis l’invention de la poterie et le développement des activités artisanales viennent enrichir l’imaginaire et le monde culturel et religieux. Une expérimentation de la matière de plus en plus intense et pointue sacralise la notion d’ouvrage et le travail des artistes ou des artisans.

D'après des poteries néolithiques en terre cuite, à décor incisé, vers le IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après des poteries néolithiques en terre cuite, à décor incisé, vers le IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle)

L’invention de la céramique enrichit un imaginaire et une symbolique associés au travail de transformation de la matière…

La végétation alimente le mythe fondateur de la nourriture divine…
Les plantes et les arbres fruitiers deviennent une source d’inspiration dans la création des mythologies. Souvent dans les anciennes traditions, on explique l’origine de la végétation par le meurtre primordial d’une divinité…

Quand le dieu est immolé, de son corps morcelé et enterré poussent de nouvelles plantes… Cet événement originel et fondateur s’accompagne en général d’une interprétation symbolique de la sexualité et de la mort.

La condition humaine se transforme parce que la mort de la divinité est créatrice. En se nourrissant de la végétation issue du corps de la divinité, l’être humain se nourrit en fait de la substance du dieu lui-même…

… et les plantes nourricières sont sacrées
L’origine des plantes nourricières et des céréales peut se rattacher au cadavre d’un dieu. Parfois, il s’agit de la crasse ou des excrétions d’une divinité ou d’un ancêtre mythique qui procurent sa nourriture à l’humanité.

Sur les propres conseils de la divinité ou de l’ancêtre, le corps du personnage sacré doit être dépecé et enterré. Grâce à ce sacrifice primordial, l’humanité reçoit les moyens de se nourrir, et obtient parfois aussi des outils, des vers à soie, des techniques agricoles ou artisanales… Tirant leur origine des dieux et du monde céleste, les plantes nourricières sont donc respectées comme des denrées sacrées…

D'après une meule néolithique en pierre, un des ustensiles-symboles des premiers cultivateurs de céréales. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une meule néolithique en pierre, un des ustensiles-symboles des premiers cultivateurs de céréales. (Marsailly/Blogostelle)

Les graines volées aux Dieux par un héros civilisateur
Selon diverses croyances traditionnelles, les céréales existent dans les Cieux, conservées par les Dieux. En général, comme pour Prométhée qui vole le Feu pour le donner aux hommes, un héros civilisateur parvient au Ciel et subtilise des graines qu’il rapporte ensuite à l’humanité…

Pour les peuples cultivateurs, le don des graines volées aux Dieux implique la nature sacrée de l’agriculture, autant que dans le cas du sacrifice originel d’une divinité. En étroite relation à l’agriculture, on rencontre aussi le thème rituel de la hiérogamie : l’union ou le mariage entre le Dieu du Ciel ou de l’Atmosphère et la Terre-Mère.

Ou encore, un drame mythique met en scène une union sexuelle, une mort et une résurrection…, tout comme la graine meurt dans la terre avant de renaître sous la forme d’une nouvelle moisson…

FÉMINITÉ ET PROCRÉATION, UN RÔLE SACRÉ

Du paléolithique au néolithique, la femme semble renvoyer au mystère spirituel de la création, de l’origine de la vie, de la nourriture et de la mort. Associée à l’agriculture, la femme joue un rôle essentiel dans les traditions archaïques. Le symbolisme et les mythes mettent en correspondance la Terre, la féminité, la sexualité et le rythme lunaire…

D'après une grande sculpture féminine néolithique, Malte, vers IVe et IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une grande sculpture féminine, Malte, vers les IVe et IIIe millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Une image toute en rondeurs de la Grande-Déesse, Terre-Mère ou Déesse-Mère…

La fertilité de la terre devient solidaire de la fécondité féminine
Dans l’imaginaire traditionnel, la Terre est assimilée à la matrice. Au paléolithique, les os et le sang symbolisent l’essence de la vie. Au néolithique, c’est le sang et la semence masculine qui incarnent le principe vital.

Le travail agraire, dont les outils se rattachent à une symbolique masculine, est assimilé à un acte sexuel : il s’agit de rendre féconde la terre nourricière… Plus tard, l’image de la charrue qui laboure la glèbe évoque la même idée… Dès le néolithique, la fertilité de la terre agricole et de la végétation deviennent solidaires de la fécondité féminine.

Des représentations aux caractères féminins et maternels très affirmés évoquent la fertilité, la procréation, l’abondance…, ce sont peut-être des effigies de la Grande Déesse ou de la Terre-Mère divinisée…

D'après une statuette féminine néolithique du Ve millénaire avjc : la fertilité de la terre et l'abondance de la végétation sont solidaires de la fécondité féminine... (Illustration Marsailly/Blogostelle.)

D’après une statuette féminine néolithique du Ve millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

La fertilité de la terre et l’abondance de la végétation sont solidaires de la fécondité féminine…

La sexualité source de création et de vie relève du sacré…
Pendant des millénaires, la Terre-Mère enfante toute seule, par parthénogénèse, comme plus tard la déesse de l’antiquité grecque Héra qui conçoit elle-même Héphaïstos et Arès…

La sacralité sexuelle et maternelle de la femme, déjà manifeste au paléolithique, prédomine au néolithique après la découverte de l’agriculture. La parthénogénèse, le hiérosgamos qui unit la déesse Terre au dieu du Ciel ou encore les orgies rituelles participent du caractère sacré de la sexualité comme source de création et de vie…

LE THÈME UNIVERSEL ET ANCESTRAL DE LA RÉNOVATION PÉRIODIQUE DU MONDE

Au néolithique, la découverte de l’agriculture renverse les valeurs qui prévalaient dans l’univers des chasseurs paléolithiques. Une communion mystique avec la végétation supplante une forme de solidarité spirituelle avec le monde animal…

D'après le cycle végétal de la graine qui inspire la mythologie. Marsailly/Blogostelle.)

D’après le cycle végétal de la graine qui inspire la mythologie. Marsailly/Blogostelle)

Les peuples d’agriculteurs élaborent une religion d’ordre cosmique fondée sur le renouvellement régulier du monde…

Le mystère de la graine qui meurt, renaît et se multiplie
La Terre renvoie au mystère de la mort de la graine suivie d’une renaissance et d’une multiplication de la plante. Cette image de la vie végétale qui meurt et renaît inspire depuis des millénaires des conceptions quant à l’existence humaine…

Nombreuses sont les mythologies, les croyances, les mises en scènes rituelles ou les réflexions spirituelles qui trouvent leur source d’inspiration dans ce cycle naissance-mort-et-renaissance de la végétation.

Un thème que l’on retrouve avec les divinités qui meurent et ressuscitent, comme le dieu égyptien Osiris, ou dans des cultes à mystères comme celui d’Éleusis, qui met en scène la déesse grecque de l’agriculture et des moissons Déméter (littéralement Terre-Mère) et sa fille Perséphone…

De la mort de la graine en terre au renouveau printanier et au pouvoir de multiplication de la plante nourricière

L’univers doit se renouveler chaque année
Si le symbolisme du cycle végétal s’applique à l’existence humaine, il exprime aussi le mystère des rythmes cosmiques. Dans le monde ancestral, l’univers se conçoit comme un ensemble qui doit se renouveler chaque année. On connaît le thème universel de l’Arbre du Monde, symbole végétal de la vie.

Dans beaucoup d’anciennes traditions, le Divin ou l’Absolu, le rajeunissement ou la guérison ou encore l’immortalité sont souvent symbolisés par un fruit ou une source près de cet Arbre Cosmique accessible seulement à certains élus, héros ou initiés…

D'après le thème universel de l'Arbre du Monde... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème universel de l’Arbre du Monde… (Marsailly/Blogostelle)

L’Arbre cosmique croît toujours au Centre du Monde, point de passage entre le Monde d’En-Bas, la Terre et le Monde des Cieux…

L’Arbre Cosmique du Monde relie la Terre au Ciel…
Quelles que soient les mythes et les croyances, où qu’il se trouve, l’Arbre cosmique se situe toujours au Centre du Monde… Il unit en lui à la fois trois plans symboliques et les deux axes horizontal et vertical…

… le monde d’en bas, tellurique, assimilé en général aux Enfers ou au domaine des morts, dans lequel l’Arbre plonge ses racines, le monde ici-bas, associé au plan horizontal et à la frondaison de l’arbre, et le monde d’en haut atteint par la cime, dont l’axe vertical se déploie jusqu’au Ciel…

Voir aussi les articles
1 L‘arbre sacré, un symbole vivifiant
et 3 L’Arbre de Vie, un concentré du Cosmos Vivant

L’Année Nouvelle et la répétition de la cosmogonie originelle
Le thème universel de la rénovation du monde par la répétition de la cosmogonie, c’est-à-dire la création originelle de l’univers et du monde, semble très ancien.

Au Proche-Orient, dans la culture indo-iranienne et dans les sociétés archaïques de cultivateurs, on hérite de conceptions spirituelles qui remontent au néolithique… Les scénarios rituels du Nouvel An réactualisent la création première et assurent ainsi le renouvellement et la perpétuation du monde…

En correspondance avec les travaux agricoles et les rythmes de la végétation, on élabore une conception cyclique du temps. Le monde comme l’existence humaine sont valorisés par une dimension qui relève du sacré…

D'après le thème du mythe cosmogonique... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème du mythe cosmogonique… (Marsailly/Blogostelle)

Les rites du Nouvel An réactualisent la création première et assurent ainsi la perpétuation du monde…

Le combat mythique entre l’hiver et l’été pour le Nouvel an
Dans beaucoup de cultures ancestrales, au moment du Nouvel An, on organise des joutes ou des confrontations entre deux groupes antagonistes pour stimuler les forces créatrices de la vie et le renouvellement du monde…

Dans ces traditions, on réactualise symboliquement le combat mythique entre l’hiver et l’été, l’obscurité et la lumière, la nuit et le jour, la mort et la vie… Cette conception spirituelle élaborée au néolithique perdure au fil des temps et va donner naissance à de multiples réinterprétations.

La découverte de l’Agriculture engendre des créations religieuses et l’émergence d’une source spirituelle commune qui abreuvera la vie culturelle de l’humanité durant plusieurs millénaires…

D'après le thème de l'alternance Ombre et Lumière... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de l’alternance Ombre et Lumière… (Marsailly/Blogostelle)

L’Ombre et la Lumière, le Jour et la Nuit, l’hiver et le printemps… une joute sans cesse réactualisée par les rites stimule les forces créatrices vitales…

Le thème ancestral et universel de la rénovation du monde
Les croyances et les rites archaïques qui se rattachent à la symbolique de la rénovation du monde se rencontrent dans différentes mythologies et religions. La naissance, la destruction et la renaissance du Monde se répètent cycliquement…

On rencontre cette conception en Inde dans la doctrine des quatre Yuga, les quatre âges cosmiques, Krita-Yuga, Tétra-Yuga, Dvâpara-Yuga et Kali-Yuga l’âge le plus sombre qui annonce une destruction avant un renouveau. Ce thème alimente aussi la croyance dans le cycle de la transmigration des âmes…

Cosmologie (création du monde), eschatologie (fin du monde) et messianismes (intervention d’un messie en relation avec la fin des temps et le triomphe du Bien…) trouvent leur inspiration dans cet héritage spirituel du néolithique. Ces pensées religieuses vont prédominer au Proche-Orient comme dans l’univers méditerranéen pendant deux millénaires…

UNE SYMBOLIQUE SPIRITUELLE DE L’ESPACE

En passant de la vie nomade à la vie sédentaire, les peuples du néolithique valorisent davantage leur espace de vie, du champ cultivé au village, du village aux maisons… Chaque lieu consacré par des rituels ou des prières devient symboliquement le Centre du Monde…

D'après une Yourte mongole. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une Yourte mongole. (Marsailly/Blogostelle)

L’ouverture qui permet à la fumée du foyer de s’échapper concrétise un chemin vertical vers le Ciel…

Le centre du Monde consacre le sanctuaire ou l’habitat
Universellement, l’espace sacré permet la communication avec les Dieux ou un Monde Céleste. Au néolithique, on érige au Proche-Orient des sanctuaires et des autels dédiés à des divinités. En Chine, très tôt, la maison fait l’objet d’une conception symbolique élaborée, fondée sur l’orientation et l’agencement de la circulation intérieure.

Dans la culture néolithique du Yang-Chao, on construit des habitats circulaires aux toitures supportées par des piliers. Cet espace de vie de 5 mètres de diamètre environ est pourvu d’un foyer central. La Yourte mongol présente une structure similaire avec un piquet central…

Une porte du Ciel au cœur de chaque maison
L’ouverture par laquelle s’échappe la fumée, ou le pilier central de la tente qui est assimilé au pilier du Monde, symbolise la porte ou la fenêtre du Ciel. Le monde céleste se conçoit comme une tente immense soutenue par un axe central. Parfois, la porte du Ciel renvoie à l’étoile polaire…

On rencontre ce symbolisme cosmogonique chez de nombreux peuples archaïques pour qui la maison ou la tente constitue une image du monde (imago mundi). On retrouve aussi ce thème beaucoup plus tard dans des églises chrétiennes dont les décors des plafonds renvoient l’image d’une ouverture sur le Ciel ou d’une élévation vers le Monde des Cieux…

D'après l'espace infini du Ciel... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après l’espace infini du Ciel… (Marsailly/Blogostelle)

Le Ciel symbolise le monde des dieux, souvent en relation à l’orage, au tonnerre, à la pluie et à la lumière céleste…

Le symbolisme fondamental Terre-Ciel
La séparation des sexes attestée dans certaines structures d’habitation néolithiques remonte sans doute au paléolithique… Ce choix est probablement motivé par des conceptions spirituelles associées à une mythologie de la création du monde. On retrouve cette idée dans l’attribution d’activités spécifiques aux hommes et aux femmes.

On peut imaginer que les villageois cultivateurs néolithiques fondent leurs croyances sur la signification rituelle de la Terre et du Ciel. Ces deux éléments mythiques à la fois opposés et complémentaires sont assimilés aux deux grands principes Féminin et Masculin dont la portée symbolique semble universelle…

DE LA CULTURE NÉOLITHIQUE DU SUD… À LA CULTURE NÉOLITHIQUE DU NORD

Du monde méditerranéen à l’Europe, la propagation de l’agriculture des céréales s’accompagne de créations religieuses, de mythes et de rituels spécifiques aux populations de cultivateurs. Mais des différences culturelles vont tout de même démarquer les cultures européennes néolithiques de celles du Proche-Orient…

D'après un thème mythologique fréquent dans le monde néolithique : les crânes de bovidés, les cornes et les bucranes... (Illustration Marsailly/Blogostelle.)

D’après un thème mythologique fréquent dans le monde néolithique : le bovidé. (Marsailly/Blogostelle)

On expose des crânes, des cornes et des bucranes… ou bien on les représente.

Voir aussi l’article Des peuples néolithiques du Levant… au génie de Sumer

Des mégalithes au Nord et des maternités au Sud
Si le culte du Taureau des régions danubienne vient du Proche-Orient, il n’est pas confirmé que des sacrifices sont pratiqués en Europe comme on le fait dans la région de l’Indus ou en Crète.

Si le thème Déesse-Mère-Enfant est omniprésent au Proche-Orient, il est beaucoup plus discret dans les régions du Danube où d’ailleurs il est absent des sépultures. Quant aux mégalithes, ce sont des monuments inédits et originaux spécifiques à l’Europe occidentale.

Voir aussi les articles
 Le temps des Mégalithes, un souffle d’éternité
et Les mégalithes cristallisent une présence spirituelle

Les peuples néolithiques pratiquent des activités rituelles
Vers 7000 ans avjc, on cultive le blé et l’orge en Grèce, en Italie, en Crète, en Anatolie, en Syrie et en Palestine, et on élève des porcs et des moutons.

Les thèmes du taureau et de la maternité sacralisée semblent les plus essentiels dans ces régions. Mais en Europe centrale et du Nord, une civilisation néolithique différente va prendre son envol quand, au sixième millénaire avjc, les Balkans et l’Anatolie prennent leur essor…

D'après un petit autel néolithique en terre cuite, Hongrie. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après un autel miniature néolithique, terre cuite, Hongrie. (Marsailly/Blogostelle.)

Des pictogrammes 2000 ans avant Sumer ?…
Au néolithique, on pratique des activités rituelles comme le montre des figurations animales et anthropomorphes, des vases thériomorphes (aux formes animales), des masques divins, des sceaux et des idéogrammes…

… et selon certains auteurs, la civilisation néolithique européenne aurait même élaboré une forme d’écriture sous forme de pictogrammes 2000 ans avant Sumer, en Mésopotamie… Si le thème d’une Grande Déesse est sans doute présent dans les représentations féminines néolithiques occidentales, on ne rencontre pas celui de la femme à l’enfant comme au Proche-Orient…

Piliers sacrés, motifs de spirale, autels en terre cuite, objets cultuels…
Les villages européens vont se multiplier et sont pourvus d’un système défensif de fossés et de palissades ou de murs d’enceinte. Autels, piliers sacrés, motifs de spirale, modèles de sanctuaire en terre cuite et objets cultuels laissent imaginer…

… une organisation religieuse déjà élaborée, mais dont nous ne connaissons pas les détails. Les croyances et les rituels semblent essentiellement en relation avec le mystère de la végétation… Le symbolisme du Centre du Monde anime l’espace vital, domestique ou sacré…

D'après un récipient néolithique thériomorphe, en forme de taureau, vers 4500 ans avjc. (Marsailly/Blogostelle.)   D'après un vase néolithique à décor couvrant de spirales, Croatie. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après un vase néolithique à décor couvrant de spirales, Croatie ; et un récipient néolithique thériomorphe, en forme de taureau, Ve millénaire avjc, France. (Marsailly/Blogostelle)

Le Taureau : un thème mythique du Proche-Orient à l’Europe, relié à la puissance fertile…

Le mystère du cycle végétal…
En général, les premières communautés néolithiques pratiquent le culte des morts et celui de la fertilité… Les statuettes de déesses néolithiques côtoient le thème du taureau ou du bucrane qui sont des épiphanies (manifestations) du dieu de l’Orage…

Ces objets témoignent de l’attention portée à la fécondité de la Terre nourricière… La pensée religieuse assimile la Femme à la Terre et à la Plante. Le mystère du cycle végétal inspire la conception symbolique et initiatique du cycle naissance-mort-renaissance…

D'après un vase cultuel néolithique à motifs de spirales, Croatie. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après un vase cultuel néolithique à motifs de spirales, Croatie. (Marsailly/Blogostelle)

Des offrandes de bouillie de graines pour la fête des morts…
Il apparaît que l’héritage néolithique persiste au cours des siècles de manière fragmentaire. La pérennité de différents lieux sacrés, certains rites agraires ou funéraires et des vieilles traditions paysannes d’Europe centrale semblent avoir conservé quelques traces du lointain néolithique… On connaît en Roumanie et dans les Balkans la coutume archaïque de l’offrande de bouillie de graines aux funérailles ou au cours de la fête des morts…

L’originalité des peuples néolithiques de l’Europe de l’Ouest s’exprime aussi dans leur art de construire des sépultures et des ensembles mégalithiques… Le plus souvent associées à des tombes et à un culte des ancêtres, des réalisations monumentales en pierre invitent à un sentiment de permanence éternelle… La pierre évoque le sacré…

Article suivant : Les mégalithes cristallisent une présence spirituelle

Sommaire Néolithique-Âge du Bronze

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