NÉOLITHIQUE-BRONZE

Les mégalithes cristallisent une présence spirituelle

Des chapelles de Pierre néolithiques…

L’originalité des peuples néolithiques de l’Europe de l’Ouest s’exprime dans leur art de construire des sépultures et des ensembles mégalithiques… Selon Mircea Eliade, cette civilisation se caractérise par le lien mystique qu’elle cultive entre les Morts et les Vivants. Le plus souvent associées à des tombes et à un culte des ancêtres, ces réalisations monumentales en pierre invitent à un sentiment de permanence éternelle…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour novembre 2016 –

D'après un dolmen mégalithique irlandais. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après un dolmen mégalithique irlandais, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

LES BÂTISSEURS DU NÉOLITHIQUE RÉALISENT DE VÉRITABLES PROUESSES TECHNIQUES

De Carnac, en France, à Stonehenge, en Angleterre, en passant par Newgrange, en Irlande, et par l’île de Malte, en méditerranée… les mégalithes fleurissent en Europe occidentale et du Nord à l’époque néolithique…  Les architectes de l’âge de la pierre polie sont des bâtisseurs…

On travaille avec des blocs de pierre de 300 tonnes…
Les constructeurs néolithiques font preuve d’une prouesse technique hors du commun pour édifier leurs imposants ouvrages de pierres. Ils sont capables de transporter des blocs de roche de 300 tonnes et de mouvoir des dalles en pierre d’une centaine de tonnes environ. Ces maîtres de la pierre réalisent trois sortes de mégalithes qui se dressent dans le paysage européen…

D'après les compositions mégalithiques de Stonehenge en Angleterre. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les compositions mégalithiques de Stonehenge, Angleterre, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Le Menhir. C’est une grande pierre fichée en terre dont la taille peut atteindre 20 mètres de haut en Bretagne, en France. Certains menhirs bretons isolés sont associés à des sépultures. Le mot Menhir vient du Breton men qui signifie pierre et hir qui signifie longue.

Le Cromlech. C’est une composition d’ensemble avec des menhirs disposés en cercle ou en demi-cercle comme à Stonehenge, en Angleterre, ou sous la forme d’alignements parallèles comme à Carnac, en France. Cromlech vient du Breton « crom » qui signifie cercle et courbe, et « lech » qui signifie lien.

Le dolmen. C’est une immense dalle de pierre soutenue par des pierres levées organisées de manière à constituer un espace clos, comme une chambre ou un couloir. Beaucoup de dolmens ont perdu le tertre qui les couvrait à l’origine. Dolmen vient du Breton « dol » qui signifie table et « men » qui signifie pierre.

D'après un dolmen mégalithique italien à grande dalle plate. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après un dolmen mégalithique italien à grande dalle plate, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Souvent, plusieurs générations d’une même famille néolithique reposent ensemble…

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Le Mésolithique, 10 000 ans avjc à 8000 ans avjc. – Le Néolithique, 8000 ans – 6000 ans avjc à 1800 ans avjc. Chronologie générale Néolithique-Âge du Bronze

On érige des dolmens-sépultures
Les dolmens néolithiques peuvent abriter jusqu’à une centaine de défunts… Ces sépultures mégalithiques sont à l’origine recouvertes d’un tertre parfois gigantesque. On les rencontre aussi sous la forme d’allées couvertes, faites d’un long couloir couvert de dalles.

Plusieurs générations d’un même groupe familial sont ainsi réunies. Les grandes dalles de pierre peuvent porter des décors gravés et certaines parois de chambres funéraires ont conservé des restes de peintures. La tombe peut aussi contenir quelques sculptures ou un pilier central.

D'après les dalles gravées de méandres du couloir de Gravinis, Bretagne, France. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les dalles gravées de méandres du couloir de Gravinis, Bretagne, France, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

L’âme des défunts anime la pierre et habite un corps minéral impérissable…

La pierre, symbole de l’immuable et de l’intemporel
Si les habitats néolithiques construits en matériaux périssables sont plutôt modestes et éphémères, les dernières demeures des défunts construites en pierres sont indestructibles et intemporelles…

La pierre possède une valeur symbolique et religieuse universelle. Dans toutes les traditions, le rocher, la dalle en pierre, le bloc de granit…, représentent la permanence, l’infinie durée, l’incorruptibilité et l’immortalité. La pierre renvoie à une existence au-delà du temps en devenir.

D'après une hache gravée, un symbole de Fertilité, Table des Marchands, Gravinis, Morbihan en Bretagne, France. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une hache gravée, un symbole de Fertilité, Table des Marchands, Gravinis, Morbihan, Bretagne, France, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les défunts partagent la destinée des semences…
Un mythe indonésien raconte comment Dieu envoie une pierre au couple primordial qui la refuse avant d’accepter une banane. La voix du créateur se fait entendre : votre vie sera comme la vie de ce fruit, si vous aviez choisi la pierre, votre vie aurait été comme celle de la pierre, immuable et immortelle…

Au néolithique, les premiers agriculteurs découvrent le rythme cyclique de la vie végétale qu’ils assimilent à l’existence humaine, fragile et éphémère comme celle des plantes… Les êtres humains comme les végétaux semblent soumis au cycle naissance, mort et renaissance.

Les mégalithes permettent de sublimer l’existence humaine qui, dans la mort, accède à la force, à la puissance et à la pérennité incarnées par la pierre. Les morts sont ainsi mystiquement liés aux mégalithes. Ils partagent la destinée des semences qui retournent au sein de la Terre avant de renaître…

D’après les motifs de méandres Gravinis, Bretagne, France ; les parois peintes de l’hypogée de Hal Safliéni, Malte, Ve et IIIe millénaire avjc ; et un triscèle, mégalithe de Newgrange, Irlande ; période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des jeux graphiques autour du motif de la spirale… un thème iconographique qui va perdurer aux âges du Bronze et du Fer…

Voir aussi les articles  
La Hache, symbole foudroyant et universel
La spirale, symbole cosmique et initiatique

Des signes et des symboles animent le monde néolithique
Les monuments mégalithiques de l’Europe occidentale et de la péninsule ibérique ont en commun certains éléments iconographiques. Parmi les signes ou les symboles qui se déploient sur les décors, les plus fréquents sont les soleils rayonnants, les rouelles, les spirales, les méandres…

… le signe de la hache, qui est un attribut spécifique aux divinités de l’orage, le serpent, symbole de vie associé à des figures d’ancêtres, le cerf, les cornes de bovidé…

Ces thèmes se rencontrent dans diverses régions et dans des cultures d’âges différents. Ce patrimoine spirituel commun aux peuples néolithiques va inspirer encore fortement les artistes européens aux âges du Bronze et du Fer…

LES MÉGALITHES, DES MONUMENTS CATHÉDRALES CONSACRÉS AUX ANCÊTRES?

Il semble que les constructeurs néolithiques de mégalithes vouent un important culte à leurs ancêtres pour qui ils n’hésitent pas à mettre en œuvre des chantiers colossaux. Clé de voûte de la vie spirituelle, ce culte implique la croyance en la survie de l’âme et en la puissance des aïeux…

D'après la galerie mégalithique de Newgrange en Irlande. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après la galerie mégalithique de Newgrange, Irlande, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les défunts peuvent apporter aide et protection aux vivants…

On cultive un esprit de communion avec les défunts
Une forme de communion spirituelle avec les ancêtres distingue la civilisation néolithique en l’Europe de l’ouest. Cette attitude diffère de celles que l’on peut rencontrer dans d’autres civilisations néolithiques.

Au Proche-Orient et en Europe centrale, on prend garde à bien séparer le monde des vivants de celui des morts. En Mésopotamie, chez les Hittites, les Hébreux et les Grecs, les morts sont imaginés comme des ombres impuissantes et parfois errantes ou malheureuses…

Des ancêtres protecteurs et des activités rituelles?
En général, chez les peuples traditionnels qui vouent un culte aux ancêtres et aux morts, des cérémonies, des danses, des processions, des sacrifices et des offrandes de nourriture et de boisson accompagnent les pratiques cultuelles…

On peut imaginer des activités sacrificielles auprès des monuments mégalithiques funéraires et des repas rituels. Projetés au cœur de la matière des édifices en pierre, les ancêtres sont assimilés sans doute à des protecteurs, à des maîtres de la fertilité et de la prospérité, dont la puissance spirituelle est bénéfique pour la communauté…

Un corps de pierre accueille l’âme du défunt ?
Parmi les édifications néolithiques, certains mégalithes ne sont pas associés directement à des sépultures. Un certain nombre de menhirs se dressent, isolés. Ce sont peut-être des corps de pierre, immuables et incorruptibles destinés à recevoir l’âme du défunt…

Les menhirs sont parfois sculptés à l’effigie d’un personnage : substituts corporels ou demeures de pierre des défunts ? On peut rencontrer également des représentations humaines stylisées sur les parois des dolmens. Et quelquefois, des statuettes sont déposées dans des tombes. Il est possible que ces images figurent des ancêtres…

D'après des mégalithes comme le Men-an-Tol irlandais. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après des mégalithes comme le Men-an-Tol irlandais, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les pierres trouées sont assimilées dans les traditions à un passage…

Le Trou des âmes, du monde des morts à celui des vivants…
Parmi les constructions mégalithiques, on peut apercevoir parfois de gigantesques pierres trouées appelées dans les traditions Trous des âmes. Ce nom évoque un passage et la possibilité d’une communication entre le monde des morts et celui des vivants…

On pense aussi aux croyances qui racontent comment l’âme des ancêtres peut parfois s’échapper de sa sépulture. Comme dans la pensée égyptienne pour qui l’âme du défunt se métamorphose en oiseau et peut quitter sa tombe pour aller profiter du soleil…

Le mégalithe, un concentré de vitalité spirituelle
Les monuments mégalithiques semblent répondre au principe originel et fondateur de la transmutation en pierre des ancêtres. Le menhir devient le support privilégié pour accueillir l’âme du défunt comme les dolmens intègrent en leur structure même les éléments essentiels du mort, les cendres ou les ossements.

L’âme des défunts anime la pierre et habite un corps minéral impérissable. Pour les vivants, les menhirs et les sépultures mégalithiques forment un concentré de puissance et de vitalité spirituelle…

L’IMAGINATION COLLECTIVE VALORISE L’ESPACE SACRÉ, CONSIDÉRÉ COMME LE CENTRE DU MONDE

À la différence du temple-sanctuaire qui n’abrite pas de sépultures, l’hypogée réuni en un même espace sacré une nécropole et un centre cérémoniel, comme une chapelle… À la lumière de l’histoire des religions, les lieux sacrés sont dédiés en général à l’organisation de cérémonies, de processions, de rites, de chorégraphies rituelles…

D'après les temples mégalithiques de Malte, qui remontent aux IVe et IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les temples mégalithiques de Malte, qui remontent aux IVe et IIIe millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

La Terre et le Ciel communiquent au Centre du Monde…
Comme on peut le voir dans d’autres cultures, il est probable que les complexes mégalithiques européens représentent un espace sacré, comme une cité, un sanctuaire ou un temple.

La valorisation de l’espace sacré se rattache en général au symbolisme du Centre du Monde. C’est un lieu de communication entre la Terre et le Ciel, entre ici-bas et le monde souterrain, tellurique, où règnent les divinités chthoniennes et les esprits des morts…

On peut circuler nombreux dans les espaces sacrés…
Sur les sites de Stonehenge, en Angleterre, et de Carnac, en France, les architectes néolithiques ont pensé une organisation de l’espace fondée sur d’immenses aires de circulation…

On imagine des rassemblements importants pour des cérémonies, des danses, des processions, des sacrifices… Le centre mégalithique de Stonehenge s’implante au sein d’un vaste champ de tumulus funéraires, il est donc probablement en étroite relation avec les défunts et les ancêtres…

D'après les constructions mégalithiques de Malte aux IVe et IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les constructions mégalithiques de Malte aux IVe et IIIe millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Malte, une île sacrée au néolithique ?
Certains auteurs expliquent le nombre important de temples mégalithiques érigés à Malte, aux IVe et IIIe millénaire avjc, par le fait qu’il s’agit peut-être d’une île sacrée à l’époque néolithique.

Pas moins de dix-sept temples ont été mis au jour… De grandes terrasses sont édifiées devant ou entre les temples et sont propices à l’organisation de cérémonies, de processions ou de chorégraphies rituelles. Les parois des temples sont ornées de spirales en bas-relief…

De la France à L’Espagne, une Déesse protectrice des morts…
En France comme en Espagne, apparaissent les traces d’un culte de la Déesse comme protectrice des défunts. À Malte, on peut rencontrer l’association architecture mégalithique, culte des morts et Grande Déesse.

Les constructions de Malte abritent des sculptures en pierre. On y voit de surprenantes statuettes de femmes couchées sur le côté, et des grandes statues féminine assise de type Grande Déesse.

D'après une statuette féminine néolithique vue de dos, Malte. (Marsailly/Blogostelle.)

D'après une statuette féminine néolithique, île de Malte. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après des statuettes féminines de l’île de Malte  : sommeil, repos ou gestation ? période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Le culte des morts et des ancêtres?
Les fouilles archéologiques à Malte ont confirmé l’existence d’un culte élaboré. On procède à des sacrifices d’animaux, on dépose des offrandes de nourriture, on fait des libations qui sont des offrandes d’huile ou de boisson, on pratique des rites d’incubation et de divination…

Toute cette organisation laisse imaginer un groupe sacerdotal important voire puissant. Il est probable que le culte des morts et des ancêtres soit la clé de la vie spirituelle au néolithique.

D'après une grande sculpture féminine néolithique, Malte, vers IVe et IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une grande sculpture féminine, Malte, vers les IVe et IIIe millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Une image toute en rondeurs de la Déesse-Mère ou de la Terre-Mère…

Dans le temple, les vivants pénètrent dans le corps de la déesse…
La structure même du sanctuaire de Malte suggère la forme curviligne du rein ou de la matrice féminine. Et des statuettes de femmes couchée sur le côté évoquent un rite d’incubation.

Entrer dans le temple équivaut à pénétrer dans le ventre de la Terre ou dans la matrice de la déesse chthonienne… La forme des tombes creusées dans la roche rappelle également la forme de la matrice féminine.

Les défunts inhumés au sein de la Terre sont-ils promis à renaître de ses entrailles ou à accéder à une nouvelle vie? Comme dans les cultes à mystère, les vivants entrent dans le corps de la déesse en pénétrant dans les sanctuaires…

D'après une chambre funéraire, hypogée de Hal Safliéni, IVe et IIIe millénaire avjc, Malte. (Marsailly/Blogostelle.)  D'après une paroi peinte, hypogée de Hal Saflieni, IVe et IIIe millénaire avjc, Malte. (Marsailly/Blogostelle.) D'après l'hypogée de Hal Safliéni, creusée dans la roche, IVe et IIIe millénaire avjc, Malte. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après l’hypogée de Hal Saflieni, creusée dans la roche, et un décor peint, IVe et IIIe millénaire avjc, Malte, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les lignes de ces lieux sacrés évoquent la matrice féminine… Les chambres funéraires débouchent sur une grande cella, un espace sans doute consacré aux activités cérémonielles…

Plusieurs milliers de défunts reposent dans la nécropole de Hal Saflieni
L’hypogée de Hal Saflieni à Malte renferme les ossements de quelques 7000 défunts installés dans des chambres taillées dans la roche. Comme dans d’autres monuments mégalithiques, les parois intérieures sont enrichies de décors gravés ou peints.

D'après une vue intérieure de l'hypogée de Hal Saflieni, Malte, vers IVe et IIIe millénaire avjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une vue intérieure de l’hypogée de Hal Saflieni à Malte, vers les IVe et IIIe millénaire avjc, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les chambres funéraires débouchent sur une vaste et large salle. Cet espace, consacré sans doute à des cérémonies religieuses ou rituelles, est pourvu de paravents modelés. Ce mobilier mobile permet d’organiser une séparation, peut-être pour délimiter une zone non accessible aux profanes et réservée aux seuls prêtres ou initiés…

EN OCCIDENT, LES PEUPLES NÉOLITHIQUES SACRALISENT LA PIERRE

Si la fonction symbolique et spirituelle des mégalithes (controversée) reste mystérieuse, la civilisation mégalithique européenne exprime une fascination manifeste pour la roche. Les mégalithes renvoient à une notion de pérennité. Ils évoque une exaltation pour le monde des ancêtres, associés ou assimilés aux pierres…

D'après les alignements de Menhirs de Carnac, Bretagne, France. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les alignements de Menhirs de Carnac, Bretagne, France, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Des sépultures mégalithiques en Bretagne avant 4000 ans avjc
Il semble que le phénomène mégalithique européen soit le fruit d’une création originale autochtone. Dolmens et menhirs précèdent les apports venus du monde méditerranéen.

Les datations relevées grâce à la radioactivité du carbone et à la dendrochronologie (l’âge des arbres) révèle que l’on construit des sépultures mégalithiques en Bretagne, en France, avant 4000 ans avjc, et avant 3000 ans avjc en Angleterre et au Danemark.

Stonehenge connaît ses derniers remaniements entre 2100 et 1900 avjc, achevé avant Mycène aux murailles cyclopéennes, en Grèce, vers les XVe – XIIe siècle avjc. L’édification du temple du Tarxien et de l’hypogée de Hal Saflieni, à Malte, s’achève avant 2000 ans avjc…

D'après une vue de mégalithes funéraires en Indonésie. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une vue de mégalithes funéraires en Indonésie. (Marsailly/Blogostelle)

Dans le monde, les lieux où se dressent les mégalithes sont souvent des espaces cultuels…

Le mégalithe concrétise les liens entre les morts et les vivants
Les mégalithes néolithiques existent en Europe et en Méditerranée, mais aussi au Proche-Orient et en Orient, jusqu’en Corée et au Tibet… La vie spirituelle des peuples mégalithiques semblent fondée sur la croyance en un mode d’existence après la mort.

Le mégalithe assure l’immortalité aux défunts mais aussi aux vivants qui l’édifient. Il cristallise le lien entre le monde des morts et celui des vivants. Le mégalithe favorise aussi la fertilité de la terre, des hommes et des animaux et favorise les récoltes…

Voir aussi l’article Le temps des Mégalithes, un souffle d’éternité

La mémoire de la communauté figée dans la pierre…
Dans toutes les cultures mégalithiques, le culte des ancêtres semble essentiel, comme on le rencontre encore au XXe siècle en Indonésie. Les lieux où se dressent les mégalithes sont des espaces cultuels qui peuvent accueillir un grand nombre de personnes pour des cérémonies, des sacrifices et des danses rituelles.

Les espaces mégalithiques sont aussi des centres qui consolident et cristallisent la cohésion sociale. La généalogie, également, a un rôle important dans la vie culturelle. La mémoire de la communauté est figée dans la pierre…

D'après les menhirs de Carnac en Bretagne. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après les menhirs de Carnac en Bretagne, France, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les peuples néolithiques de l’Europe de l’Ouest sacralisent la pierre
Si la vie religieuse de l’Europe néolithique reste une énigme, la sacralité de la pierre se manifeste clairement dans la civilisation mégalithique.

La fascination pour les énormes masses de roche, la volonté de transformer les sépultures collectives en monuments impressionnants voire spectaculaires et indestructibles, l’édification d’espaces sacrés en alignements ou en cercle… singularisent le monde culturel des peuples néolithiques européens.

Contrairement aux cultures d’autres contrées où les morts évoluent dans un monde bien à part et à l’écart, il semble que les mégalithes donnent aux défunts et aux ancêtres une puissance spirituelle exceptionnelle partagée par les vivants… En Europe, après la longue période néolithique, l’humanité franchit une nouvelle étape culturelle. On découvre la métallurgie du cuivre, puis du Bronze. On progresse aussi dans les techniques de la céramique…

Article suivant  Des artisans du cuivre aux métallurgistes du Bronze

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