L'INDE ANCIENNE

Arts de l’Inde, les colonnes d’Açoka, roi Maurya…

… et les cavernes des moines-ascètes

Au cours du IIIe siècle avjc, en Inde du Nord, le chef de guerre Çandragupta finit par anéantir le pouvoir grec et fonde la dynastie Maurya… Plus tard, sous le règne de l’empereur Açoka, défenseur de la tolérance religieuse et converti au bouddhisme, l’art Maurya va propager de nombreuses images bouddhiques…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour novembre 2016 –

D'après le chapiteau de Sârnâth, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord, art Maurya. (Marsailly/Blogostelle)

D’après le chapiteau de Sârnâth, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord, art Maurya. (Marsailly/Blogostelle)

Sur l’abaque, la roue solaire, l’éléphant, le cheval, le lion et le zébu…

LES LIONS DU CHAPITEAU DE SÂRNÂTH

La colonne d’Açoka de Sârnâth supporte un chapiteau magnifié par quatre lions… surmontés à l’origine par une grande roue disparue. Ce monument est érigé vers 250 ans avjc par l’empereur Maurya Açoka, en Inde du Nord. Ce chapiteau a été adopté comme emblème de la république de l’Inde…

La Roue. Le chapiteau à 4 lions de la colonne d’Açoka a été découvert à Sârnâth, un haut lieu sacré du bouddhisme. C’est là que Buddha prêche pour la première fois la doctrine du Dharma, dans le Parc aux Gazelles… l’Éveillé initie ses premiers adeptes et impulse son mouvement à la Roue de la Loi qui symbolise son enseignement…

Les Lions. Le roi des animaux sert à identifier Buddha qualifié de « Lion des maîtres spirituels » , dont le prêche assimilé à un rugissement se diffuse jusqu’aux confins des quatre coins de la terre…

D’après le chapiteau de Sârnâth, détail, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord, art Maurya. (Marsailly/Blogostelle)

Les petits animaux. L’éléphant, le zébu, le cheval et le lion illustrent la puissance du sermon du Buddha. Hérités de la période védique, chaque animal représente un point cardinal. L’Éléphant correspond à l’Est, le Cheval au Sud, le Zébu à l’Ouest et le Lion au Nord.

L’alternance des petites roues solaires védiques et des animaux renvoie à la dimension cosmique et universelle du Dharma, symbolisé par une grande roue (chakra ou Çakra) qui surmontait l’ensemble à l’origine…

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Conquête de la Perse avec Darius en 517 avjc- Conquête grecque d’Alexandre Le Grand en 326 avjc – Reconquête de l’Indus par Çandragupta au IVe siècle avjc – Dynastie Maurya au IIIe et IIe siècle avjc (322-185 avjc) – Règne du souverain Açoka, converti au bouddhisme – Vers 185 avjc, la dynastie Maurya est renversée par les Çunga. Chronologie générale  Les arts de l’Inde Ancienne

LA DYNASTIE MAURYA RÈGNE EN INDE DU NORD

Après la mort d’Alexandre Le Grand en 323 avjc, les peuples de l’Inde du Nord lancent une attaque dans les régions de l’Indus contre les grecs sous le commandement de Çandragupta. Çandragupta appartient à la caste des princes et des guerriers, les Kshatriya… Il fonde la nouvelle dynastie Maurya dont il est le premier souverain, et qui va régner aux IIIe et IIe siècle avjc…

D’après un chapiteau en grès poli, à motifs de palmettes et de fleurs, surmonté d’un zébu, art Maurya, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après un chapiteau en grès poli, à motifs de palmettes et de fleurs, surmonté d’un zébu, art Maurya, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Çandragupta règne sur l’Inde du Nord durant vingt-quatre ans
La puissance de Çandragupta dans le Nord de l’Inde s’impose jusqu’à obliger le successeur d’Alexandre le Grand à renoncer à la reconquête de cette région… et à traiter avec lui en 305 avjc…Le traité indique que tous les territoires bordant l’Indus appartiennent à Çandragupta. Çandragupta enlève aussi le Magadha à la dynastie Nanda.

Dans le Nord-Est, le Magadha est un important royaume de la vallée du Gange dont la capitale se nomme alors Pâtaliputra (actuel Patna). Le premier souverain Maurya décide de conserver Pâtaliputra comme capitale… Ce souverain Maurya va régner pendant vingt-quatre ans… Son histoire est connue grâce aux écrits de l’ambassadeur grec Mégasthènes qui séjourne plusieurs fois en Inde entre 302 et 297 ans avjc…

Pâtaliputra, vaste cité et capitale de l’empire Maurya
L’ambassadeur grec Mégasthènes décrit aussi dans ses récits la capitale des Maurya, Pâtaliputra. Il évoque une vaste cité d’environ 15 km de long sur 3 km de large. La cité est pourvue de remparts rythmés par quelques 570 tours et 64 portes de ville. L’ensemble est ceinturé par un fossé…

Des fouilles archéologiques ont mis au jour des palissades en bois interprétées comme des vestiges du rempart, mais sans date précise… L’ambassadeur grec évoque aussi la splendeur du palais, plus beau encore que ceux de Suze…

D'après des colonnes en grès poli provenant de l’ancienne Pâtaliputra, capitale Maurya, vers IVe siècle avjc, Bihar, art Maurya, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après des colonnes en grès poli provenant de l’ancienne Pâtaliputra, capitale Maurya, vers IVe siècle avjc, Bihar, art Maurya, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Açoka prend le pouvoir et se converti au bouddhisme
La dynastie Maurya se poursuit avec Bindusara, le fils de Çandragupta qui règne 25 ans et assure le maintien de l’empire… À sa mort, son fils aîné se fait assassiner par son jeune frère Açoka (273-232) qui prend le pouvoir…

Açoka est sacré quatre ans plus tard à Pâtaliputra, vers 271 ou 260 ans avjc, puis se consacre à agrandir son empire… La neuvième année de son règne, le souverain Maurya engage une guerre terrible contre les Kalinga. Il annexe finalement leur royaume situé sur la côte Est…

Rongé par le remord, Açoka se converti au bouddhisme l’année suivante… Il décide de prôner la tolérance religieuse et devient un grand mécène dans le domaine des arts… Pour encourager la tolérance religieuse, Açoka décide de faire des dons aux sectes de la lignée védique et brahmanique… Il offre aux ascètes Âdjivika des cavernes pour s’abriter…

Des édits de tolérance gravés sur des colonnes
Le souverain Maurya continue d’organiser son immense empire qui n’englobe pas l’extrême Sud du pays… Açoka divulgue ses propres écrits qu’il fait graver dans la pierre… Il diffuse ainsi ses édits dans diverses régions pendant plusieurs années.

Dans le Nord, les édits d’Açoka sont d’abord gravés dans le roc avant d’être sculptés sur des colonnes isolées ornées d’un chapiteau. Les écrits d’Açoka prônent l’ordre, la moralité et la tolérance entre les différentes doctrines spirituelles de l’Inde…

D'après une colonne d'Açoka, art Maurya, IIIe siècle avjc, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une colonne d’Açoka, art Maurya, IIIe siècle avjc, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Des reliques bouddhiques dans les stûpas
La tradition bouddhique attribue de nombreuses œuvres pieuses au souverain Açoka, dont beaucoup de stûpas. Ces monuments funéraires de forme hémisphérique sont très anciens et ne sont pas des ouvrages bouddhiques à l’origine… Les stûpa construits à l’initiative d’Açoka contiennent en principe des reliques bouddhiques et sont construits en briques…

Açoka règne 36 ans sur l’Inde du Nord
Un édit raconte comment Açoka, quatorze ans après son sacre, fait agrandir le stûpa du Buddha Konâkamana, prédécesseur de Buddha. On mentionne aussi que dix-huit ans après son sacre, le souverain Maurya aurait réuni un concile à Pâtaliputra.

D'après les inscriptions d'Açoka sur la colonne de Laurya, Nandangarh, IIIe siècle avjc, dynastie Maurya. (Marsailly/Blogostelle)

D’après des inscriptions d’Açoka sur la colonne de Laurya, Nandangarh, art Maurya, IIIe siècle avjc, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Cette assemblée serait à l’origine de nombreuses missions religieuses en Inde et à l’étranger…, jusqu’au Sri Lanka… L’iconographie de la colonne de Sârnâth aux quatre lions illustre l’état d’esprit d’Açoka qui symbolise ainsi son statut d’empereur et la portée universelle de sa mission, selon lui…

Après trente-six ans de règne, Açoka meurt en 232 avjc. Son empire, partagé entre ses deux petits-fils, s’affaiblit… et certaines régions prennent leur indépendance… Vers 185 avjc, le dernier souverain Maurya est assassiné par l’un de ses généraux, un brâhmane qui prend le pouvoir et installe la nouvelle dynastie Çunga…

LES MONUMENTALES COLONNES D’AÇOKA

À l’époque Maurya, de gigantesques colonnes se dressent sur des lieux saints bouddhiques ou sur des espaces sacrés. Si les colonnes et leur décor son attribuées à Açoka, certaines ont pu être érigées avant son règne… Quelques colonnes ne portent pas de décor, d’autres sont gravées à l’époque du souverain Maurya…

D'après le chapiteau Maurya de Vaisâlî, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le chapiteau Maurya de Vaisâlî, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

Les colonnes d’Açoka supportent un chapiteau en pierre
On érige les colonnes d’Açoka en des lieux associés à des épisodes de la vie du Buddha ou pour ponctuer le chemin des pèlerins en route vers les lieux saints…. Les artistes sculptent des chapiteaux en pierre, à motif de lion ou de taureau à bosse pour couronner des colonnes en grès soigneusement poli…

Auparavant, les chapiteaux étaient réalisés en bois… De forme circulaire, en grès beige de Chunnar, les colonnes d’Açoka sont les supports privilégiés pour inscrire dans la pierre les édits de tolérance du roi qui prône également la droiture morale…

D'après une vue de la colonne Maurya de Vaisâlî magnifiée par un lion assis, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après une vue de la colonne Maurya de Vaisâlî magnifiée par un lion assis, IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Des fûts monolithes et polis qui s’élancent vers le ciel…
Le haut fût monolithe et poli des colonnes d’Açoka se dresse de plus en plus étroit vers son sommet… La colonne donne ainsi l’illusion de s’élancer vers le ciel et dégage une impression de grandeur monumentale… Les artistes laissent nu les chapiteaux des colonnes ou bien sculptent de discrètes moulures…

Les sculpteurs de l’époque Maurya excellent dans l’art du polissage de la pierre et créent parfois des éléments décoratifs campaniformes (du latin campana, en forme de cloche) ou lotiformes (en forme de lotus).

Ce type de décor évoque une possible influence de la Perse acheménide… Sur certaines colonnes d’Açoka, le tore du chapiteau est torsadé et l’abaque (ou tailloir) supporte un animal majestueusement sculpté…

D'après un chapiteau de la colonne Maurya de Vaisâlî, art Maurya, IIIe e avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après un chapiteau de la colonne Maurya de Vaisâlî, art Maurya, IIIe e avjc,  Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Un lion assis trône au sommet des colonnes d’Açoka
Certaines colonnes d’Açoka reposent sur une dalle profondément enfouie dans le sol… La colonne de Vaisâlî, au Bihar, possède un fût trapu. Les artistes ont magnifié son abaque rectangulaire en sculptant un lion assis et majestueux…

Les sculpteurs ont particulièrement soigné le rendu de la crinière du lion aux mèches souples et ondulées, groupées par cinq… La colonne gravée de Laurya, en grès poli, provient de Nandangarh, et remonte au IIIe siècle avjc. Là encore, un lion assis trône à son sommet. Cet ouvrage d’environ 10 mètres de haut supporte une abaque ornée d’oies sauvages…

D'après le chapiteau de la colonne de Laurya, art Maurya, IIIe siècle avjc, Nandangarh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le chapiteau de la colonne de Laurya, art Maurya,  IIIe siècle avjc, Nandangarh, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Les 4 lions et la Roue du Dharma de la colonne de Sârnâth
Le chapiteau le plus célèbre est celui de la colonne de Sârnâth érigée en grès poli de Chunnar sous le règne d’Açoka… Surmonté à l’origine d’une roue, le chapiteau de Sârnâth mesure environ 2,15 mètres de haut.

Les artistes sculptent quatre magnifiques lions en haut relief qui ensemble forment une ronde bosse (en 3 dimensions). Le grand soin apporté au polissage et l’interprétation plutôt naturaliste des animaux distinguent l’art de l’époque Maurya…

Les quatre fauves du chapiteau de Sârnâth semblent rugir en direction des quatre points cardinaux… Ils symbolisent la puissance spirituelle du prêche du Buddha… Une grande Roue de La Loi, dont il ne reste que des débris, se dressait à l’origine à la verticale des animaux. Roue de la Loi et Enseignement du Buddha se confondent… et rayonnent ainsi aux quatre coins du monde…

D’après la colonne gravée de Laurya, Nandangarh et le chapiteau de la colonne d’Açoka de Sârnât,  art Maurya, IIIe siècle avjc, Inde du Nord. Et une réplique de la colonne d’Açoka de Sârnâth, avec la grande Roue de la Loi ou Roue du Dharma qui surmonte l’ensemble, vers le XIIIe siècle, Thaïlande. (Marsailly/Blogostelle)

L’universalité de l’Enseignement du Buddha
Sous les lions du chapiteau de Sârnâth, au-dessus du lotus qui symbolise la réalisation spirituelle, quatre petites roues solaires animent le décor en alternance avec des animaux… On peut voir un éléphant, un zébu, un cheval et un lion qui se rattachent aux quatre directions de l’espace…

La répétition à quatre reprises de la roue cosmique évoque l’universalité de la Loi du Buddha, émise vers toutes les directions de l’espace… Prodigué pour la première fois à Sârnâth, l’Enseignement du Buddha se confond avec La Loi symbolisée par une roue. La grande roue disparue du chapiteau de Sârnâth renvoie aussi au thème de la Roue Universelle, symbole de la loi cosmique…

C’est également une image de l’ordre et de l’éthique que le souverain Açoka voulait propager au quatre coins du monde… De même que l’ancestrale roue solaire védique symbolise une dimension cosmique et universelle, le chakra ou Çakra symbolise ici la Loi Universelle du Buddha…

Voir aussi les articles
Bouddhisme et Jaïnisme, des nouvelles sources d’inspiration artistique 
et La Roue tourne pour l’Univers…

LES CAVERNES MAURYA DU MONT BARÂBAR

Dans l’état actuel de Bihar, en Inde du Nord, on peut voir des cavernes Maurya situées dans les collines de Barâbar et de Nâgârjunî, non loin de Bodhgaya. Ces espaces rupestres ont en commun une entrée de forme trapézoïdale, des plafonds voûtés et des intérieurs de pierre polie… Ces grottes, parfois occupées en permanence par des moines, leur servent aussi de refuge temporaire pendant la mousson…

D'après les cavernes du mont Barâbar, les entrées de la Sudama et de Lomas Rishi, art Maurya, vers IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après les cavernes du mont Barâbar, les entrées de la Sudama et de Lomas Rishi, art Maurya, vers IIIe siècle avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

La caverne Viçra Jhorri (ou Viçvakarma)
Les quatre cavernes du mont Barâbar remontent au règne d’Açoka…, trois d’entre elles possèdent des inscriptions qui mentionnent la générosité du roi Açoka dont l’un des épithètes est Piyadasi… D’autres cavernes appartiennent à la secte Âdjivika…

La caverne Viçra Jhorri est dotée d’une large porte d’entrée qui se prolonge par un vestibule de même largeur. Par une porte étroite, le vestibule conduit à une salle circulaire dont le plafond est quasi hémisphérique. La porte d’entrée de cette caverne est marquée par une profonde embrasure.

La salle de forme oblongue au plafond voûté en berceau, est creusée parallèlement à la façade et l’entrée se fait donc par le long côté de la cella. Un passage donne ensuite accès à un espace circulaire, sans doute le sanctuaire, au plafond hémisphérique et au toit bombé.

D’après l’entrée de la caverne la Sudama et une vue intérieure de la salle voûtée ; une vue de la caverne Viçra Jhorr, pourvue d’une très large entrée ; et le plan de la Sudama et celui de la caverne Lomas Rishi ; Mont Barâbar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D'après les plans de la Sudama et de la caverne Lomas Rishi, mont Barâbar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Le style original de la caverne de Lomas Rishi
La caverne de Lomas Rishi présente une conception de style Maurya semblable aux précédentes…, mais elle est restée inachevée et ne porte pas d’inscriptions Maurya… Elle pourrait dater d’une période plus tardive, aux environs de notre ère…

Un espace d’accueil précède sa porte d’entrée latérale magnifiée par un arc, des jambages et des reliefs sculptés… La caverne de Lomas Rishi se distingue grâce à son style très original. Creusée et sculptée dans la roche pour les ascètes Âdjivika, la décoration des lieux imite dans la pierre les constructions de bois, avec un toit cintré qui repose sur des piliers…

D'après l'entrée de la caverne Lomas Rishi, style Maurya, vers IIe-Ier siècles avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)  D'après la frise d'éléphants de Lomas Rishi, style Maurya, IIe-Ier siècles avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

D’après l’entrée de la caverne Lomas Rishi, dont la cella ovale est magnifiée par un décor en pierre polie imitation boiserie ; et d’après un détail de la frise d’éléphants de Lomas Rishi, style Maurya, fin de la période ou un peu plus tardive, IIe-Ier siècles avjc, Bihar, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

Un motif de treillage interprété dans la pierre
La haute porte de la caverne de Lomas Rishi mesure 2,30 mètres et porte un décor riche en détails… Le sculpteur crée des cordons lisses qui surmontent un motif de treillage interprété dans la pierre…

L’artiste imite ici les treillages en bambou utilisés dans les demeures indiennes pour filtrer l’air et la lumière… La frise exécutée avec soin et de manière fouillée représente un défilé d’éléphants et rend hommage à trois stûpas… L’entrée de la caverne de Lomas Rishi n’est pas frontale mais se fait sur le côté…

À l’intérieur, on pénètre dans une salle oblongue faussement voûtée… Le plafond sculpté dans la roche arrondie est lisse et poli… comme les surfaces des murs qui imitent les stries du bois dans la pierre… Les cavernes monastiques vont prendre une grande importance dans la vie culturelle de l’Inde…

D’après une tête d’homme en grès sculpté et poli, art Maurya, vers les III-IIe siècles avjc, Sârnâth, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après une tête d’homme en grès sculpté et poli, art Maurya, vers les III-IIe siècles avjc, Sârnâth, Inde du Nord. (Marsailly/Blogostelle)

Les artistes Maurya excellent dans le polissage de la pierre
Les sculpteurs Maurya travaillent particulièrement le polissage de la pierre… Ils réalisent à Sârnâth des portraits d’hommes sculptés, très finement polis… Les visages affichent des traits sobres et réalistes et de longues moustaches individualisent parfois les personnages…

L’art de la simplicité des artistes Maurya cherche à manifester l’essentiel… Plus tard, l’art de l’Inde évoluera de plus en plus vers une prédilection pour la profusion… La sculpture va s’enrichir de multiples détails, en particulier à l’époque médiévale des VIIIe au XIIIe siècles…

Les artistes Maurya façonnent aussi des statuettes en terre cuite, de nombreux petits anneaux et sculptent des disques en pierre dont l’usage et la signification sont incertains… Sous la dynastie suivante des Çunga, l’art du polissage disparaît… Il faut attendre la période de l’après Gupta et la période médiévale pour que les sculpteurs de l’Inde renouent avec l’art de la pierre polie…

D’après une sculpture d’homme en pierre polie ; un disque en pierre sculptée ; et d’après une statue féminine et sensuelle en pierre polie, Patna, art Maurya, vers les IIIe-IIe siècles avjc (Marsailly/Blogostelle)

L’époque Maurya, du Védisme à l’Hindouisme…
Au cours des IIIe et IIe siècles avjc, une évolution spirituelle met en lumière deux grandes divinités… Çiva incarne le destructeur bénéfique, le transformateur qui permet la dissolution et la recréation du monde… Et Vishnu, le dieu salvateur qui se manifeste pour aider la Terre, est bien attesté au IIe siècle avjc…

Héritier du Védisme et du Brâhmanisme, l’Hindouisme se développe et s’épanouit… Comme dans le Védisme, la religion Hindoue conçoit la transmigration des âmes…, mais elle enseigne surtout comment se libérer du cycle sans fin des réincarnations… Par contre, l’Hindouisme ne reconnaît pas la notion d’âme universelle, l’Atman, présente dans les Upanishads védiques…

Voir aussi les articles 
L’époque védique, la poésie sacrée des hymnes
Le Sacré en Inde, Prajâpati, Brâhman et Atman

Et les déités démiurges qui se rattachent aux forces de la nature et aux sacrifices, comme Indra le dieu de l’Orage et Agni le dieu du Feu, sont beaucoup moins importantes dans la doctrine hindoue que dans celle des Vedas…

En dehors de quelques reliefs, peu de créations artistiques illustrent l’Hindouisme au IIe siècle avjc… L’art Maurya se concentre surtout sur le message bouddhique… À la période suivante, sous les Çunga, on va rencontrer dans l’art davantage de thèmes hindous… Çiva et Vishnu dominent le panthéon…

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