Histoire du sacré

Le Sacré en Inde, rituels, cosmogonie, doctrine védique

Le principe suprême, Un et Multiple…

À l’époque védique, entre 1500 ans avjc environ et jusqu’au au IIIe siècle avjc, on pratique en Inde beaucoup de sacrifices… Ces offrandes faites aux dieux accompagnent des cérémoniels très complexes. Parfois, on immole des animaux, en particulier le cheval, pour assurer fertilité et prospérité au royaume. Comme nous l’explique Mircea Eliade, la liturgie et les rituels de l’Inde ancienne sont très élaborés et se fondent sur Le Rig-Veda, les Brahmanas et les Upanishads védiques. Quant à la variété des récits cosmogoniques, il semble qu’elle soit l’expression d’une pluralité de traditions…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour décembre 2016 –

D'après le thème du feu sacrificiel. Tous les dieux participent à la fête du sacrifice du soma sous l'égide du dieu du Feu Agni. (Illustration Marsailly/Blogostelle.)

D’après le culte védique du Feu : sans le rituel effectué par le prêtre, à l’aube, le Soleil ne se lèverait pas… (Marsailly/Blogostelle)

LES RITUELS VÉDIQUES ET BRAHMANIQUES SE FONDENT SUR DES SACRIFICES AUX DIEUX

D’ans l’Inde ancienne, l’un des rituels les plus importants se rapporte au culte du Feu, l’Agnihotra, qui se pratique à l’aube et au crépuscule. Une offrande de lait est faite au dieu du Feu Agni…

Des rites sacrificiels, de Soma à Agni
À l’époque du Rig-Veda, le sacrifice le plus spécifique est celui du Soma. Cette plante sacrée est pressurée pour obtenir une boisson aux nombreuses vertus bienfaisantes. Le Soma est à la fois une divinité, une plante et le breuvage d’immortalité des dieux… Mais on sacrifie aussi au dieu Agni…

L’Agnicayana, l’oblation au Feu
On érige un autel sacrificiel du feu pour célébrer l’Agnicayana. Chaque sacrifice réactualise l’acte de création originel de Prajâpati et garantit la continuation du monde et de la vie l’année suivante… Le sens profond du sacrifice symbolise la recréation du cosmos épuisé par le temps cyclique nommé l’Année.

Grâce aux pratiques sacrificielles des prêtres brahmanes, on maintient le monde vivant et fertile… Le rite de l’oblation au Feu, l’Agnicayana, est considéré comme extrêmement essentiel… sans le sacrifice effectué par le prêtre à l’aube, le Soleil ne se lèverait pas…

D'après le thème de l'autel védique du Feu... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de l’autel védique du Feu… (Marsailly/Blogostelle)

Le sens profond de l’autel sacrificiel du feu renvoie au symbolisme de la recréation du cosmos épuisé par le temps cyclique nommé l’Année.

TEXTES SACRÉS DE L’INDE ANCIENNE
Le Rig-Veda (1028 hymnes en sanskrit) : entre 1500 ans avjc et 800 ans avjc. Les Brâhmanas (commentaires en prose des Vedas) : entre les Xe siècle et VIIe siècle avjc. Les Upanishads védiques (textes sacrés en sanskrit) : entre le VIe siècles avjc et le IIIe siècle avjc. Le Vedanta (en sanskrit la fin des Vedas) : entre 700 ans et 300 ans avjc pour les écrits les plus anciens. La Bhagavad-Gîtâ : IVe siècle avjc. Les Upanishads moyennes : entre 500 et 200 ans avjc.

Le dieu du Feu Agni transmet les offrandes aux Cieux
Il semble que le culte védique ne se déroule pas dans des sanctuaires. On procède aux rites et aux sacrifices dans les maisons ou on installe les Trois Feux à l’extérieur. On prévoit des offrandes et des oblations, qui sont des dons ou des offrandes aux dieux faites par les prêtres, et on sacrifie parfois des animaux.

Une partie des offrandes jetées au feu est transmise par Agni aux dieux. Le reste est consommé par les officiants qui communient ainsi à la nourriture divine. Quant au sacrifice du soma, il intervient à l’occasion de nombreuses cérémonies védiques.

Obtenir des dieux santé, fertilité et prospérité…
À l’époque védique, la Vie et l’existence humaine ne sont pas dévalorisées. L’accès au monde divin est possible grâce à des cérémonies rituelles pour obtenir la bénédiction des dieux. Toute la nature, la communauté ou bien l’officiant du sacrifice sont ainsi régénérés et bénis.

On prie pour une bonne santé, pour s’assurer une descendance, pour obtenir richesse et abondance ou simplement pour être comblé dans la vie… Il existe des préliminaires au sacrifice du soma, comme la consécration. L’officiant subit une mort symbolique et rituelle avant de renaître.

Ce rite lui assure la condition préalable pour accéder au monde des dieux et obtenir une pleine existence dans ce monde… Des sacrifices sont également effectués pour garantir la régénération cosmique ou celle du souverain et du royaume…

D'après Agni, grande divinité védique du Feu, sur un décor XVIIe-XVIIIe siècle, Tamil Nâdu, Inde du sud. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après Agni, grande divinité védique du Feu, sur un décor XVIIe-XVIIIe siècle, Tamil Nâdu, Inde du sud. (Marsailly/Blogostelle)

Une partie des offrandes jetées au feu est transmise par Agni aux dieux… 

Des rites et des offrandes à la maison
Certains cérémoniels domestiques exigent la présence d’officiants qualifiés sous la direction d’un brahmane. Les principaux rites effectués à la maison sont liés à l’entretien du Feu, aux fêtes agricoles des prémices, aux saisons, aux cérémonies de mariage ou de conception et de naissance d’un enfant, à l’occasion des funérailles et au cérémoniel d’introduction d’un jeune garçon auprès de son maître brahmane…

On prépare des offrandes végétales composées de céréales, de lait, de beurre et de gâteaux. Parfois, des vaches, taureaux, béliers, chèvres ou chevaux sont sacrifiés. Il existe aussi des rites dédiés à la pluie et à la nouvelle lune qui se rapportent aux rythmes cosmiques…

Le sacrement Upanayana : devenir un brahmane
La cérémonie de l’Upanayana se rapproche des rites initiatiques de puberté que l’on rencontre chez les peuples archaïques… La littérature védique évoque l’image du maître qui transforme le jeune garçon en embryon et le garde trois jours dans son ventre… jusqu’à maturité pour une deuxième naissance de nature spirituelle, véritable renaissance à l’immortalité…

Le maître brahmane qui transmet la parole des Vedas est à la fois le père et la mère du novice. Le Deux Fois Né renaît ainsi à la condition de brahmane… Le jeune initié brahmane s’engage à la chasteté et mendie la nourriture pour lui et son maître auprès de qui il chemine et étudie… Plus tard dans le bouddhisme, le novice abandonne son nom pour devenir un fils de Buddha

Dans les traditions en général, l’initiation s’accompagne d’une mort symbolique et d’une renaissance à une conscience plus élevée et plus claire. Souvent, le novice adopte un nouveau nom en tant que « Deux fois nés » pour marquer l’abandon de son ancien mode de vie…

Tous les dieux participent à la fête du sacrifice du soma sous l’égide du dieu du Feu Agni.

L’Agnistoma, le sacrifice du soma sous l’égide du dieu du Feu Agni.
Le sacrifice du soma est intimement lié à l’empilement des briques pour ériger l’autel du Feu… Parfois, cet autel prend la forme d’un oiseau qui symbolise l’ascension vers le Ciel de l’officiant du sacrifice.

Une fois par an, se déroule le rite de l’éloge d’Agni, l’Agnistoma. Tous les dieux participent à cette fête du sacrifice du soma présidée par le dieu du feu sacrificiel Agni… Au cours de la cérémonie, le pratiquant du sacrifice est sanctifié par un rite de deuxième naissance.

Dans l’Inde védique, on pratique différents sacrifices du soma, avec des cérémonies qui peuvent durer d’une journée à plusieurs jours, voire pour certaines, d’une année à douze années…

D'après le thème du cheval identifié au cosmos et à Prajâpati, le dieu qui se sacrifie lui-même pour créer le monde. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème du cheval identifié au cosmos et à Prajâpati, le dieu qui se sacrifie lui-même pour créer le monde. (Marsailly/Blogostelle)

Musique, danse, gestuelle et scénarios rituels…
En Inde, comme ailleurs, les religions anciennes se nourrissent de l’héritage de la préhistoire et de recréations religieuses… Le Feu, la musique, la danse, des dialogues, la gestuelle, des scènes sexuelles… sont des expressions rituelles associés aux sacrifices du soma.

On rencontre aussi des scénarios mythiques sous la forme de courses de chevaux ou de chars. L’ascension du Soleil est symbolisée par l’officiant du sacrifice qui grimpe avec son épouse au poteau sacré.

Le sacrifice du soma participe aussi à la consécration qui vise à la renaissance mystique du souverain. Les textes évoquent également des sacrifices humains pratiqués autrefois, plus symboliques que réels semble-t-il…

Le sacrifice du cheval, l’Asvamedha fonde la souveraineté royale
Ce rituel védique est pratiqué par le roi victorieux. Le sacrifice du cheval lui confère le mode d’être de Souverain Universel et favorise la prospérité du royaume tout entier. L’Asvamedha purifie et assure la fécondité.

La cérémonie se poursuit avec un scénario d’union sexuelle entre la reine et la dépouille de l’animal. Il semble que le thème du sacrifice du cheval remonte aux origines de la culture indo-européenne.

On le retrouve chez les Iraniens, les Germains, les Grecs, les latins, les Arméniens… Dans la tradition nordique, le dieu Odhin, blessé par une lance et pendu à l’arbre du monde durant neuf nuits, se sacrifie lui-même pour obtenir la sagesse souveraine et maîtriser la magie…

D'après le thème de l’Asvamedha, un sacrifice royal et cosmogonique. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de l’Asvamedha, un sacrifice royal et cosmogonique. (Marsailly/Blogostelle)

Le sacrifice du cheval, identifié au cosmos et à Prajâpati, confère au roi l’état de Souverain Universel et favorise la fertilité et la prospérité du royaume.

Le cheval s’identifie au cosmos…
C’est seulement en Inde semble-t-il que le sacrifice du cheval prend une telle importance rituelle et religieuse. Mais l’Asvamedha se rattache également à la cosmogonie. Le cheval est identifié au cosmos et à Prajâpati, le dieu qui se sacrifie lui-même pour créer le monde. Les textes védiques évoquent aussi les liens entre le cheval et les Eaux, et les Eaux représentent la substance potentielle de la vie et du monde…

Ce thème de la création se réactualise au moment du nouvel an et au printemps. Les sacrifices permettent la régénération et le renouvellement du l’univers… Comme substitut du roi, le cheval incarne également la puissance royale. On l’assimile aussi au Soleil, Aditya, déité souveraine et au Soma, dieu du sacrifice…

Le Purusamedha, sacrifice de l’homme
Un autre scénario demande le sacrifice d’un guerrier, ksatrya, ou d’un prêtre, un brahmane. On retrouve dans ce sacrifice de l’homme, appelé Purusamedha, l’union avec la reine qui se couche près de la dépouille du sacrifié.

Ce sacrifice passe pour être plus puissant que l’Asvamedha, et il est recommandé pour obtenir ce que l’on veut quand le sacrifice du cheval apparaît comme insuffisant… Toutefois, deux traités védiques seulement recommandent la mise à mort d’un être humain.

Mais le sacrifice humain évoqué dans les textes ne semble pas se pratiquer réellement. Il s’agit peut-être d’une mise à mort plus symbolique que réelle… Les écrits mentionnent la libération de la victime au dernier moment ou l’immolation d’un animal à la place de l’être humain…

D'après le thème mythique du Sacre Royal et de la Souveraineté dans l'Inde védique. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème mythique du Sacre Royal et de la Souveraineté dans l’Inde védique. (Marsailly/Blogostelle)

Identifié au dieu Prajâpati et au Cosmos, le roi régénéré par le rituel sacrificiel acquiert la Souveraineté Universelle.

Le Râjasûya, le sacre du roi dans l’Inde ancienne
En Inde, les cérémonies ancestrales de sacre du roi se déroulent en général à la période du nouvel an. C’est le moment de restaurer l’Univers et le roi joue un rôle symbolique essentiel pour assurer ce renouvellement.

Les différentes étapes du rituel mènent symboliquement le roi à un retour à l’état d’embryon… Après une année de gestation, le souverain renaît. Il s’agit d’une renaissance spirituelle et le roi est assimilé au dieu Prajâpati et au Cosmos, régénérés par le sacrifice.

Le roi devient le maître de l’univers et acquiert la souveraineté sur les quatre directions de l’espace et sur les saisons. Dans les anciennes traditions du monde, mort et renaissance rituelle se rapportent en général à la cosmogonie et à la régénération du monde…

LA COSMOGONIE VÉDIQUE

En Inde ancienne, il existe plusieurs versions de la création du monde dans les hymnes védiques… Les Vedas présentent quatre scénarios de cosmogonie. La création du monde grâce à la séparation du Ciel et de la Terre, grâce à la fécondation des Eaux Primordiales, grâce au dépeçage d’un géant primordial ou encore grâce à l’intervention d’un principe premier Unité-Totalité à la fois Être et Non-Être…

D'après le thème védique de l'Un et du Commencement-Respiration... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème védique de l’Un et du Commencement-Respiration… (Marsailly/Blogostelle)

Le principe neutre et indifférencié nommé l’Un respire… l’Être émane du Non-Être.

La respiration métaphysique et la naissance de l’Un
Les hymnes védiques explicitent comment l’Être émane du Non-Être. Au commencement, ni le Non-Être ni l’Être existent. Seul le principe neutre et indifférencié nommé l’Un respire… il respire sans qu’il y ait de Souffle…

Cette respiration métaphysique produit de la chaleur, un échauffement spirituel appelé tapas, qui fait naître l’Un comme par ascèse… De ce premier principe émerge le Désir, appelé Kâma. Ce Désir forme la semence première de la Conscience, Manas. La semence première de la Conscience se divise en Haut et Bas et en principe Féminin et principe Masculin…

L’Un qui transcende les dieux et la création
Ensuite naissent les Dieux. Mais les Dieux ne sont pas les auteurs de la création du monde dont l‘émanation reste un mystère… La poésie védique exprime l’idée d’un Principe Être inconnaissable appelé l’Un qui transcende les dieux et la création.

Comme le Purusa du Rig-Veda, l’Un précède l’Univers et crée le monde par émanation de son propre Être… Pour la pensée spirituelle indienne, l’Univers comme la Conscience résultent du divin Désir procréateur, Kâma. Ce thème se retrouve dans la doctrine bouddhique et dans celle du Yoga.

L’éveil à une conscience spirituelle
Comme dans beaucoup de traditions dans le monde, on retrouve chez plusieurs peuples indo-européens des mythologies qui évoquent la naissance des dieux et de l’humanité et la perte ou la conquête de l’immortalité…

Mais dans les doctrines de l’Inde, la réflexion religieuse aboutit à l’exaltation du sacrifice sous la forme de rites et d’oblations sacrificielles, à la pratique de la contemplation et de la méditation… Du Brahmanisme à l’Hindouisme et du Bouddhisme au Jaïnisme, la quête de l’éveil à une conscience spirituelle a une très grande importance dans la vie culturelle de l’Inde…

D'après le thème sacré de la Création de l'Univers : la cosmogonie. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème sacré de la Création de l’Univers : la cosmogonie. (Marsailly/Blogostelle)

Dans l’Inde ancienne, la variété des récits cosmogoniques se rattache à des doctrines spirituelles multiples…

Indra sépare le Ciel de la Terre, fixe la voûte céleste…
La séparation du Ciel et de la Terre, du Haut et du Bas se rapporte au dépeçage du dragon-serpent primordial Vrtra par le dieu Indra. Les textes védiques racontent que dès sa naissance le dieu de l’Orage Indra sépare le Ciel de la Terre, fixe la voûte céleste, lance le Vajra (son foudre) contre le dragon Vrtra qui retient les Eaux dans les ténèbres… En libérant les Eaux, Indra permet à la Vie jusque-là en germe de d’émerger à l’existence…

La fécondation des Eaux Primordiales
Le Rig-Veda mentionne aussi le dieu nommé Embryon d’Or, qui plane au-dessus des Eaux pour les féconder et engendrer le Cosmos… Des textes védiques citent également le dieu du Tonnerre Indra ou le dieu du Feu Agni qui fécondent eux aussi les Eaux…

Ces déités apparaissent comme des démiurges faisant émerger des Eaux la Vie et le Monde… Parfois l’Embryon d’Or est assimilé au premier germe reçu par les Eaux ou au Pilier Cosmique. Différentes variantes évoquent la semence du dieu créateur ou celle de l’Artisan Universel qui fécondent les Eaux Primordiales pour enfanter la Vie…

D'après le thème sacré des Eaux Primordiales. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème sacré des Eaux Primordiales. (Marsailly/Blogostelle)

L’Embryon d’Or, le dieu du Tonnerre Indra, le dieu du Feu Agni ou encore l’Artisan Universel, fécondent les Eaux et engendrent le Cosmos et la Vie…

Le mythe du sacrifice cosmique de Purusa
À la fois présenté comme la totalité cosmique et comme un être androgyne, on rencontre aussi Purusa… Il engendre l’énergie féminine créatrice appelée Virâj. Purusa précède la création : le Cosmos,la Vie et l’Humanité résultent de son corps sacrifié. Le terme Purusa désigne l’homme, mais on imagine l’Homme Total, une sorte d’archétype universel…

Ce mythe de Purusa renvoie à d’autres mythologies construites sur le même thème. P’an-Ku dans la culture chinoise, Ymir dans les traditions Nordiques, Tiamat chez les Mésopotamiens…. Le sacrifice d’un être divin ou mythique anthropomorphe est fréquent dans les cosmogonies ancestrales.

Du corps de Purusa jaillissent le Ciel, les dieux, la Terre, les animaux…
Du corps dépecé de Purusa sacrifié par les Dieux, jaillissent le Ciel, les dieux, la Terre, les animaux, les différentes classes d’êtres humains, la liturgie… Les textes racontent que sa bouche devient le Brâhman, que le guerrier provient de ses bras, l’artisan de ses cuisses et le serviteur de ses pieds…

On dit aussi que le Ciel émane de sa tête, la Terre de ses pieds, la Lune de sa conscience, le Soleil de son regard, le Vent de son souffle, les dieux Indra et Agni de sa bouche… Les rites de purification et de régénération, les cérémonies de fondation des temples et les rituels liés à la naissance d’un fils se rattachent à ce modèle divin du sacrifice de Purusa…

D'après le mythe du sacrifice de Purusa... dans l'Inde védique. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le mythe du sacrifice de Purusa… dans l’Inde védique. (Marsailly/Blogostelle)

Le Ciel émane de la tête de Purusa, la Terre de ses pieds, la Lune de sa conscience, le Soleil de son regard, le Vent de son souffle, les dieux Indra et Agni de sa bouche…

Visvakarman, l’Artisan Universel
Dans les hymnes védiques, on rencontre également Visvakarman, l’Artisan Universel… Ce personnage mythique façonne le monde comme un sculpteur, un charpentier ou un forgeron…

Visvakarman est considéré comme un être divin. Il rappelle le dieu Ptah des Égyptiens qui modèle le monde sur son tour de potier divin. Mais la singularité de la pensée védique rattache l’Artisan Universel à la notion de création liée à un sacrifice primordial…

Les dieux émergent après la création de l’Univers… 
Dans le Rig-Veda, les divinités sont engendrées par le couple primordial Ciel-Terre ou bien ils émergent du chaos aquatique originel ou bien encore ils émanent du Non-Être…

Mais dans tous les cas, les dieux védiques apparaissent toujours après la création de l’Univers… Certaines divinités sont nées de la grande déesse Aditi d’où leur titre de Adityas, qui renvoie au symbolisme solaire. D’autres déités naissent de la Terre ou des Eaux…

D'après Visvakarman, l’Artisan Universel chanté dans les hymnes védiques. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après Visvakarman, l’Artisan Universel chanté dans les hymnes védiques. (Marsailly/Blogostelle)

L’Artisan Universel des hymnes védiques, Visvakarman,façonne le monde comme un sculpteur, un charpentier ou un forgeron…

Ce qui n’est qu’Un, ses poètes inspirés l’appellent Multiple
Les hymnes racontent qu’au commencement les dieux ne sont pas tous immortels. Ils obtiennent l’immortalité grâce au Soma, breuvage et divinité, ou grâce aux dieux Agni ou Savitri, divinité solaire comparable à Sûrya, dieu-Soleil.

Comme d’autres divinités, le dieu de l’Orage Indra devient immortel grâce à l’ascèse et à l’échauffement spirituel qui en découle, le Tapas. Dans les Brahmanas, les dieux acquièrent l’immortalité grâce aux sacrifices. Parfois, dès l’époque védique, la pluralité des dieux tend à s’incorporer en un principe suprême : Ce qui n’est qu’Un, ses poètes inspirés l’appellent Multiple

Manu, un ancêtre mythique de l’humanité…
Comme les dieux dans certains récits cosmogoniques, l’Humanité descend également du couple primordial Ciel-Terre. Son ancêtre mythique, Manu, fils du dieu Vivasvat, divinité solaire assimilé à Sûrya, est le premier à pratiquer les sacrifices.

Manu est présenté comme le premier homme mais fait l’objet de différentes versions. Selon les cas, les hymnes védiques présentent Manu comme le fils de Vivasvat, père également des jumeaux Yama et Yamî, et des dieux jumeaux du Ciel les Açvins, dont le nom se rapporte à propriétaire de chevaux, dresseur de chevaux, cavalier

Parfois l’ancêtre Manu est censé appartenir à la lignée de Yama, Seigneur de la Mort dans les Vedas, et de sa sœur jumelle Yamî, son épouse et sa Shakti. La Shakti correspond à l’énergie spirituelle féminine des dieux…

D'après le thème védique de Manu. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème védique de Manu. (Marsailly/Blogostelle)

Selon les versions, Manu, ancêtre mythique de l’humanité, est fils du dieu Vivasvat ou descendant de Yama et de sa sœur Yamî.

Voir aussi les articles
 Le Sacré en Inde, Prajâpati, Brâhman et Atman
Le Sacré en Inde, du rite à la métaphysique
Le sacré en Inde, la quête des rishis et des sages

Purusasukta, géant primordial sacrifié à l’origine de l’Humanité
Parfois, l’origine de l’humanité et l’organisation de la société en quatre classes d’individus relèvent du thème du Purusasukta et des différents morceaux du géant primordial sacrifié. Dans un premier temps, les êtres humains peuvent devenir immortels grâce aux sacrifices…

… jusqu’au jour où les dieux décident que cette immortalité ne peut être que spirituelle et accessible seulement après la mort des hommes… Dans le Mahâbhârata, on raconte que la mort est voulue par Brâhman pour alléger la terre qui menace de couler dans l’océan…

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