Histoire du sacré

Le sacré en Inde, la quête des rishis et des sages

Brâhman habite le cœur de l’être humain…

Dans l’Inde ancienne, les écrits des dernières Upanishads insistent sur l’importance de la Gnose, la Connaissance, au sens métaphysique du terme… La métaphysique? c’est la science de l’être en tant qu’être, c’est la recherche et l’étude des premiers principes et des causes premières… La finalité ultime de la réflexion spirituelle hindoue, qui s’exprime au cœur d’une multitude de doctrines, vise à une libération du cycle perpétuel des renaissances, le Samsâra, pour tous… L’abandon de la vie sociale pour aller se retirer dans la forêt et méditer se propage chez les ascètes et les mystiques…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour avril 2017 –

D'après le dieu suprême Brâhman et la déesse du Savoir et de la Musique, Sarasvatî. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le dieu suprême Brâhman et la déesse du Savoir et de la Musique, Sarasvatî. (Marsailly/Blogostelle)

LES RISHIS, GRANDS SAGES ET MÉDITANTS

Dans les Upanishads, on rencontre des personnages appelés rishis. Ces grands mystiques, sages et méditants délaissent les dieux, les rites et les sacrifices. Les rishis se concentrent exclusivement sur la Connaissance pour atteindre à la délivrance du Samsâra, c’est-à-dire du cycle des transmigrations…

Les Sept Rishis primordiaux…
Dans la tradition hindoue, les rishis sont considérés comme des personnages inspirés, des saints, des poètes, des sages… Étymologiquement le rishi désigne un sage qui participe au Veda (la Connaissance métaphysique)… À l’origine, selon l’esprit védique, les Sept Rishis primordiaux émanent de Brâhman. Ils s’assimilent aux sept étoiles de la Grande Ourse…

Bharadwaja, Gasyapa, Gotama, Atri, Viswamitra, Djamadagni et Vasishtha sont considérés comme les compositeurs des premiers hymnes du Rig-Véda. Les Sept Sages entendent et transmettent le savoir divin, et le Rta, l’ordre et le rythme cosmique, la norme universelle…

Le Sacré en Inde, la Quête des Rishis (Marsailly/Blogostelle)

D’après une image des Sept Rishis, dans un ouvrage du XVIIe siècle apjc. (Marsailly/Blogostelle)

Le sage médite sur le principe paradoxal de Brâhman, et saisit ainsi le sens de l’existence humaine et de sa situation dans le Cosmos…

Pour les rishis, les dieux et les sacrifices n’ont plus d’importance…
Dans les brâhmanas, les dieux védiques se font plus discrets au profit de Prajâpati-Brâhma et de l’importance accordée à l’activité sacrificielle et rituelle…

Les auteurs des Upanishads parachèvent cette évolution de la relation aux divinités et relativisent la toute-puissance du sacrifice et du rite… Pour les sages rishis, les dieux et les sacrifices n’ont plus d’importance… seul compte véritablement la Connaissance qui mène à la délivrance du Samsâra.

Selon les Brâhmanas, l’officiant édifie son soi, Atman, grâce au rituel du sacrifice et acquiert son intégrité spirituelle, à l’image de Prajâpati qui recouvre sa totalité après son œuvre de création. Les Upanishads précisent que sans une méditation sur l’Atman, le sacrifice reste incomplet…

D'après le thème du Samsâra. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème du Samsâra. (Marsailly/Blogostelle)

Pour les rishis éclairés, l’Ignorance est la cause originelle des actes qui rendent prisonnier du cycle de la transmigration, le Samsâra.

La pensée spirituelle hindoue et la loi de la transmigration
Dans le monde hindou, une série de causes et d’effets résultent de toute action… Les Brâhmanas évoquent le Karman, qui signifie Acte, et qui renvoie à la Loi de Causalité Universelle. Les Brâhmanas mentionnent aussi l’activité rituelle et ses conséquences bénéfiques pour atteindre le monde divin après la mort.

Selon le Brâhmanisme, l’accès ou non à la béatitude est liée à la pratique du sacrifice. Avec les Upanishads, la conception spirituelle du karma évolue et aboutie à l’idée qu’une série de causes et d’effets résultent de toute action, en vertu de la loi de causalité universelle.

L’âme réincarnée est soumise à la loi de la transmigration, le Samsâra. Cette conception domine dans la pensée philosophique et spirituelle hindoue mais aussi dans les doctrines du Bouddhisme et du Jaïnisme.

TEXTES SACRÉS DE L’INDE ANCIENNE
Le Rig-Veda (1028 hymnes en sanskrit) : entre 1500 ans avjc et 800 ans avjc. Les Brâhmanas (commentaires en prose des Vedas) : entre les Xe siècle et VIIe siècle avjc. Les Upanishads védiques (textes sacrés en sanskrit) : entre le VIe siècles avjc et le IIIe siècle avjc. Le Vedanta (en sanskrit la fin des Vedas) : entre 700 ans et 300 ans avjc pour les écrits les plus anciens. La Bhagavad-Gîtâ : IVe siècle avjc. Les Upanishads moyennes : entre 500 et 200 ans avjc.

Les rishis méditent sur la Connaissance métaphysique
Le terme Samsâra apparaît dans les Upanishads mais l’origine de cette doctrine est inconnue… Son principe est que la vie humaine doit être utilisée comme une possibilité de se libérer des liens du karman (sanscrit) ou karma.

Le but de l’effort spirituel des sages est d’obtenir la délivrance nommée Moksha. Tout acte (karman) profane ou spirituel renforce et perpétue la transmigration… Mais pour les rishis, la libération ne peut pas s’obtenir uniquement par le sacrifice…

… ou grâce aux relations que l’on entretient avec les dieux, ou par la pratique de l’ascèse ou de la charité. C’est pourquoi les sages et les mystiques rishis cultivent la méditation sur la Connaissance métaphysique pour atteindre la délivrance du Samsâra…

D'après l'idéal du sage rishi : “de l’obscurité conduit moi à la lumière… de la mort conduis moi à l’immortalité… du Non-Être conduis moi à l’Être…” (Illustration Marsailly/Blogostelle.)

D’après la quête du rishi : la Connaissance ou Gnose. (Marsailly/Blogostelle)

L’idéal du rishi : de l’obscurité conduit moi à la lumière… de la mort conduis moi à l’immortalité… du Non-Être conduis moi à l’Être…

La gnose devient la quête essentielle des sages hindous
Les rishis hindous appréhendent la connaissance liée aux rituels et à la théologie sur un autre plan, celui de la Gnose, la seule science qui selon eux permet de saisir la réalité ultime et absolue. Cette Connaissance d’ordre métaphysique devient la quête essentielle des sages.

La Gnose mène à la Sagesse qui révèle la Vérité et le Réel… que l’Ignorance, nommée Avidya, empêche de percevoir… Les êtres humains évoluent aveuglément dans l’Avidya et ignorent les conséquences de leurs actes (karman).

Pour les rishis éclairés, l’Avidya est la cause originelle des actes qui rendent prisonnier du cycle de la transmigration. L’Ignorance crée et renforce la loi universelle de cause à effet qui engendre sans fin les séries de réincarnations du Samsâra en fonction du karma de chacun des êtres vivants…

Différentes voies de délivrance s’intègrent dans l’Hindouisme
Selon les doctrines de l’Hindouisme, la libération est possible grâce à la Connaissance, appelée Vidya ou Jnâna. Mais certaines écoles philosophiques ou spirituelles associent à cette quête les vertus libératrices de la dévotion mystique…

… ou des techniques et des exercices physiques et psychiques, comme dans la pratique du Yoga. Différentes voies de délivrance du Samsâra sont reconnues et s’intègrent dans l’ensemble de la culture philosophique et religieuse de l’Inde.

La Bhagavad-Gîtâ, un long poème mystique…
Vers le IVe siècle avjc, la Bhagavad-Gîtâ, grand poème mystique, concentre et synthétise toutes les évolutions de la pensée spirituelle de l’Inde ancienne… On peut mettre en lumière quatre thèmes essentiels reliés les uns aux autres…
– Ignorance-Avidya
– Acte-Karman
– Loi universelle de causalité-Samsâra
– Délivrance-Moksha par la Connaissance-Vidya.
Ces thèmes illuminent les Upanishads, fondent et alimentent les développements futurs de la vie philosophique et spirituelle hindoue…

D'après la Bhagavad-Gîtâ, sur un manuscrit du XIXe siècle apjc. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après la Bhagavad-Gîtâ, sur un manuscrit du XIXe siècle apjc.(Marsailly/Blogostelle)

Composée vers le IVe siècle avjc, les 700 versets de ce long poème mystique s’insèrent au centre de l’épopée du Mahâbhârata.

Les 700 versets de la Bhagavad-Gîtâ
Parmi les textes fondamentaux de l’Hindouisme, la Bhagavad-Gîtâ se présente sous une forme littéraire poétique. Ses 700 versets sont insérés au centre de la grande épopée anonyme du Mahâbhârata.

Cet ouvrage sacré, dont le nom signifie le chant du Seigneur, apparaît comme un abrégé de la doctrine védique. Le dieu Krishna, avatar (incarnation, manifestation) de Vishnu, prend la forme d’un conducteur de char et expose au jeune guerrier Arjuna sa doctrine.

L’enseignement prodigué par Krishna est centré sur l’action, la discrimination, la connaissance et la dévotion… Le Mahâbhârata raconte une terrible guerre entre les cinq fils de Pandou et leurs cousins, les Kaurava…

Bloc-notes + Pour Le Mahâbhârata, consulter le document de l’Unesco unesdoc.unesco.org/images/0007/000783/078371fo.pdf

DE L’UN-TOUT À L’EXPÉRIENCE DE LA LUMIÈRE…

Dès le début des temps védiques, le nom qui s’impose pour désigner le principe premier est Brâhman. Les plus anciennes Upanishads invitent à saisir l’Être Premier, l’Un-Tout à l’origine de l’univers, du monde, de la vie et du sens de l’existence humaine. La quête de la sagesse aboutit à une fusion Atman et Brâhman et à une expérience intérieure de la lumière…

D'après le thème de la méditation qui mène le sage à l'illumination... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de la méditation qui mène le sage à l’illumination… (Marsailly/Blogostelle)

L’expérience de la lumière intérieure permet au rishi d’approcher le mystère de la création…

L’Être Premier, Illimité, Impensable et Éternel…
Dans le Rig-Veda le principe premier est identifié à l’Un. Dans les Brâhmanas, il est nommé Prajâpati ou Brâhman. Ce principe premier renvoie au sacrifice cosmique originel et à la sacralité des rituels.

Plus tard, les rishis, les sages et les mystiques hindous cherchent à appréhender ce principe premier grâce à la méditation et à la gnose. Les rishis des Upanishads apparaissent comme des successeurs des “Voyants” de l’époque védique, ceux qui voient grâce à leur clarté intérieure…

Ces personnages rappellent aussi les poètes philosophes de l’époque des Vedas… On rencontre déjà dans la doctrine des Vedas les notions de Dieu identifié à l’Esprit, du Réel assimilé à la Lumière…, et l’Être Premier se présente comme Illimité, Impensable et Éternel…

Brâhman, l’Être Premier est à la fois le Un et le Tout…
Dans le monde hindou, l’Être Premier est à la fois le Un et le Tout… Il est le Créateur et le Seigneur des mondes… Parfois, on identifie l’Être Premier à l’Univers ou à Purusa, à la Personne dans le Soleil, dans la Lune ou dans la Parole… ou encore dans l’Illimité qui préserve le cosmos et la vie…

Dès les Vedas, le nom pour désigner le principe premier est Brâhman. Il est dit que son corps est la Vie, sa forme la Lumière et son âme l’Espace (Chândogya Upanishad)…

Brâhman, mon Atman dans le cœur
La nature de Brâhman est purement spirituelle. Il est le monde dans sa totalité. Brâhman est aussi mon Atman dans le cœur, plus petit qu’un grain d’orge… ou de moutarde…. Mais il est également plus grand que la Terre, plus grand que l’Atmosphère… Brâhman contient tous les actes, tous les désirs, le monde entier et, au moment de la mort, on rentre en Brâhman.

D'après Brâhma-Prajâpati, principe premier dans les Brâhmanas. (Marsailly/Blogostelle)

D’après Brâhma-Prajâpati, principe premier dans les Brâhmanas. (Marsailly/Blogostelle)

Dans la tradition spirituelle hindoue, Brâhma s’identifie à l’Un qui est à la fois le Tout…

L’Au-delà… au sein du monde de Brâhman
Selon les doctrines hindoues, il existe plusieurs interprétations du destin de l’être humain après sa mort : – L’union du Soi et de l’Être Universel après la mort renvoie à une immortalité impersonnelle, où le Soi se fond dans sa source originelle Brâhman…

– La doctrine évoque aussi ceux qui comprennent le symbolisme caché des 5 flux. Ils traversent les différentes régions cosmiques pour atteindre le monde de l’éclair où, un être spirituel (Purusa Manasa), né de l’Esprit, les guide jusqu’au monde de Brâhman. Dans ce cas, il s’agit d’un état d’existence sans retour sur Terre…

Le Soi s’identifie à l’Être Universel
Comme Purusa dans le Rig-Veda, Brâhman est immanent dans le monde. Mais il apparaît distinct du Cosmos tout en étant omniprésent dans toutes les choses cosmiques. Brâhman apparaît comme transcendant…

La tradition spirituelle hindoue précise que sous la forme d’Atman, l’Âme Universelle, Brâhman habite le cœur de l’être humain… Dans le brâhmanisme, il existe une identité entre le Soi et l’Être Universel. Au moment de la mort, le Soi de Celui qui Sait s’unit au Brâhman… Pour les êtres humains qui n’ont pas atteint l’Illumination comme le rishi ou le sage, ils restent soumis à la loi de la transmigration, le Samsâra…

La même lumière qui brille à l’intérieur de l’homme…
Le sage concentre sa méditation sur Atman et Brâhman. Il appréhende et construit ainsi son propre soi, associé à une expérience de lumière intérieure… La Lumière est l’expression ou l’image de l’Atman comme de Brâhman. Brâhman, est qualifié de pure lumière des lumières.

La Chândogya Upanishad mentionne aussi la lumière qui brille plus haut que le ciel et explique: En contemplant cette très haute lumière, au-delà des ténèbres, nous atteignons le Soleil… La lumière qui brille au-delà du ciel… est en vérité la même lumière qui brille à l’intérieur de l’homme…

Les textes évoquent aussi l’Atman comme une lumière dans le cœur… Le sage atteint la sérénité par la plus haute lumière, l’Atman. Cette conception renvoie à la correspondance entre macrocosme et microcosme et la réunion intérieure du Soi de l’être humain et du Soi Universel Cosmique…

D'après le thème de la Lumière, symbole de l’Atman et de Brâhman. (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de la Lumière, symbole de l’Atman et de Brâhman. (Marsailly/Blogostelle)

Brâhman, est qualifié de Pure Lumière des Lumières.

Dans le Rig-Veda, le Soleil incarne la Vie ou l’Atman…
À l’époque védique, la Lumière ou le Soleil sont déjà ressentis comme des épiphanies, des apparitions ou des manifestations de l’Être ou de l’Esprit de l’immortalité et de la procréation… Dans le Rig-Veda, le Soleil incarne la Vie ou l’Atman, l’âme universelle de toute chose, le Soi de toute chose… Ceux qui consomment la boisson sacrée, le soma, atteignent la lumière, accèdent au monde des dieux et deviennent immortels…

Le sage hindou sait que chacun possède un soi immortel…
L’expérience de la lumière intérieure permet au rishi d’approcher le mystère de la création et de saisir son propre mode d’être. Le sage hindou sait que tout être humain est prisonnier de la loi de causalité universelle selon ses actes, c’est-à dire son karman ou karma. Il sait aussi que chacun possède un soi immortel, Atman qui relève du Soi Universel, l’Atman…

La nature paradoxale et métaphysique de Brâhman
Le rishi est capable de percevoir la nature paradoxale et métaphysique de Brâhman et ses deux modes d’être : un mode absolu, spirituel et impersonnel, et un mode relatif, matériel et personnel. Le premier renvoie à une forme immortelle, le second à une forme corporelle et mortelle…

Dans les Upanishads, identifié à la divinité suprême, supérieure à la matière, Brâhman apparaît sur un mode d’être impersonnel… et, en tant que Purusa, sa Personne se situe au-dessus des modalités impersonnelles parce que non-manifestées…

De Purusa aux mille et une formes de conscience…
Dans les Upanishads, la pensée spirituelle tend à concentrer la totalité cosmique et la conscience en un seul principe, une conception déjà esquissée dans le Rig-Veda… Dans la Katha Upanishad, l’esprit universel se nomme Purusa et se situe au-dessus de tout…

Dessous, vient le non-manifesté, Avyakta, qui relève du monde spirituel et du monde matériel… Plus bas, on rencontre le Grand Soi, Mahân Âtman, qui représente l’esprit manifesté dans la matière… Viennent ensuite les mille et une formes de conscience… Dans Brâhma, infini et impérissable, sont cachées la connaissance qui donne l’immortalité et l’ignorance assimilée à la mortalité.

Le Cosmos et la Vie résultent des deux modalités de l’être primordial dont les énergies se conjuguent. C’est pourquoi le rishi médite sur le principe paradoxal de Brâhman. La méditation apporte la compréhension de l’existence humaine et de sa situation dans le cosmos…

Un jeu divin, Lîlâ, ou une illusion, mâyâ
Pour le sage hindou, la Délivrance revient à saisir le mystère de la manifestation cosmique de l’Un-Tout… Le processus cosmique est parfois interprété comme un jeu divin, Lîlâ, ou comme une illusion, Mâyâ…

Le désir de connaissance ou l’épreuve peuvent pousser l’être humain à sortir de son ignorance et à partir en quête de la liberté absolue, Moksa. Si l’existence humaine est soumise à la loi de causalité universelle, Karman, elle participe aussi de l’âme universelle, Atman…

D'après le thème de Brâhman, dieu immanent dans la nature entière et dans toutes les formes de vie... (Marsailly/Blogostelle.)

D’après le thème de Brâhman, dieu immanent dans la nature entière et dans toutes les formes de vie… (Marsailly/Blogostelle)

Identifié à Rudra-Çiva, Brâhman est le créateur et le destructeur des mondes…

Le Seigneur Rudra-Çiva et Prakriti, la Nature
La pensée spirituelle de l’Inde se nourrie également d’une réflexion sur l’Être absolu, Brâhman, associé à la dévotion d’un dieu personnel Rudra-Çiva. Le triple Brâhman est un dieu immanent dans la nature entière et dans toutes les formes de vie… Identifié à Rudra-Çiva, le dieu est à la fois créateur et destructeur des mondes.

La Nature, c’est Prakriti, et c’est aussi la Mâyâ du Seigneur Rudra-Çiva. La Mâyâ de Rudra-Çiva correspond à sa magie créatrice qui enchaîne les êtres… Depuis l’époque védique, comme pour Varuna, la Mâyâ assimilée à une énergie magique ou créatrice, est l’instrument et le privilège des dieux suprêmes…

La création, émanation divine ou jeu cosmique…
Dans le monde spirituel hindou, la création cosmique peut finalement être perçue soit comme le résultat d’une émanation divine soit comme un jeu dans les filets duquel les être humains, aveuglés par leur ignorance, se laissent enfermer…

La clairvoyance et la libération sont possible grâce au Sâmkhya, la réflexion philosophique, et au Yoga, dont la pratique s’accompagne de techniques psychiques et physiques. Le Yoga devient une voie de délivrance à côté de la gnose, la Connaissance exaltée dans les Upanishads…

Voir aussi les articles 
Le Sacré en Inde, rituels, cosmogonie, doctrine védique
Le Sacré en Inde, Prajâpati, Brâhman et Atman
Le Sacré en Inde, du rite à la métaphysique

La philosophie Sâmkhya : Atman-Purusa et Prakriti.
Les techniques ascétiques et les méthodes de méditation sont déjà élaborées dans les premiers traités de Yoga. On dissocie le Soi, Atman, identifié à un principe spirituel, de l’expérience mentale et des pulsions qui relèvent de la Nature, nommée Prakriti…

Le Soi du pratiquant, purifié du monde des expériences, se fond en Brâhman, l’Être Total… Et le Soi est considéré comme immortel. La philosophie Sâmkhya fonde sa réflexion sur le mode d’être du Soi, Atman-Purusa et sur les éléments de la Nature.

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