D'après un texte sumérien, Mésopotamie, ouverture. (Marsailly/Blogostelle)
ORIENT ANCIEN

Des peuples néolithiques du Levant… au génie de Sumer (deuxième partie)

Mésopotamie : céramique, architecture, écriture

Des premières villes de l’Histoire à la création de l’écriture (deuxième partie)… Dès les IXe et VIIIe millénaire avjc, les peuples du Levant néolithique bâtissent les premiers villages et les premières cités de l’histoire de l’Humanité… Sur le plateau iranien, on fonde la cité de Suse et sa nécropole à la fin du cinquième millénaire avjc. Au IVe millénaire avjc, les artistes de Samarra et de Halaf, en Mésopotamie, créent des modèles originaux de céramiques. On construit des temples à Obeid et à Eridu… Puis, à la fin du IVe millénaire avjc, l’écriture naît à Sumer…

Lire auparavant Des peuples néolithiques du Levant… au génie de Sumer (première partie), les premières cités de l’histoire…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière mise à jour novembre 2018 –

D'après une coupe, silhouettes à longues chevelures, terre cuite peinte, Samarra, vers 5000 avjc, Tell es-Sawwan, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une coupe, silhouettes à longues chevelures, terre cuite peinte, Samarra, vers 5000 avjc, Tell es-Sawwan, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES
Période néolithique : VIIIe millénaire avjc – IVe millénaire avjc Le Levant précurseur du néolithique aux VIIIe et VIe millénaires avjc : agriculture et élevage – VIIe millénaire avjc : Jérico, en Jordanie (Palestine) – VIe millénaire avjc : Çatal Höyük et Haçilar en Anatolie, (Turquie) – VIe, Ve et IVe millénaire avjc : Samarra, Halaf, Obeid, Eridu, en Mésopotamie, Tépé Gaura en Assyrie – IVe millénaire avjc : Suse, Tepé Sialk, et Luristan en Iran. –– L’écriture à SUMER vers 3300 avjc. Chronologie générale Proche et Moyen Orient antiques

LA CRÉATIVITÉ DES ARTISTES DE SAMARRA ET DE HALAF

En Mésopotamie, on commence à cultiver les plaines irrigables, comme aussi dans la vallée du Haut Tigre… Différentes aires culturelles se développent alors en divers endroits, selon un mode de vie néolithique… De Samarra à Halaf, les artistes créent des modèles inédits de céramiques…

De Hassuna à Samarra
Les artistes créent aussi de fines céramiques à décors tournoyant… Hassuna, Samarra et Halaf sont alors des centres de culture particulièrement innovants. Au tout début de la période, en Assyrie, entre 5700 ans et 5400 ans avjc, on fabrique des poteries assez grossières dans la région de Hassuna. Les peuples pratiquent l’élevage mais ne connaissent pas encore l’irrigation… Puis la culture de Samarra, site actuel de Tell-es-Sawwan, supplante celle de Hassuna…

D'après une figure féminine, albâtre et bitume, vers 5800-5500 avjc, nécropole de Samarra, Tell es-Sawwan, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une figure féminine, albâtre et bitume, vers 5800-5500 avjc, nécropole de Samarra, Tell es-Sawwan, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les maisons de Samarra
Dans les régions de Mésopotamie, on commence à élaborer une forme d’architecture qui préfigure un canon mésopotamien… Vers 5500 ans avjc, les habitants de Samarra maîtrisent maintenant l’irrigation… Ils vivent dans des maisons indépendantes construites en briques crues, de plan quadrangulaire.

Deux salles centrales s’ouvrent sur des chambres
On aménage l’espace de vie en deux grandes salles entourées de chambres… Créatifs, les bâtisseurs de Samarra associent une recherche d’équilibre et d’harmonie à un souci fonctionnel. Ils posent ainsi les fondements de l’architecture mésopotamienne, que l’on retrouvera ensuite à l’époque de Sumer… Les artistes créent aussi des céramiques peintes et sculptent l’albâtre…

D’après une statuette féminine parée d’un collier, albâtre, vers 5800 avjc, nécropole de Samarra, Tell es-Sawwan ; e schéma d’une maison de Samarra, vers 5500 avjc, Tell es-Sawwan ; et une figurine en albâtre et incrustation bitume, vers 5800-5500 avjc, Bagdad ; Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les statuettes en albâtre de Samarra
Les habitants de Samarra inhument les défunts dans des tombes, accompagnés d’un mobilier funéraire. On dépose là quelques vases en pierre et des statuettes en albâtre. Le plus souvent, les sculptures sont des figures féminines nues, aux formes simplifiées et aux visages très schématiques. Quelquefois, on dépose aussi des représentations d’hommes nus.

Certaines figures féminines et masculines mesurent seulement quelques centimètres de haut, de 4 à 5 centimètres. D’autres statuettes peuvent atteindre 13 à 15 centimètres. L’une d’elle, parée d’un collier, impressionne par ses yeux incrustés qui donne de la force à son regard, à sa présence…

D'après un vase peint, visage, terre cuite, Samarra, Tell es-Sawwan, Irak actuel, IVe millénaire avjc, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un vase peint, visage, terre cuite, Samarra, Tell es-Sawwan, Irak actuel, IVe millénaire avjc, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

De la vaisselle en céramique peinte
Vers 5000 ans avjc environ, les artistes de Samarra façonnent de belles coupes assez profondes en céramique. Ils rehaussent leurs modèles de décors peints variés… Des figures stylisées semblent tournoyer, des capridés (chèvres, bouquetins…), des oiseaux ou encore des femmes à la chevelure en désordre viennent animer le décor de ces terres cuites élégantes et raffinées…

Un art savant de la composition
Les artistes de Samarra jouent sur des schémas géométriques simples pour organiser la mise en scène de leur décor. Le mouvement tournoyant des motifs stylisés se déploie le plus souvent en étoile, en croix ou encore selon le dessin du svastika (ou swastika).

D’après des coupes peintes, à décor tournoyant et symétriques, terres cuites, Samarra, vers 5000 avjc, Tell es-Sawwan, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

L’ensemble des compositions crée un savant mélange de thèmes abstraits mariés à des motifs naturalistes stylisés… Le tournoiement du décor suggère un mouvement circulaire qui possède peut-être alors une signification symbolique ou sacrée, au-delà du désir esthétique…

LA CULTURE DE HALAF

Les céramiques des artistes de Halaf
Au Ve millénaire avjc, non loin de la frontière turque, dans les plaines de la Syrie du Nord, s’épanouit la florissante culture de Halaf (site actuel de Tell Halaf en Syrie). Dans cette région, on construit de simples maisons rondes, sortes de tholos (monument circulaire), dont la forme circulaire s’inspire probablement de l’ancestrale tente des nomades… Les artistes créent des petites statuettes et des céramiques au profil caréné.

D’après des céramiques peintes, style de Halaf, vers 5000-4000 ans avjc, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Un décor stylisé et peint en couleurs
Les potiers de Halaf appliquent un décor peint polychrome sur leurs modèles en céramique. Ils composent des décors avec des motifs de bucranes (crâne et cornes de bovidé), s’inspirent d’un monde végétal à la fois luxuriant et irréel, ou encore élaborent des rosaces… Un esprit de stylisation poussé à l’extrême anime le dessin. Cet art de Halaf connaît son apogée vers 4500 ans avjc.

DES STATUETTES FÉMININES ET DES CACHETS GRAVÉS

La déesse-serpent et le Maître des Animaux
Au cinquième millénaire avjc, les artistes mésopotamiens créent des figurines en terre cuite et gravent des cachets… Parmi les représentations de la plantureuse déesse-mère, on rencontre parfois une figure féminine à tête de serpent qui porte un enfant…

D’après une figurine façonnée en terre cuite, période d’Obeid, Ve millénaire avjc, Tello, Irak actuel ; et des nudités féminines, terres cuites peintes, Ve millénaire avjc, culture de Halaf, Syrie, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Le serpent se rattache symboliquement à l’univers souterrain, au terreau fertile et au monde des morts… il s’agit sans doute d’une divinité chthonienne de la fertilité…

Sur les cachets, des décors en miniatures s’inspirent souvent du monde animal et du mythique Maître des Animaux. Ce personnage masculin archaïque arbore une tête de bouc ou de bouquetin.

D'après une déesse allaitant à tête de serpent, Ve millénaire avjc, néolithique, Ur, Irak, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une déesse allaitant à tête de serpent, Ve millénaire avjc, néolithique, Ur, Irak, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

On le rencontre dans toutes les contrées de l’Orient Ancien et jusqu’en Inde néolithique… En Mésopotamie, il symbolise sans doute les puissances de la Nature qui vivifient le monde animal, fauves et gibiers…

Une étrange déesse-mère à tête de serpent allaite son enfant… et comme en Inde néolithique, on rencontre le thème d’un personnage mythique ou sacré qui évoque le Maître des Animaux…

D’après un boisseau, à motif de Serpent, terre cuite peinte, vers 4200 – 3800 avjc, nécropole de Suse ; le Maître des Animaux, cachet gravé, vers 3800 avjc, Luristan, butin de Suse ; et le Maître des Animaux et serpents, cachet, vers 4200 – 3800 avjc, Suse ; Iran actuel, néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

DE OBEID À TEPE-GAURA EN MÉSOPOTAMIE

Vers 4400 ans avjc, la culture d’Obeid, du nom d’un village néolithique, supplante celle de Halaf. Les artistes créent une céramique de qualité dans les nuances de vert ornée de motifs géométriques et modèlent des figurines…

D'après une terre cuite peinte, Taureau, style d'Obeid, vers 4000-3500 avjc, Tello, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une terre cuite peinte, Taureau, style d’Obeid, vers 4000-3500 avjc, Tello, Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Briques crues, pisé et bois, céramiques peintes…
À Obeid comme à Tépé-Gaura (Irak actuel), les architectes utilisent des briques crues, du pisé et du bois pour construire des habitations à terrasse. Les angles de ces maisons rectangulaires sont orientés vers les quatre points cardinaux…

Certaines habitations, sans doute des résidences royales ou des maisons destinées à de hauts personnages, se distinguent des autres par le soin apporté à leur construction élaborée.

D’après une poterie de l’époque d’Obeid, vers 4700 – 4200 avjc ; une terre cuite peinte, Obeid, Ve millénaire avjc, Tello ; et une céramique peinte, décor géométrique, période d’Obeid, Ve millénaire avjc, Tello ; Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

L’ARCHITECTURE MÉSOPOTAMIENNE PREND SES MARQUES…

De Obeid à Eridu…
Vers 4000 ans avjc, les bâtisseurs érigent le temple d’Eridu, la ville du grand dieu sumérien Enki (Ea akkadien). Dans la mythologie sumérienne, on considère Eridu comme la première cité à recevoir la royauté descendue du Ciel… L’architecture à Obeid et à Eridu inaugure une véritable conception de l’organisation urbaine…

Les bâtisseurs élèvent des temples à nef centrale
Des constantes architecturales voient ainsi le jour… Selon le principe mésopotamien, on pénètre dans les édifices sacrés par une entrée coudée. Les architectes élaborent une nef centrale qui s’ouvre sur des salles latérales…

… Un escalier permet d’accéder au niveau du toit. Des pilastres en saillie ou en renfoncement portent un décor qui évoque les bottes de roseaux des huttes ancestrales. Les artistes décorateurs exploitent les jeux de l’ombre et de la lumière…

D’après les vestiges de maisons néolithiques, période d’Obeid, vers 5000-4000 ans avjc ; et le plan du temple d’Eridu, période d’Obeid, vers 4000 ans avjc ; Irak actuel, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Vers 4000 ans avjc, l’architecture traditionnelle mésopotamienne prend forme. Elle se distingue par plusieurs éléments…

  • Un plan rectangulaire
  • 4 angles orientés selon les 4 points cardinaux
  • Une salle centrale (nef)
  • Des pièces sur les côtés
  • L’accès par un escalier sur le toit

Le temple d’Eridu et sa terrasse
Le temple d’Eridu (situé actuellement en Irak) s’élève sur une terrasse construite en escalier, dont le schéma annonce les futures tours mésopotamiennes à étages, les ziggourats. Pour l’élévation de leurs édifices sacrés, les constructeurs conçoivent un plan rectangulaire…

… Les temples mésopotamiens possèdent un chevet plat, une nef centrale et des salles sur les côtés avec des vestibules. Un escalier conduit les visiteurs au premier étage. Les architectes prévoient aussi de nombreuses portes pour faciliter les allées et venues des nombreux participants aux activités cultuelles…

D’après un édifice miniature, Ve millénaire avjc, Iran ancien, période néolithique ; les plans des trois édifices de Tépé Gaura, vers 3800 ans avjc, Assyrie ; et un capridé, période d’Obeid, céramique peinte, vers 5000 – 4500 avjc, Irak actuel ; Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Les édifices de Tépé-Gaura
Sur le site de Tépé-Gaura, on érige trois édifices dont la construction est particulièrement soignée. Ces ouvrages d’architecture sont sans doute des espaces sacrés ou des résidences de chefs. On retrouve en ces lieux le principe du plan rectangulaire, de la nef centrale, des salles sur les côtés et de l’entrée en coudée.

L’ART NÉOLITHIQUE À SUSE

Vers 4000 ans avjc, une civilisation néolithique s’épanouit aussi sur le plateau iranien… La ville de Suse et sa nécropole sont fondées dès la fin du cinquième millénaire avjc. Les artistes de Suse créent de belles céramiques à pâte fine, au décor brun peint sur un fond blanc-crème…

D'après une coupe à pied, céramique peinte à bouquetins, vers 3500 ans avjc, Suse, Iran actuel, période néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une coupe à pied, céramique peinte à bouquetins, vers 3500 ans avjc, Suse, Iran actuel, période néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

Des motifs stylisés d’oiseaux et de bouquetins…
Dans un style assez proche de celui des modèles que l’on rencontre partout en Mésopotamie, on retrouve à Suse des motifs stylisés de bouquetins, d’échassiers, de canidés… et des jeux géométriques…

… Mais les motifs de prédilection des artistes de Suse sont les fauves, les capridés et les serpents. Ils dessinent aussi des oiseaux stylisés et jouent sur la répétition de motifs géométriques, notamment des zigzags…

La coupe et le boisseau, terres cuites peintes
Vers 4000 ans avjc, à l’époque de la fondation de Suse, la céramique apparaît comme le support privilégié des artistes pour s’exprimer… Ces pièces de terre cuites sont alors déposées dans les tombes.

La coupe profonde et le boisseau (qui correspond à une mesure de blé) sont les deux formes les plus exploitées dans les créations de Suse. Ces modèles en céramique sont animés de décors animaliers et géométriques.

D’après une céramique à décor peint, tortue, IVe millénaire avjc, Suse ; un vase caréné, à motifs de plumes, vers 4200-3800 avjc, Suse ; et une coupe peinte, à décor symétrique, vers 4000 ans avjc, Suse, Iran actuel, période néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

Sur l’une des coupes, deux scènes semblent se répondre, en symétrie, à l’envers et à l’endroit… En haut, deux arbres évoquent la végétation, entre lesquels apparaît un personnage stylisé… peut-être une divinité… ou le genre Humain… En bas, le dessin géométrique rappelle le courant de l’eau d’où émerge la Vie, une barque, ou encore la Montagne, avec des arbres têtes en bas, mais le personnage a disparu…

D'après une céramique peinte Tepe Sialk, vers 3500 ans avjc, Suse, Iran actuel, période néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une céramique peinte Tepe Sialk, vers 3500 ans avjc, Suse, Iran actuel, période néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

Les artistes de Suse composent des décors en registres
Sur l’un des vases en boisseau provenant de la nécropole de Suse, le décor organisé en registre met en lumière une frise d’échassiers au long cou, une série de chiens courants, et plus bas, un bouquetin barbu qui porte des cornes gigantesques… La ligne élancée du boisseau favorise la répartition des motifs très stylisés et géométriques, dans un esprit décoratif, qui n’exclut pas une dimension symbolique de l’ensemble…

… Les cornes du capridé semblent contenir ou circonscrire un motif circulaire au cœur duquel on aperçoit un épi de blé. La disposition des motifs très stylisés évoque un mouvement circulaire… dans les deux sens. Les oiseaux et les canidés semblent se mouvoir dans un sens opposé. Ce mouvement tournoyant évoque peut-être une notion de cycle, comme celui des saisons et celui de la végétation… comme le moment de la récolte du blé…

D'après un boisseau, céramique peinte, animaux stylisés, vers 4000 ans avjc, Suse, Iran actuel, néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un boisseau, céramique peinte, animaux stylisés, vers 4000 ans avjc, Suse, Iran actuel, néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

Le personnage mythique du Maître des Animaux
Sur le plateau iranien comme en Mésopotamie, l’iconographie évoque les forces de la nature, personnifiées parfois par un personnage à tête de bouquetin ou de bouc, dont le bas du corps est revêtu d’écailles…

On le retrouve à Suse, où les artistes de la glyptique gravent des cachets ornés de scènes miniatures, parmi lesquelles figure le traditionnel Maître des Animaux…

On peut voir aussi des scènes de culte et des fauves à la chasse… Le thème iconographique des fauves attaquant leurs proies, antilopes ou capridés, va perdurer très longtemps dans l’Art Oriental… Parfois l’animal sauvage se retrouve abattu pour symboliser une victoire royale…

D’après le thème du Maître des Animaux ; une scène cultuelle sous l’égide du Soleil et de créatures mythiques (des masques?) ; et un Léopard à la chasse, vers 3800 avjc, cachets gravés, Luristan, butin de Suse, Iran actuel, néolithique, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

À SUMER, ON INVENTE L’ÉCRITURE

C’est dans le Sud du pays de Sumer que naît l’écriture, vers 3300 ans avjc… Au IVe et IIIe millénaires avjc, la vie culturelle et économique florissante favorise les grandes découvertes… On invente ainsi la roue, le tour de potier, la technique du cuivre moulé et… l’écriture. À Sumer, on écrit sur des tablettes d’argile, sur la pierre, puis plus tard sur le métal et le papyrus…

D'après des pictogrammes sumériens, liste de noms inscrits dans le calcaire, IVe millénaire avjc, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des pictogrammes sumériens, liste de noms inscrits dans le calcaire, IVe millénaire avjc, Mésopotamie néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Un temple, un roi-prêtre, des scribes…
Les peuples mésopotamiens se concentrent dans des cités, comme à Uruk, une ville prospère qui commerce pour se fournir en pierres et en métaux. C’est au cours de cette même période que les canons de l’architecture sumérienne se précisent…

On construit des temples destinés à la divinité tutélaire de la cité. Le temple joue aussi le rôle de centre administratif et du pouvoir, incarné par un roi-prêtre ou roi divinisé, à la fois chef politique et chef spirituel… L’administration s’organise et les scribes consignent de nombreuses informations…

D'après des pictogrammes incisés au calame dans la terre crue, vers 3300 avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après des pictogrammes incisés au calame dans la terre crue, vers 3300 avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Tablettes d’argile et calames de roseau
Dans un premier temps, il apparaît aux Sumériens que l’invention de l’écriture devient nécessaire pour faciliter l’administration de la cité et la gestion des activités commerciales… On utilise alors l’argile, le limon du fleuve Euphrate, pour façonner des tablettes sur lesquelles on imprime des signes à l’aide d’un calame de roseau.

Dans la région de Suse (Iran actuel), qui entretient des liens étroits avec la Mésopotamie sa voisine, on adopte le système d’écriture sumérien… On parle alors d’écriture proto-élamite…

LE SUMÉRIEN, L’AKKADIEN… LE CUNÉIFORME, L’ARAMÉEN

Bloc-notes + Une aventure ? L’épopée de Gilgamesh (Mésopotamie) : des tablettes du XIIIe siècle avjc racontent l’épopée du roi Gilgamesh en quête d’immortalité… (il aurait régné vers 2600 avjc sur la cité d’Uruk (ou Ourouk )… Un livre ? L’Histoire commence à Sumer, de Samuel Noah Kramer (1956).

D'après un texte sumérien, le prêtre Lu'enna annonce au roi de Lagash la mort de son fils, vers 2400 avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un texte sumérien, le prêtre Lu’enna annonce au roi de Lagash la mort de son fils, vers 2400 avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Des signes composés et des symboles-racines
Au commencement, l’écriture comporte 800 signes pour exprimer le langage sumérien. Chaque signe représente un mot : un logogramme ou une idée : un idéogramme. Puis, pour exprimer davantage de choses, on crée des signes composés qui permettent d’associer plusieurs éléments, mots et idées…

On invente aussi des signes autour d’un même symbole-racine pour exprimer une famille de choses dont les sens sont proches… Mais il fallait rendre plus précis et plus clair encore le sens des écrits, trop sujets encore à interprétations…

D'après une tablette d'argile, écriture dite proto-élamite, vers 3100-2850 avjc, pays d'Elam, Iran actuel, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une tablette d’argile, écriture dite proto-élamite, vers 3100-2850 avjc, pays d’Elam, Iran actuel, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

De la méthode globale à la méthode syllabique
Pour noter des phrases et créer des éléments de grammaire, on invente des signes-sons, des phonogrammes : l’idéogramme devient son… L’écriture devient syllabique et les signes se schématisent de plus en plus…

Différentes langues, un même système d’écriture
De nombreux documents en d’autres langues sont établis au cours du troisième millénaire avjc à partir de l’écriture sumérienne, dont le système est très complexe. Parfois, les écrits transposent certaines langues de familles et de structures différentes comme le hittite indo-européen…

L’akkadien devient la langue diplomatique…
Les textes de la vie profane sont inscrits dans l’argile. Pour les textes sacrés, votifs ou très importants, on utilise la pierre ou le métal comme supports. Vers 2200 avjc, les scribes de la cité d’Agadé utilisent le système sumérien pour transcrire leur langue sémitique, l’akkadien. Au IIe millénaire avjc, l’akkadien devient la langue diplomatique internationale…

D’après un Kudurru dit Cailloux de Michaux, texte en akkadien, donation d’un père à sa fille, XIe siècle avjc, Babylone ; un contrat en akkadien, location d’un champ, règne d’Abi-eshuh, vers 1711-1684 avjc, Babylone ; et un texte relatif à l’astronomie, cunéiforme, Ier millénaire avjc, Mésopotamie. (Marsailly/Blogostelle)

Au IIe millénaire avjc, on crée l’alphabet cunéiforme
Le premier alphabet composé connu, fondé sur des consonnes, est l’alphabet cunéiforme… On le rencontre au deuxième millénaire avjc (vers 1400 ans avjc) à Ugarit, sur la côte syrienne… Ses signes simplifiés en nombre restreints permettent de transcrire la langue sémitique locale. En Égypte, le pharaon Akhenaton (Aménophis IV) utilise l’écriture cunéiforme pour communiquer avec ses vassaux sur la côte de Syrie-Palestine…

On passe ensuite du cunéiforme à l’Araméen
Au premier millénaire avjc, les peuples araméens se répandent en Mésopotamie… Ils possèdent une forme d’écriture alphabétique plus simple à utiliser, davantage accessible à tous. Les Araméens écrivent sur papyrus, un support léger et facile à transporter. Peu à peu, l’écriture linéaire de l’Araméen supplante l’ancestrale écriture cunéiforme…

D’après une écriture cunéiforme, vers 865-860 avjc, Ier millénaire avjc, Assyrie ; et une dédicace à une divinité, en araméen, stèle en grès, Ve siècle avjc, Arabie, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

Avec l’invention de l’écriture, on entre dans la période historique… Au troisième millénaire avjc, c’est la grande époque de la civilisation de Sumer, dont le mode de vie social et culturel se retrouve adopté par différents peuples de l’Orient Ancien. Au cours de cette période, on érige de puissantes cités en Mésopotamie…

Article suivant : La civilisation sumérienne, du Tigre à l’Euphrate… jusqu’à Suse

Sommaire : l’Art au Proche et Moyen Orient Antiques

Consulter Le sommaire du BLOG

Bloc-notes + Exposition L’histoire commence en Mésopotamie, Louvre-Lens, 2 novembre 2016 – 23 janvier 2017 : louvrelens.fr/documents/10181/121770/Dossier_pedagogique_Mesopotamie_BD.pdf/a8ac2280-e606-4039-9037-0bf4113f7d09?type=pdf

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