De William Blake à William Turner : expérimentation et modernité, au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle

D'après la modernité de William Turner. (Marsailly/Blogostelle)

Blake et Turner rendent l’irréel palpable

L’art au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle (4)… L’art de William Blake se distingue par une intensité visionnaire inédite, dans ses créations visuelles aussi bien que dans ces écrits poétiques. William Turner, de son côté, s’affranchit lui aussi de l’Académie et des canons classiques pour s’aventurer dans de lumineuses expériences picturales… Artistes d’une incroyable modernité, William Blake et William Turner rendent l’irréel palpable, mais de manière très différente… Morceaux choisis…

Lire les premières parties : La plume de William Blake célèbre les noces du Ciel et de l’Enfer… et La mythologie picturale de William Blake… 

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Dernière révision janvier 2020 –

D'après Steam-Boat off a Harbour's Mouth, de William Turner, vers 1842, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Steam-Boat off a Harbour’s Mouth, de William Turner, vers 1842, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Fin XVIIIe siècle en Angleterre : Georges II : 1727-1760, roi de Grande-Bretagne, duc de Brunswick-Lunebourg et prince-électeur du Saint-Empire romain germanique – Georges III : 1760-1820, roi de Grande-Bretagne et roi d’Irlande, puis en 1801, roi du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. En France : Louis XVI : 1774-1792 – Révolution Française 1789 – Convention, Directoire, Consulat – Napoléon Ier : 1804-1814. Louis XVIII (Bourbon) : 1814 – 1824 – Charles X : (Bourbon) 1824 – 1830.

WILLIAM BLAKE ILLUSTRE LA POÉSIE DE DANTE

La Divina Commedia, monumental poème de Dante Alighieri, évoque un cheminement et une ascension menant à l’illumination spirituelle. L’art fantastique de William Blake, imprégné des subtilités du Sublime, rend palpable les mots de l’illustre poète médiéval…

D’après Dante Alighieri, de William Blake, vers 1800-1803, plume, encre et aquarelle, début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Dante Alighieri, de William Blake, vers 1800-1803, plume, encre et aquarelle, début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Dante chemine de l’Enfer aux sphères célestes…

Entre 1824 et 1827, William Blake réalise 102 planches, 7 gravures et des dessins inspirés de La Divine Comédie, de Dante pour répondre à une commande du peintre John Linnell.

Parmi ces œuvres, figurent des créations gravées, imprimées puis colorées à l’aquarelle, comme pour d’autres ouvrages poétiques, des « imprimés enluminés » réalisés par William Blake selon sa technique personnelle…

Dante, accompagné de Virgile, puis de son aimée Béatrice, nous transporte depuis les profondeurs de l’Enfer jusqu’aux lumières du Paradis et des sphères célestes, en passant par le Purgatoire…

D’après Dante et Virgile dans la forêt ; Béatrice et Dante ; et les saints Pierre, Jacques et Jean, avec Dante et Béatrice ; de William Blake, plume, encre, aquarelle, 1824-1827, Divine Comédie, début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

William Blake reste fidèle au texte de Dante

Pour ses illustrations de La Divine Comédie, William Blake reste fidèle au texte de Dante. Cependant, l’artiste apporte aussi sa touche personnelle sur certains des thèmes abordés par Dante, tels le péché, la culpabilité, le châtiment, le Salut…

Certaines œuvres de Blake, dessins ou aquarelles, ainsi que quelques annotations laissent penser que l’artiste se permet une attitude critique vis-à-vis de Dante dont, par ailleurs, il semble apprécier le talent de poète et de penseur…

Voir aussi l’article : Qui êtes-vous Dante Alighieri? (Part I et II).

BLAKE SUBLIME LA FATALITÉ DE LA MORT

The House of Death, l’antre de la Mort

Par ailleurs, dans ses œuvres, William Blake aborde le thème de la mort. L’illustration, nommée par l’artiste The House of Death (La Maison ou L’Antre de la Mort), met en scène Adam, à qui l’archange Michaël révèle les misères et la Mort qui attendent l’Humanité.

Cette image visionnaire renvoie à celle de la maison de Lazare de Paradise Lost (le Paradis perdu) du poète John Milton. Adam et Ève, ayant dégusté le fruit défendu de la Connaissance, provoquent la colère divine et la chute de l’Humanité. L’être humain connaît alors les affres de la maladie et de la Mort…

D’après The House of Death, de William Blake, 1790, Paradise Lost de John Milton, plume, encre et aquarelle, fin XVIIIe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après The House of Death (L’Antre de la Mort), de William Blake, 1790, Paradise Lost de John Milton, plume, encre et aquarelle, fin XVIIIe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

La Mort, un vieil homme à longue barbe…

Dans The House of Death, des malades, mourants, gisent à terre. L’un se redresse et regarde le visage terrifiant qui semble surgir du ciel. La Mort est personnifiée par un vieil homme à longue barbe qui, les yeux fermés, émerge d’un nuage portant un phylactère (banderole) dont les extrémités forment des flèches, frappant ses victimes aveuglément…

Un être humain, la tête entre les mains, se désespère, comme l’homme au premier plan armé d’un poignard, impuissant, la tête baissée… Une autre version de Blake montre le terrible vieillard armé d’une flèche…

Cette personnification de la Mort rappelle la figure intransigeante d’Urizen, maître divin de tous les maux, ainsi que celle de « L’Ancêtre des jours ».

Voir aussi les articles La mythologie picturale de WilliamBlake... et La plume de William Blake…

D’après The House of Death (La Maison de la Mort), de William Blake, 1795-1805, inspiré de Paradise Lost, de Milton, plume, encre et aquarelle, fin XVIIIe-XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Blake évoque la fragile condition humaine…

Avec Death of the Strong Wicked Man (La mort du fort méchant homme) et The Jugement, William Blake illustre The Grave (La Tombe), du poète écossais Robert Blair (1699-1746). Ce long poème se compose de huit cents vers (écrits vers 1730, publiés en 1743).

Robert Blair exprime la fatalité de la mort, le destin éphémère de l’être humain, la fragilité de la condition humaine, la vanité des choses… Dans The Grave, le poète exploite la métaphore du voyage, nous rappelant ainsi que la vie n’est qu’un passage…

 D’après Death of the Strong Wicked Man, William Blake,  The Grave, de Robert Blair, encre et aquarelle, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Death of the Strong Wicked Man, de William Blake, 1808, sujet tiré de The Grave (La Tombe), de Robert Blair, encre et aquarelle, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

William Blake, l’un des précurseur de la modernité

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’art et l’esprit de William Blake influencent le courant préraphaélite (qui se réfère notamment à l’art médiéval), ainsi que le mouvement symboliste.

En outre, les aplats colorés et le trait de William Blake vont influencer le style Art Nouveau, autour de 1900. L’art visionnaire et l’esprit de sublimation de William Blake vont également inspirer les recherches artistiques du Surréalisme au XXe siècle…

D'après The Jugement, de William Blake, 1805, plume, encre, aquarelle, The Grave, Robert Blair, début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après The Jugement, de William Blake, 1805, plume, encre, aquarelle, The Grave, Robert Blair, début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

LES BRUMES IRRÉELLES DE WILLIAM TURNER

Né à la fin du XVIIIe siècle, l’Anglais William Turner pratique le dessin, la gravure, l’aquarelle et la peinture à l’huile. Si cet artiste très prolifique traverse les courants néoclassique et romantique, il affirme cependant, lui aussi, une originalité artistique inclassable. Comme William Blake, William Turner s’affranchit des canons de l’Académie…

D’après Dort Packet-Boat de Rotterdam Becalmed, de William Turner, 1818, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Dort Packet-Boat de Rotterdam Becalmed, de William Turner, 1818, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Turner travaille la couleur pure

Dans l’art achevé de William Turner, le ciel, le paysage, les édifices et monuments semblent se fondre dans un ensemble irréel et coloré frôlant l’abstraction…

Turner exploite des touches de couleurs pures, bannissant les tons contrastés, pour exprimer la lumière flamboyante des levers et des couchers du Soleil, ainsi que les nuances atmosphériques de l’azur et les reflets des eaux…

D’après Castle Flint, Pays de Galles du Nord, de Joseph Mallord William Turner, 1830-1835, aquarelle et crayon, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Castle Flint, Pays de Galles du Nord, de Joseph Mallord William Turner, 1830-1835, aquarelle et crayon, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

William Turner réalise des milliers d’aquarelles

Né à la fin du XVIIIe siècle, Joseph Mallord William Turner, dit William Turner (1775 – 1851), intègre la Royal Academy en 1789 pour se former. Il vend des gravures et dessine des vues topographiques. Ce graveur et aquarelliste se consacre aussi à la peinture à l’huile à partir de 1796.

William Turner est élu académicien en 1802. Inspiré par ses voyages, de la Suisse à l’Italie en passant par la Normandie, en France, Turner peint des tableaux en grand nombre et réalise des milliers d’aquarelles. Cet artiste prolifique illustre aussi de nombreux livres…

D’après Tintern Abbey, The Crossing and Chancel (abbaye de Tintern Abbey, croisée et choeur), de William Turner, 1794, crayon et aquarelle ; et le prieuré d’Ewenny, transept, Glamorganshire, 1797, aquarelle ; fin XVIIIe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

L’indépendance de Turner

Son esprit indépendant pousse William Turner à expérimenter ses divers talents artistiques. Académicien, il ne renonce pas pour autant à son originalité propre en explorant différents genres picturaux et en travaillant diverses techniques de la peinture.

Ainsi, Turner peint des scènes de ville, des marines, des paysages… Il multiplie les aquarelles. L’artiste réalise aussi des huiles sur toiles, claires et lumineuses, dont l’expression artistique repose sur le travail de la couleur.

D’après Dolbadarn Castle (Le château de Dolbadarn), de William Turner, vers 1799-1800, étude en couleur, crayon et aquarelle ; Ulysses deriding Polyphemus (Ulysse se moquant de Polyphème), de William Blake, 1829, l’Odyssée d’Homère, huile sur toile ; et le Le lac Averne, Énée et la Sibylle de Cumes, de William Turner, 1798, huile sur toile ; fin XVIIIe siècle-début XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

WILLIAM TURNER FASCINÉ PAR VENISE

La fascinante cité des Doges

Si William Turner réalise des sujets historiques et mythologiques, il s’aventure surtout dans la création de paysages irréels. L’artiste transfigure la nature et l’océan dans ses vues panoramiques, ses marines et ses soleils levants et couchants.

Turner compose des toiles dans lesquelles les formes de la réalité semblent se dissoudre. Impression et abstraction se mêlent dans sa palette…

D’après Venice, The Ducal Palace, de William Turner, 1841, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Venice, The Ducal Palace, Dogana and Part of San Giorgio, de William Turner, 1841, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Parmi les nombreux artistes venus à Venise, William Turner, plus encore que d’autres, y découvre un univers répondant à sa sensibilité. L’artiste est fasciné par l’eau, les reflets, les lumières et les impressions qui émanent de la ville et de sa lagune…

La magie picturale de William Turner

Les toiles et les aquarelles vénitiennes de Turner, dans la lignée des œuvres des grands maîtres vénitiens tels Titien (Tiziano Vecellio, 1488/1490 – 1576), Tintoretto (dit Le Tintoret en français, 1518-1594) et Canaletto (1697-1768), séduisent immédiatement par la magie de leurs couleurs et de leur luminosité, ainsi que par la subtilité de la touche picturale.

Par ailleurs, William Turner se nourrit des évocations littéraires de Venise, en particulier de celles de Shakespeare et du grand poète romantique Lord Byron (1788-1824). Ainsi, L’artiste parvient à “embarquer” le spectateur dans ses toiles, partageant avec lui son voyage vénitien …

D’après Venice from the Porch of Madonna della Salute (Venise depuis le porche de la basilique Santa Maria della Salute), de William Turner, 1835, huile sur toile ; Venice, Maria della Salute, de William Turner, 1844, huile sur toile ; et Venice, Santa Maria della Salute, de William Turner, 1840-1845, huile sur toile ; XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Venise, miroir artistique…

Dans les vues de la lagune de William Turner, se dressent les silhouettes du Palais des Doges, des basiliques Saint-Marc et Santa Maria della Salute, des bateaux vénitiens, des illustres palais vénitiens sur pilotis, dont les eaux renvoient le reflet…

Le tout dans une atmosphère baignée de lumières et de couleurs, où dialoguent les surfaces réfléchissantes de l’eau et celles de la pierre. La cité de Venise semble devenir, finalement, le miroir des réflexions artistiques et picturales de l’artiste…

TURNER PEINT LE LOINTAIN

Une atmosphère à la fois fugitive et palpable

Avec Paysage avec une rivière et une baie dans le lointain (conservé au Louvre, à Paris) – que William Turner réalise à la fin de sa vie – l’artiste explore une mise en lumière de halos de couleurs, plus ou moins nuancés et épurés. L’ensemble des formes évoque là une impression de paysage dans une atmosphère fugitive, mais palpable…

D’après Paysage avec une rivière et une baie dans le lointain, de William Turner, vers 1845, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Paysage avec une rivière et une baie dans le lointain, de William Turner, vers 1845, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Toile tout en brumes enveloppantes, irréelles et colorées, Paysage avec une rivière invite à la rêverie, à l’imagination et à la poésie. Ce tableau figure parmi des œuvres expérimentales ou inachevées, réalisées par Turner vers 1845, et que l’artiste conserve pour lui sans les montrer ni à la critique ni au public…

“Un lac bleuâtre éthéré, aux contours indéfinis”

En 1890, Edmond de Goncourt (écrivain français, fondateur de l’Académie Goncourt) commente ainsi Paysage avec une rivière : « Il y a parmi ces toiles un Turner : un lac bleuâtre éthéré, aux contours indéfinis, un lac lointain, sous un coup de jour électrique, tout au bout de terrains fauves. Nom de Dieu! ça vous fait mépriser l’originalité de Monet et des autres originaux de son espèce. »

D’après Keelmen Heaving in Coals by Moonlight (Keelmen Heaving dans les fumées au clair de lune), de William Turner, 1835, huile sur toile ; Scene on the Loire (La Loire), de William Turner, 1830, aquarelle ; et Beaches of Calais (Les plages de Calais), de William Turner, 1832 ; XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

William Turner joue avec la matière picturale

Pour créer les atmosphères si particulières de ses toiles, William Turner applique la matière picturale à l’aide d’un couteau à palette, un outil utilisé d’ordinaire pour mélanger les couleurs. Ainsi, Turner joue sur les différentes épaisseurs de la matière picturale.

Grâce à cette technique dite de l’empâtement, les compositions de Turner conservent les traces du pinceau et du couteau. Son art pictural permet à l’artiste de créer des surfaces texturées, dont les zones formant un léger relief captent la lumière sur la toile avec davantage d’intensité…

D’après The Scarlet Sunset, William Turner, vers 1830-1840, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après The Scarlet Sunset (Coucher de Soleil écarlate), de William Turner, vers 1830-1840, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

TURNER recrée la terre, l’eau, l’air et la lumière

William Turner repense le paysage

Si William Turner se réfère à la tradition artistique du peintre paysagiste Claude Lorrain (1600-1682), il ne cesse d’innover. L’artiste finit même par estomper dans ses toiles tout repère pictural figuratif ou narratif… Turner repense le paysage.

Grâce à ses expérimentations sur les nuances de la matière picturale, l’épuration de la couleur et les modulations de la lumière, Turner obtient des formes quasi abstraites. Les paysages irréels de Turner reposent sur des effets colorés plus ou moins épurés.

D'après Norham Castle Sunrise, William Turner 1835, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Norham Castle Sunrise (Lever du soleil sur le château de Norham), de William Turner, 1835, huile sur toile, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Turner recrée la terre, l’eau, l’air et la lumière

William Turner joue sur la clarté de l’azur, les impressions brumeuses ou vaporeuses, les reflets… Dans ses toiles expérimentales les éléments se fondent. Ainsi, Turner recrée la terre, l’eau, l’air et la lumière, qui acquièrent une légèreté et une délicatesse à la fois sensibles et irréelles.

William Turner, un artiste d’avant-garde

Les expérimentations de William Turner annonce la modernité… Avec A man seated at a table in the Old Library (un homme dans une vieille librairie), on pense à l’art de Vincent Van Gogh (1853-1890) et à celui des peintres de l’art Fauve du début du XXe siècle.

D’après A man seated at a table in the Old Library, de William Turner, 1827, aquarelle et gouache, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)
D’après A man seated at a table in the Old Library, de William Turner, 1827, aquarelle et gouache, XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Les dernières compositions picturales de William Turner illustrent ses ultimes recherches, faisant de cet artiste avant-gardiste en son temps l’un des précurseurs de l’art impressionniste et de l’art abstrait…

L’art de Turner invite à la méditation…

Ainsi, l’art de William Turner porte en lui les prémices de la modernité… Comme dans Rockets and Blue Lights (Close at Hand) to Warn Steamboats of Shoalwater (Des fusées et des lumières bleues – à portée de main – pour avertir les bateaux à vapeur de Shoalwater)…

… ou dans Going to the Ball San Martino (En allant au bal San Martino) et Seascape with Distant Coast (Paysage marin avec la côte au loin)… L’art de Turner invite à une méditation à la fois poétique et artistique…

D’après Rockets and Blue Lights (Close at Hand) to Warn Steamboats of Shoalwater, de William Turner, 1840, huile sur toile ; Going to the Ball San Martino, de William Turner, 1846, huile sur toile ; et Seascape with Distant Coast, de William Turner, 1840 ; XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

L’esprit Romantique du XIXe siècle

Au cours du premier tiers du XIXe siècle, le mouvement littéraire et artistique du Romantisme renouvelle les expressions de la pensée et de l’esthétisme. Des artistes rejettent alors les codes classiques, ainsi que le rationalisme prôné par les penseurs des Lumières du XVIIIe siècle.

L’exaltation de la nature et de la vie intérieure (sentiment, émotion, mélancolie, tourment, rêve, irrationnel, ressenti spirituel…), ainsi que le goût pour le monde médiéval et l’Histoire – réelle, imaginée ou légendaire – inspirent la palette des artistes romantiques.

William Blake comme William Turner mènent la création artistique bien au-delà du contexte culturel de leur époque. Ces deux artistes contemporains transfigurent le souffle romantique pour créer, chacun selon son génie propre, un art précurseur de la modernité…

32 D’après A Yorkshire River (La Rivière Yorkshire), de William Turner, 1827, aquarelle papier vélin ; Job’s Sons and Daughters Overwhelmed by Satan, de William Blake, Livre de Job, 1805-1810, plume, encre, lavis, aquarelle ; et Setting Sun on a Lake (Soleil couchant sur un lac), de Joseph Mallord William Turner, 1840, huile sur toile ; XIXe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Le courant romantique, qui perdure bien au-delà du premier tiers du XIXe siècle, cultive l’exaltation, l’idéal, l’expérience de soi, la vie intérieure. Cet esprit, dont les prémices apparaissent à la fin du XVIIIe siècle, contribuera à nourrir les mouvements du Symbolisme puis du Surréalisme…

Par ailleurs, au XIXe siècle, l’art et la littérature expriment l’humain et les artistes modernisent leur palette…

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