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Histoire du sacré

Le Sacré : le symbolisme du triskèle, du svastika et du labyrinthe

Histoire du Sacré. L’ancestral svastika, symbole cosmique, évoque un mouvement circulaire, comme aussi le triskèle celtique, nous menant du tourbillon universel à la condition humaine. Appliqué à un plan, le symbolisme du svastika rejoint celui du labyrinthe…

Triskèle versus svastika, symboles cosmiques

Symbolisme : triskèle, svastika et labyrinthe (1)… Comme la roue, la rouelle, la spirale et le labyrinthe, le triskèle et le svastika sont des symboles ancestraux, cosmiques et sacrés, qui remontent à des périodes reculées. Si le symbolisme du svastika peut s’appliquer au labyrinthe, il possède, en outre, en son centre, un mouvement de rotation rappelant l’idée d’un moteur principiel, tel un tourbillon cosmique créateur, comme aussi le triskèle celtique…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)

– Dernière mise à jour avril 2020 –

D’après un motif triskèle, haut relief, bronze, Dôme aux Dragons, tombe à char, Val d'Oise, IIIe siècle avjc, La Tène, Gaule celtique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un motif triskèle, haut relief, bronze, Dôme aux Dragons, tombe à char, Val d’Oise, IIIe siècle avjc, La Tène, Gaule celtique. (Marsailly/Blogostelle)

TRISKÈLE ET SVASTIKA DANS LE MONDE ANTIQUE

Il ne faut pas confondre le svastika sacré avec la croix gammée de l’Allemagne nazie d’Hitler, emblème idéologique destructeur. L’ancestral svastika, symbole cosmique du mystère de l’Univers et de la Vie, évoque un mouvement circulaire qui induit un concept cyclique. Le triskèle et le svastika possèdent chacun un centre – ou moteur – immobile qui produit un mouvement, tel un tourbillon perpétuel…

 D’après une figure féminine, votive ou funéraire, terre cuite peinte, Boétie, vers 700 avjc, style Géométrique, Grèce antique.  (Marsailly/Blogostelle)
D’après une figure féminine, votive ou funéraire, terre cuite peinte, Boétie, vers 700 avjc, style Géométrique, Grèce antique. (Marsailly/Blogostelle)

Une œuvre d’art qui réunit la symbolique du chiffre 3 (Ciel) et du chiffre 4 (Terre) – avec 3 motifs de svastikas à 4 branches représentés sur cette statuette votive. Les figures, quant à elles, évoquent une ronde, associées à des symboles solaires circulaires…

Triskèle et trilogie

Symbole solaire, le triskèle à trois branches pourrait évoquer la course du Soleil, le lever, le zénith et le coucher…

Mais une interprétation n’excluant pas les autres, certains historiens rapprochent le triskèle de la trilogie mythique des divinité celtes Lug, Dagda et Ogme, dieu-druide, dieu-guerrier et dieu magicien. Par ailleurs, on rencontre des images du dieu celtique gaulois Cernnunos pourvu de trois têtes…

D’après le dieu gaulois Cernunnos, à trois têtes, buste sculpté, IIe siècle apjc, Aquitaine, Gaule Romaine ; des motifs de triskèles, bracelet, bronze, IIIe siècle avjc, Tarn, France, La Tène, Gaule celtique, âge du Fer. (Marsailly/Blogostelle)

Les traditions voient aussi dans le triskèle le symbole de l’aïeule, de la mère et de la fille, ou les trois âges de la vie humaine – jeunesse, maturité et vieillesse… ou encore le symbole temporel du passé, du présent et de l’avenir. Certains mentionnent aussi une symbolique des trois éléments, l’Eau, la Terre et le Feu…

Triskèles, svastikas, et motifs circulaires…

Le triskèle et le svastika se rattachent au symbolisme du cercle et de la roue, dont les images apparaissent dès la Préhistoire avec des motifs circulaires sur des peintures rupestres. Puis à l’époque Néolithique, des spirales ornent des mégalithes gravés ou des poteries. Les représentations de la roue, de la rouelle et de la spirale perdurent ensuite à l’âge du Bronze et à l’âge du Fer, sur des parures, des céramiques et des pierres sculptées…

D’après des tourbillons circulaires et svastikas, bijou étrusque, VIIe siècle avjc, période Étrusque, Italie ; des motifs circulaires, art rupestre préhistorique, solutréen-magdalénien, Altamira, Espagne, paléolithique supérieur; et des triskèles et spirales, mégalithe gravée, Newgrange, Irlande, période Néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika, un motif fréquent dans le monde antique

Le svastika, en forme de croix à quatre branches, égales et coudées, figure parmi les symboles les plus anciens et les plus répandus dans toutes les civilisations du monde antique…

D'après un décor tournoyant et svastika, céramique peinte, Samarra, vers 5000 avjc, Mésopotamie, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un décor tournoyant et svastika, céramique peinte, Samarra, vers 5000 avjc, Mésopotamie, Orient ancien. (Marsailly/Blogostelle)

On rencontre le svastika en Mongolie, en Extrême-Orient, en Orient, en Amérique du Sud et en Amérique centrale – dans les civilisations précolombiennes -, chez les indiens Navajos, en Inde, en Europe du Nord, en Méditerranée…

En Mésopotamie, par exemple, le svastika apparaît sur des terres cuites de la culture néolithique de Samarra, dont les potiers, par ailleurs, produisent des coupes en céramique à motifs tournoyants. En Anatolie également, au Levant, on dessine des svastikas sur des poteries néolithiques…

D’après une poterie d’Haçilar, motif du svastika, VIe millénaire avjc, Anatolie, Levant Néolithique ; et un bouddha Sakyamuni, statuette, bronze, XVIe siècle, dynastie Ming, Chine ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Levant, Celtes, Grecs, Étrusques, Romains…

Le motif du svastika est courant dans la Grèce antique, où le motif de “la grecque” en découle. On le rencontre aussi chez les Étrusques, les Romains et les Celtes.

Certains auteurs antiques font remonter le svastika aux Atlantes, habitants de l’Atlantide : une île mythique située au-delà des colonnes d’Hercule (détroit de Gibraltar). Notamment Platon (427- vers 348 avjc) et Pline l’Ancien (23-79 apjc). Cette évocation mythique permet de mettre en lumière la grande ancienneté du symbole du svastika…

D'après une boîte à fards et à bijoux, pyxis, svastika, céramique, style géométrique, vers 740 avjc, Grèce antique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après une boîte à fards et à bijoux, pyxis, svastika, céramique, style géométrique, vers 740 avjc, Grèce antique. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika : bon augure, lumière, sagesse…

Le mot sanskrit svastika proviendrait de su « bien » et de asti « être ». Ce concept « d’être bien » renvoie au bonheur. En Inde, aujourd’hui encore, le svastika perdure en tant que symbole de « bon augure », notamment pour les hindous, mais aussi pour les jaïns et les bouddhistes…

Ainsi, une myriade de svastikas forment un signe d’abondance. Dans l’hindouisme, on associe le svastika au dieu Brahma, principe ordonnateur de l’univers, au dieu Soleil Surya et à la lumière. Dans le bouddhisme, le svastika symbolise l’éternité. En Chine et au Japon ce symbole bouddhique évoque la sagesse, l’harmonie, le bonheur…

D’après une statue tibétaine, Tonpa Shenrab, socle à frise de nagas et svastika, cuivre doré et argent, XVe-XVIe siècle, Extrême-Orient ; et le dieu Indra armé de son foudre circulaire, le Vajra forgée par Tvastr, Phra Prang, Bangkok. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika hindoue de Ganesh et des Nagas

Dans les conceptions sacrées de l’Inde, le svastika est encore l’emblème des Nagas, divinités serpents de la fertilité, et celui de Ganesh (fils de Shiva et de Parvatî), dieu du savoir et de la sagesse, qui incarne parfois le principe suprême. Le Vajra circulaire du dieu Indra de l’Orage induit lui aussi un mouvement de rotation, d’où émane la Manifestation et donc la Vie…

Le svastika chinois, symbole spatial et de la Totalité

En Chinois, le svastika correspond encore à la forme primitive du caractère fang qui indique les 4 directions de l’espace. Fang signifie direction, lieu et carré. C’est en 693 que l’impératrice Wu Zetian, qui règne sous la la Chine des Tang, décrète que ce symbole doit être prononcé wan, un signe qui désigne le nombre dix mille. (cf. Le Livre rouge et La Splendeur du feu).

D’après une céramique peinte, à motif de svastika, culture Majiayao, Gansu, vers 2600-2300 avjc, période Néolithique, Chine ancienne ; un collier à décor de svastikas, Ier millénaire avjc, Kaluraz, Gilan, Iran ancien ; un svastika, symbole bouddhiste de bonheur, de sagesse et d’harmonie, temple Senso-Ji, Tokyo, Japon. (Marsailly/Blogostelle)

Le signe du svastika, associé aux 4 directions de l’espace, correspond donc aussi au nombre dix mille qui, dans la pensée chinoise, représente la Totalité de la Manifestation et des Êtres manifestés. Le svastika apparaît déjà sur des poteries de la Chine néolithique…

LE SVASTIKA, SYMBOLE SPATIAL ET CÉLESTE

Le dessin du svastika s’apparente à une croix dont les 4 branches égales, disposées à angle droit, sont orientées vers un même sens. Symbole spatial, le svastika renvoie aux 4 directions de l’espace. Symbole sacré, il évoque la puissance créatrice du monde…

D'après un svastika, calendrier et cosmogonie Aztèque, codex Vaticanus B (ou 3773), groupe Borgia, XIVe- XVe siècle, Mésoamérique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un svastika, calendrier et cosmogonie Aztèque, codex Vaticanus B (ou 3773), groupe Borgia, XIVe- XVe siècle, Mésoamérique. (Marsailly/Blogostelle)

Le symbolisme des 4 directions de l’espace

Le Buddha, un “Sauveur”, est souvent représenté accompagné d’un svastika. La roue bouddhique incarne la Loi du Bouddha (Dharmachakra), qui se meut autour de son centre immuable, souvent identifié à Agni, dieu védique du Feu spirituel et de la Lumière. La roue bouddhique porte au loin la Loi, dans les 4 directions de l’espace…

Dans l’iconographie chrétienne, Le thème universel des 4 directions de l’espace s’exprime encore dans l’iconographie biblique de la Jérusalem céleste, dont le symbolisme spatial évoque les 4 directions de l’espace et le cercle, symbole du Ciel.

D’après la cité de Jérusalem, plan symbolique des 4 directions de l’espace, psautier, Fécamp, 1180 apjc, France, XIIe siècle, art Médiéval ; et le Chrisme, alpha et oméga, cuve du sarcophage de Drausin, marbre, Soissons, VIe siècle apjc, époque Mérovingienne. (Marsailly/Blogostelle)

On retrouve le schéma des 4 directions de l’espace dans le graphisme chrétien du chrisme, et dans celui du monogramme de Charlemagne. Le symbole spatial et sacré du svastika perdure de l’époque paléochrétienne à l’époque médiévale, comme aussi le motif du triskèle…

Svastika et royauté

Sur une pierre gravée au début du XXe siècle, d’après le modèle d’un codex médiéval du Xe siècle, on peut voir le monogramme de Charlemagne.

Les quatre consonnes du prénom “Karolus” sont reliées à une figure centrale qui représente les voyelles, en formant une croix coudée. Le graphisme de ce monogramme rappelle celui du svastika, dont le symbolisme se rattache à une idée de transcendance…

Ainsi, dans le domaine social et politique, le svastika peut symboliser un pouvoir transcendant, royal ou personnel, comme pour Charlemagne.

D’après le monogramme et la signature de Charlemagne, codex, Xe siècle, époque médiévale ; et une pierre gravée, début XXe siècle, sur le modèle d’un codex du Xe siècle. (Marsailly/Blogostelle)

Svastika et cosmogonie

Dans l’iconographie d’un codex mésoaméricain, le svastika concentre cosmogonie (création du Monde) et calendrier divinatoire (260 jours). On retrouve encore le symbolisme cosmique du svastika et des 4 directions de l’espace en Inde, au Karnataka, dans les temples rupestres de Badami, hindous et jaïns, creusés à l’époque des Chalukyas.

Par ailleurs, deux serpents, représentés parmi les figures célestes du temple d’Hathor de Dendéra, en Égypte ancienne, forment une croix. Ce motif rappelle le thème des 4 directions de l’espace et le croisement du plan vertical et du plan horizontal formant un point central

D’après le motif du svastika, grottes de Badami, période Chalukyas, VIe-VIIIe siècle, Karnataka, Inde ancienne ; deux serpents, mouvement du svastika, et figures célestes, Dendéra, temple d’Hathor, époque Ptolémaïque, Égypte ancienne ; et un svastika, symbole cosmique, avec Soleil et Lune, peinture rupestre, ocre rouge, Changthang, Tibet. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika, la Grande Ourse et l’Étoile Polaire

Dans la franc-maçonnerie, on considère le centre du svastika comme l’Étoile Polaire, et ses 4 branches comme une évocation des 4 positions cardinales de la Grande Ourse. René Guénon explique : L’assemblage de quatre « Γ » (lettre grecque gamma en capitale), placés à angle droit les uns par rapport aux autres, forme le svastika, un symbole comme aussi la lettre G de l’Étoile Polaire…

D'après un svastika et roue solaire, peinture rupestre, Changthang, Tibet. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un svastika et roue solaire, peinture rupestre, Changthang, Tibet. (Marsailly/Blogostelle)

L’Étoile Polaire, dans la symbolique maçonnique, est le siège effectif du Soleil central caché de l’Univers. René Guénon souligne aussi un rapport étroit entre la lettre G et le svastika, dont la partie recourbée des branches est considéré comme une représentation de la Grande Ourse…

… soit La Grande Ourse vue dans quatre positions différentes au cours de sa révolution autour de l’Étoile Polaire, à laquelle correspond le Centre où s’unissent les quatre gammas. Ces quatre positions de la Grande Ourse sont mises en relation avec les quatre points cardinaux et les quatre saisons

D'après une coupe en terre cuite, svastika et ronde de poissons, IVe millénaire avjc, Suse, Orient ancien néolithique.  (Marsailly/Blogostelle)
D’après une coupe en terre cuite, svastika et ronde de poissons, IVe millénaire avjc, Suse, Orient ancien néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

CONTRACTION ET EXPANSION COAGULATION ET DISSOLUTION

Le sens de rotation du svastika est double

Par ailleurs, le graphisme du svastika exprime un mouvement de rotation qui peut tourner dans les deux sens, autour d’un centre immobile, comme pour un tourbillon… Selon René Guenon, ces deux sens opposés rappellent la rotation du Monde vue de l’un et l’autre pôle.

En leur sens symbolique, les deux pôles matérialisent deux points de vue opposés qui correspondent au plan de l’être humain pour l’un, et au plan divin ou métaphysique pour l’autre. Le plan humain correspondant à un reflet du plan métaphysique, selon un point de vue inverse.

Voir aussi l’article :

4. L’Arbre cosmique, l’Essence de la Réflexion

D'après Le Banquet, couple et svastikas, vitrail, Notre Dame de Paris, 1163 apjc-début XIVe siècle, Gothique, art Médiéval. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Le Banquet, couple et svastikas, vitrail, Notre Dame de Paris, 1163 apjc-début XIVe siècle, Gothique, art Médiéval. (Marsailly/Blogostelle)

Triskèle, svastika, régénération perpétuelle…

Le svastika, symbole cosmique et cosmogonique, renvoie à l’idée métaphysique du Principe immuable d’où émanent les milliers de modes d’être du Monde Manifesté, qui tous aspirent à revenir à lui.

Le centre du svastika apparaît aussi comme un pôle d’attraction, d’action et de renouvellement cyclique. Ainsi, les motifs du triskèle et du svastika se rapportent au concept de régénération perpétuelle…

Sur un vitrail de Notre Dame de Paris, Le Banquet, un couple fait bombance sur une nappe couverte de motifs de svastikas, symboles de puissance créatrice et de régénération…

D’après les svastikas, Le Banquet, vitrail, détail, Notre Dame de Paris, 1163 apjc-début XIVe siècle, Gothique, art Médiéval ; le motif du triskèle, vitrail, chapelle-Saint-Fiacre, Bretagne, France, XVe siècle, style gothique flamboyant, art Médiéval ; et des inscriptions, svastikas et ancre, catacombes paléochrétiennes, Sainte Priscilla, Rome, fin IIe siècle, Italie. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika, force centrifuge ou centripète

Selon le sens de rotation de ses 4 branches, le svastika dégage une force centrifuge ou centripète. Ainsi, la force centrifuge provoque un phénomène d’expansion qui tend à s’éloigner du centre, alors que la force centripète induit un retour vers le centre. La mouvement créateur peut donc se manifester de deux manières.

Le svastika – comme aussi le triskèle – concentre donc deux potentialités, à la fois complémentaires et opposées : Principe premier et Manifestation, contraction et expansion, coagulation et dissolution. Solve coagula disaient les alchimistes…

D'après un motif de terre cuite, svastika tournoyant, Samarra, vers 5000 avjc, Orient ancien, période néolithique. (Marsailly/Blogostelle)
D’après un motif de terre cuite, svastika tournoyant, Samarra, vers 5000 avjc, Orient ancien, période néolithique. (Marsailly/Blogostelle)

CENTRE ET PRINCIPE SPIRITUEL

Svastika, triskèle, roue, spirale…

Par ailleurs, on retrouve les deux plans opposés du Principe et de la Manifestation – la Manifestation émanant du Principe – dans le symbolisme de la croix dont, selon René Guenon, l’axe horizontal représente le plan de la Manifestation et l’axe vertical le plan métaphysique.

Si le svastika rappelle le symbolisme de la croix, son mouvement circulaire renvoie à celui de la roue et de la spirale. Ainsi, la signification spirituelle du svastika et du triskèle rejoint celle de la Roue et de la spirale…

Voir aussi les articles…

Le Sacré : la Roue tourne pour l’Univers… et Le Sacré : la Spirale, symbole cosmique et initiatique

D’après le Souverain Universel, Chakravartin, Ier siècle avjc-Ier siècle apjc, Amarâvatî, Andhra Pradesh, Inde ancienne ; une poterie peinte, à motifs de spirale, culture Majiayao, Gansu, période Néolithique, Chine ancienne ; et le motif celtique du triskèle, à triple spirale, âge du Fer. (Marsailly/Blogostelle)

Le centre ou Moteur Immobile

Svastika et triskèle expriment une Totalité potentielle et cosmique, une Réalité universelle, la Manifestation, du Monde, de la Vie… Selon les traditions et les croyances, le Centre immuable s’identifie à un Principe premier – à la fois être et non-être, unité et totalité -, à un Moteur immobile, à dieu, à une divinité suprême.

Dans les doctrines spirituelles de l’Inde ancienne, Chakravartin (ou Çakravartin), se tient au Centre de la Roue cosmique. Il est « l’Homme universel” ou le “Souverain Universel,” ou encore “le Bouddha”. Dans la tradition chinoise, le Vide du moyeu, le Tao, qui permet à la Roue de tourner, correspond lui aussi à ce moteur immobile central.

D'après le Christ de Conques, Jugement dernier, Église Sainte Foy, XIIe siècle, Aveyron, France, art Roman, époque médiévale. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le Christ de Conques, Jugement dernier, Église Sainte Foy, XIIe siècle, Aveyron, France, art Roman, époque médiévale. (Marsailly/Blogostelle)

Le svastika, un attribut universel et transcendant

En tant qu’attribut cosmique et universel le motif du svastika s’associe parfois à des figures de “sauveurs” ou de “rédempteurs” de l’Humanité, tels Buddha ou le Christ. Au Ve siècle, des missionnaires chrétiens nestoriens et des moines bouddhistes prêchent en Asie centrale…

À l’époque médiévale, dans l’art Roman, la silhouette du Christ en majesté, tel un “Souverain Universel,” s’inspire parfois d’une ligne spiralée ou d’un mouvement-vastika, dans l’attitude, les gestes et les plis des tissus…

Comme sur le tympan de Conques où le mouvement des bras du Christ rappelle le mouvement du svastika, mouvement qui renvoie au symbole ancestral du tourbillon créateur, et à toutes les hiérarchies qui émanent de lui…

D’après le Christ en majesté, portail, église de Vandeins, saints Pierre et Clair, XIIe siècle, art Roman, époque médiévale ; et un Bouddha, statuette, bronze doré, dynastie Ming, XVIe- XVIIe siècle, Chine ancienne. (Marsailly/Blogostelle)

Labyrinthe et svastika nous rappellent les conditions de notre existence et, au-delà, expriment un symbolisme spatial, solaire, céleste et cosmique… Ces symboles cristallisent la quête spirituelle ou initiatique de l’être humain, et les chemins parfois inextricables qui y mènent. Par ailleurs, les nœuds, les fils et les chaînes renvoient aux liens qui nous entravent ou nous unissent, ainsi qu’à la notion de trame qui se “tisse” dans l’univers…

MINI-SOMMAIRE

  1. Le Sacré : le symbolisme du triskèle, du svastika et du labyrinthe – Triskèle versus svastika, symboles cosmiques
  2. Le Sacré : du svastika au labyrinthe, la quête de la transcendance – Comme Thésée, suivre “le fil d’Ariane”…
  3. Le Sacré : la symbolique du labyrinthe, espace sacré, défensif et initiatique – Le parcours complexe du labyrinthe
  4. Le Sacré : la symbolique du labyrinthe, des nœuds, des chaînons et des liens… – Du labyrinthe à l’entrelacs

Consulter Le Sommaire Histoire du Sacré

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Par Maryse Marsailly

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