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RENAISSANCE

Renaissance italienne au XVe siècle, les artistes ouvrent de nouvelles perspectives…

L’art de la Renaissance affirme une rupture radicale avec le style médiéval. Les artistes redécouvrent les modèles antiques et se nourrissent aussi d’une réflexion humaniste. Tout commence à Florence, au début du Quattrocento…

L’art florentin inaugure la Renaissance italienne

La Renaissance italienne au XVe siècle (1)… Dans le domaine de l’histoire de l’art, après la longue période médiévale, la Renaissance des XVe et XVIe siècles correspond à une enrichissante redécouverte de l’Antiquité par les artistes. Une philosophie humaniste nourrit alors les esprits, la culture et les arts. La Renaissance italienne naît à Florence, florissante cité des Médicis… Kaléidoscope…

Par Maryse Marsailly (@blogostelle)
– Mise à jour juillet 2020 –

D’après Brunelleschi et Ghiberti montrant la maquette de San Lorenzo à Cosme de Médicis, fresques de Giorgio Vasari et Marco di Faenza, vers 1560, Palazzo Vecchio, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Brunelleschi et Ghiberti montrant la maquette de San Lorenzo à Cosme de Médicis, fresques de Giorgio Vasari et Marco di Faenza, vers 1560, Palazzo Vecchio, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

REPÈRES CHRONOLOGIQUES. Trecento italien : XIVe siècle – Quattrocento : XVe siècle – Cinquecento : XVIe siècle. La cité de Florence au XVe siècle : à partir de 1434, les Médicis gouvernent la République de Florence – 1494-1498, dictature théocratique de Savonarole. 1498 – XVIe siècle : retour des Médicis appuyés par Charles Quint – 1555 conquête de Sienne – Chronologie générale Renaissance

LES PUISSANTES FAMILLES ITALIENNES CULTIVENT LE MÉCÉNAT

L’Italie des XVe-XVIe siècles se compose de divers fiefs. Les plus riches familles italiennes de l’époque de la Renaissance dirigent les cités. Parfois des conflits éclatent entre elles. Chacune rivalise pour réaliser d’ambitieux projets et faire appel aux meilleurs artistes…

D’après Masolino, Masaccio, Alberti et Brunelleschi, La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre, détail, Masaccio, vers 1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Masolino, Masaccio, Alberti et Brunelleschi, La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre, détail, Masaccio, vers 1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les Médicis, Visconti, Sforza…

Les familles italiennes les plus puissantes adressent des commandes aux meilleurs artistes de leur temps : architectes, sculpteurs, peintres, orfèvres… Des corporations de marchands s’invitent également pour financer des chantiers…

Au XVe et au XVIe siècle, l’Italie comporte plusieurs pôles politiques et culturels : les États de l’Église gouvernés à Rome par les papes, la République de Venise dirigée par les Doges, la République de Florence dominée par les Médicis et le Duché de Milan géré par les Visconti puis les Sforza…

D’après une princesse, de Pisanello (Antonio Puccio), vers 1435 – 1440, Ginevra ou Lucia d’Este ou Marguerite de Gonzague, huile sur bois, XVe siècle, Quattrocento ; Machiavel, Niccolò Machiavelli, de Santi di Tito, seconde moitié du XVIe siècle, huile, Palazzo Vecchio, Cinquecento ; et Laurent de Médicis dit le Magnifique, de Verrocchio, après 1478, terre cuite polychrome, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Les Este, Montefeltro, Malatesta, Gonzague…

La principauté de Ferrare se distingue sous les princes de la famille d’Este, le Royaume de Naples se trouve sous la tutelle des rois français d’Anjou, puis des souverains espagnols d’Aragon. Par ailleurs, quelques autres cours italiennes vont également briller un temps, comme celle des Malatesta à Rimini, des Montefeltro à Urbino ou la maison de Gonzague à Mantou…

D’après La Bataille de San Romano, de Paolo Uccello, 1456 et 1460, Florence, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après La Bataille de San Romano, de Paolo Uccello, 1456 et 1460, Florence, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Florentins et Siennois s’affrontent en 1432

La Bataille de San Romano, de Paolo Uccello, représente le combat, en 1438, des Siennois contre les Florentins finalement victorieux. Si le style de Paolo Uccello se rattache encore à l’atmosphère gothique de l’art courtois, l’usage mathématique de la perspective, une savante composition et la force du trait pictural expriment l’art visuel de la Renaissance…

LA “RENAISSANCE” ?

Des recherches artistiques novatrices

De la Renaissance italienne à la Renaissance française et à l’école du Nord, les grands maîtres – peintres, sculpteurs et architectes – magnifient leur temps au cours des XVe et XVIe siècles. Tout commence à Florence, au début du Quattrocento…

D’après Le Tribut de Saint-Pierre, de Masaccio 1426-1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence. Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Le Tribut de Saint-Pierre, de Masaccio 1426-1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence. Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le peintre Tommaso di Giovanni Cassai dit Masaccio, actif à Florence, développe l’art de la perspective et du volume, déjà initié par Giotto di Bondone au Trecento. Entre 1424 et 1427, Masaccio travaille avec Masolino sur les fresques de la chapelle Brancacci, dans l’église Santa Maria del Carmine.

L’humanisme revalorise la quête de l’humain

Côtoyant la pensée religieuse qui perdure, l’intelligence humaniste revalorise la quête de l’humain et nourrit l’inspiration artistique. L’Art de la Renaissance foisonne et rayonne, stimulé avec bonheur par des recherches novatrices en matière de rythme architectural, de perspective, d’effets picturaux, d’art sculptural, de rendu du mouvement et de l’expression des émotions…

D’après le David de Donatello, statue en bronze, vers 1440, époque de Cosme de Médicis, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le David de Donatello, statue en bronze, vers 1440, époque de Cosme de Médicis, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Une statuaire monumentale, symbole de la cité

Des statues monumentales ornent les places et les marchés, les églises et les hôpitaux, les édifices publics, les bâtiments des corporations marchandes (Arti en italien) et des confréries. Architecture, sculpture et peintures magnifient aussi les palais et les chapelles privées…

Donatello crée le premier nu monumental de la Renaissance… Cette statue en bronze, symbole de victoire, représente David,avec un corps d’adolescent, posant le pied sur la tête de Goliath. Donatello se réfère aux sculptures grecques antiques du IVe siècle avjc.

D’après le David de Donatello, statue en bronze, vers 1440, détail, époque de Cosme de Médicis, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après le David de Donatello, statue en bronze, vers 1440, détail, époque de Cosme de Médicis, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Donatello dans la cour du palais de la Seigneurie…

Le David de Donatello est une œuvre probablement commandée vers 1440 par Cosme de Médicis dit l’Ancien, avant d’être installée sur une colonne, en 1459, dans la cour du palais Médicis. Une inscription précise sa signification civique : Vincite cives (“citoyens, soyez vainqueurs.”)

Par la suite, après un soulèvement contre les Médicis en 1495, le David de Donatello est emporté et installé dans la cour du palais de la Seigneurie, siège du pouvoir politique. La statue devient alors un symbole républicain de la victoire sur la tyrannie…

D’après La Naissance de la Vierge, de Domenico Ghirlandaio, 1485-1490, chapelle Tornabuoni, Santa Maria Novella, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après La Naissance de la Vierge, de Domenico Ghirlandaio, 1485-1490, chapelle Tornabuoni, Santa Maria Novella, XVe siècle, Florence, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le terme de “Renaissance” apparaît au XIXe siècle

Le terme de “Renaissance” apparaît au XIXe siècle pour désigner la période située entre le Moyen Age et les Temps Modernes. Emprunté à la conversation entre Nicodème et le Christ, ce mot de Renaissance relève du vocabulaire religieux…

Je te le dis, à moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu… Ne t’étonne pas que je t’aie dit : Il faut que vous naissiez de nouveau... (évangile de Jean).

Ghiberti, sculpteur et auteur d’un traité sur les arts

À Florence, au XVe siècle, Lorenzo di Cione Ghiberti (1378-1455), sculpteur orfèvre et architecte florentin, est également l’auteur d’un traité sur les arts intitulé Comentarii (« Commentaires »). L’artiste évoque l’idée de Renaissance pour caractériser l’évolution des arts.

D’après la porte Nord du baptistère de Florence, de Lorenzo Ghiberti, histoire du Nouveau Testament, bas-reliefs, bronze, 1424, XVe siècle ; un portrait de Giotto di Bondone, tableau des Cinq maîtres de la Renaissance florentine, détail, anonyme, huile sur bois entoilé, fin XVe siècle-XVIe siècle ; et Lorenzo Ghiberti, autoportrait, porte du Paradis, baptistère de Florence, 1403-1424, XVe siècle ; Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Pour Ghiberti, l’art renaît avec Giotto

Selon Ghiberti dans ses « Commentaires », les arts ont connu une période de décadence depuis l’époque de Constantin, (empereur romain entre 306 et 337), au IVe siècle. Avant de renaître à l’époque de Giotto di Bondone (ou Ambrogiotto di Bondone) dit Giotto (1267-1337), peintre, sculpteur et architecte italien de la fin du Trecento (XIVe siècle)…

UNE RUPTURE PROGRESSIVE AVEC LE MONDE MÉDIÉVAL

L’art de la Renaissance s’affranchit du style gothique

Au XVIe siècle, Giorgio Vasari (1511-1574), peintre, architecte et historien d’art italien, évoque aussi une Renaissance dans son ouvrage La Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes (“Le vite de’ piu eccellenti pittori, scultori, e architettori”), édité en 1550 puis en 1568. Vasari est considéré comme le fondateur de l’histoire de l’art.

D’après Giorgio Vasari, autoportrait, vers 1550-1567, huile sur toile, XVIe siècle, et son traité La Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes, de Giorgio Vasari, édité en 1550 et en 1568, XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Raphaël défend la buona maniera antica

Le sens du mot Renaissance permet de marquer une rupture radicale vis-à-vis de la période médiévale précédente. C’est ce que souligne aussi Raffaello Santi ou Sanzio dit Raphaël (1483-1520), peintre et architecte, évoquant les antiquités romaines dans une lettre adressée au pape Léon X en 1519.

Ainsi, Raphaël défend la buona maniera antica : l’art Antique, ses modèles et ses savoirs. L’artiste évoque aussi la buona e antica maniera moderna, soit l’art et la manière modernes des artistes de la Renaissance de se référer à la tradition artistique héritée de l’Antiquité.

D'après Raphaël (Raffaello Santi ou Sanzio), Autoportrait, 1506, huile sur bois, début XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Raphaël (Raffaello Santi ou Sanzio), Autoportrait, 1506, huile sur bois, début XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Du point de vue de Raphaël, l’un des maîtres de la Renaissance classique, l’art antique comme l’art de son temps surpassent les styles Roman et Gothique de la période médiévale, un long moment intermédiaire entre Antiquité et Modernité dans le domaine des arts…

Renaissance artistique et humanisme

Mais plus encore qu’un retour aux sources de l’Antiquité, déjà expérimenté à l’époque du Haut Moyen âge avec la Renaissance Carolingienne (VIIIe – IXe siècles), la Renaissance des XVe et XVIe siècles se distingue surtout par son esprit humaniste, mêlé aux références religieuses qui perdurent…

L’humanisme de la Renaissance se fonde sur un mouvement intellectuel qui renoue avec les valeurs de la culture gréco-latines. Ce courant se diffuse en Europe. Les humanistes, parmi lesquels figure Giorgio Vasari, cherchent à embrasser la totalité des savoirs de leur époque et aspirent à l’épanouissement de l’être humain.

D’après Cosme L’Ancien entouré d'artistes et de savants, fresques de Giorgio Vasari et Marco di Faenza, vers 1560, Palazzo Vecchio, XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Cosme L’Ancien entouré d’artistes et de savants, fresques de Giorgio Vasari et Marco di Faenza, vers 1560, Palazzo Vecchio, XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

 Cosme de Médicis l’Ancien entouré d’artistes et de savants

Giorgio Vasari et Marco di Faenza peignent les fresques du plafond de la salle dédiée à Cosme l’Ancien au Palazzo Vecchio. Ces peintures évoquent la prospérité culturelle et artistique de la cité de Florence à l’époque de Cosme de Médicis.

L’une des compositions représente Cosimo l’Ancien entouré d’artistes et de savants. Les artistes illustrent aussi les huit vertus attribuées à Cosme de Médicis : Courage, Prudence, Ruse, Volonté, Diligence, Religion, Éternité et Renommée…

D’après Brunelleschi, Ghiberti, Cosme de Médicis et la maquette de San Lorenzo ; la salle dédiée à Cosme de Médicis, plafond ; et Cosme L’Ancien entouré d’artistes et de savants ; fresques de Giorgio Vasari et Marco di Faenza, vers 1560, Palazzo Vecchio, XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Une mise en lumière des valeurs humaines

Le goût pour la civilisation gréco-romaine et l’art antique s’accompagne d’une philosophie fondée sur la mise en lumière de l’être humain, qui acquiert alors une place centrale dans la culture comme dans les arts…

Ainsi, on se préoccupe de la place de l’Homme dans le monde, de la confiance en ses capacités intellectuelles, techniques et matérielles… Une pensée et des réflexions qui préfigurent celles de la philosophie des Lumières du XVIIIe siècle…

LE STATUT DE L’ARTISTE S’AFFIRME

Trois grandes périodes définissent la Renaissance italienne. Le XVe siècle correspond à l’époque des expériences inédites, à leur développement et à la naissance de nouveaux principes artistiques…

D’après La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre, de Masaccio, vers 1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence. Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre, de Masaccio, vers 1427, fresque, chapelle Brancacci, Santa Maria del Carmine, XVe siècle, Florence. Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Masaccio, Brunelleschi, Alberti…

Sur une fresque de Masaccio, La Résurrection du fils de Théophile et saint Pierre (église du Carmine, Florence), on aperçoit, à droite de la scène, les peintres Masolino da Panicale et Masaccio et les architectes Alberti et Brunelleschi. Avec la Renaissance, des artistes reconnus s’invitent dans les compositions…

Le XVIe siècle, l’art classique de la Renaissance…

Les artistes de la Renaissance ouvrent de nouvelles perspectives… Entre 1500 et 1530, les nouveautés artistiques nées et développées au XVe siècle continuent de se perfectionner.

Puis l’art classique de la Renaissance s’épanouit jusqu’à son dépassement dans le courant maniériste, entre 1520 et 1600, dont les recherches préfigurent l’art baroque du XVIIe siècle.

D'après Michelangelo, plafond de la Chapelle Sixtine, 1508 - 1512, Vatican, Rome, début XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Michelangelo, plafond de la Chapelle Sixtine, 1508 – 1512, Vatican, Rome, début XVIe siècle, Cinquecento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Le statut de l’artiste prend de l’ampleur…

Aux XVe et XVIe siècles, le statut de l’artiste s’affirme et prend de l’ampleur. On assiste à reconnaissance pleine et entière d’une individualité artistique, d’une personnalité. Et l’art classique de la Renaissance deviendra un modèle pour les siècles suivants, notamment l’art achevé de Michelangelo (dit Michel-Ange en français) …

Cinq maîtres de la Renaissance florentine…

Le panneau dit des Cinq maîtres de la Renaissance florentine provient probablement d’une décoration peinte intérieure. Vasari, décrivant un tableau de ce style dans la maison de l’architecte Giuliano da Sangallo (1443-1516), à Florence, l’attribue en 1550 à Masaccio, puis en 1568 à Paolo Uccello.

D’après Cinq maîtres de la Renaissance florentine, Giotto, Uccello, Donatello, Manetti et Brunelleschi, anonyme, huile sur bois entoilé, fin XVe siècle-XVIe siècle, Florence. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Cinq maîtres de la Renaissance florentine, Giotto, Uccello, Donatello, Manetti et Brunelleschi, anonyme, huile sur bois entoilé, fin XVe siècle-XVIe siècle, Florence. (Marsailly/Blogostelle)

Il peut s’agir d’une composition commémorative plus tardive, à partir de portraits plus anciens de cinq maîtres illustres de la Renaissance à Florence.

Postérieure à la date d’exécution du tableau, une inscription identifie les peintres Giotto di Bondone et Paolo Uccello, le sculpteur Donatello (Donato di Niccolò di Betto Bardi), le mathématicien et architecte Antonio Manetti et l’architecte Filippo Brunelleschi.

DU TRECENTO AU QUATTROCENTO

La tradition fait débuter la Renaissance en 1401, au moment du concours, à l’initiative de la corporation des marchands de laine, l’Arte di Calimala, à Florence, organisé pour le décor sculpté des portes du baptistère médiéval de Florence…

D’après Le Sacrifice d’Isaac, modèle de Ghiberti, le projet de Brunelleschi, bas-reliefs, bronze, concours de 1401, baptistère de Florence, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Filippo Brunelleschi et Lorenzo Ghiberti

Filippo Brunelleschi et Lorenzo Ghiberti remportent ex aequo le projet pour le décor sculpté des portes du baptistère de Florence. Mais Brunelleschi, qui présente comme Ghiberti son modèle du Sacrifice d’Isaac, refuse de partager la commande…

Du Trecento à la Renaissance

Dans un premier temps, la tradition gothique et des styles propres à la Renaissance italienne cohabitent… Les arts de l’architecture, de la sculpture et de la peinture se développent sans cloisonnement entre les différentes techniques et s’enrichissent mutuellement. Cette bénéfique émulation prendra de l’ampleur dans la seconde moitié du XVe siècle.

D’après L'Adoration des Mages, de Pietro Lorenzetti, Sienne entre 1306 et 1345, XIVe siècle, Trecento italien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après L’Adoration des Mages, de Pietro Lorenzetti, Sienne entre 1306 et 1345, XIVe siècle, Trecento italien. (Marsailly/Blogostelle)

Des artistes s’affranchissent de l’art médiéval…

Dans le domaine de l’histoire de l’art, l’évolution des arts du monde médiéval à celui de la Renaissance se fait dans la continuité…

Des artistes du Trecento, comme Giotto di Bondone dit Giotto (1267-1337), peintre, sculpteur et architecte florentin, ou encore le peintre siennois Pietro Lorenzetti (vers 1280-1348), jouent un rôle important pour préparer l’avènement de la Renaissance italienne.

Lorenzetti et Giotto s’affranchissent d’un l’art médiéval décoratif et didactique. Ces deux artistes modernisent leur style et commencent à expérimenter la perspective.

D'après L'Adoration des Mages, de Lorenzo Monaco, 1420, tempera, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après L’Adoration des Mages, de Lorenzo Monaco, 1420, tempera, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

Tradition et modernité cohabitent…

De son côté, dans son Adoration des Mages, Lorenzo Monaco, dont le style se rattache à l’héritage médiéval, exprime lui aussi son souci de la perspective entre des arcades gothiques, un motif d’architecture modernisé et un paysage plus lointain. L’artiste vise à créer différents plans dans sa composition. Tradition et modernité cohabitent…

GIOTTO MODERNISE SON ART

Giotto, un pionnier de l’art de la perspective

Giotto se distingue en particulier en représentant des édifices et des tenues vestimentaires inspirés de la vie de ses contemporains du XIVe siècle…

Parmi les chefs-d’œuvre de Giotto figurent le campanile de Santa Maria del Fiore, à Florence, et les peintures de La vie de Saint François d’Assise dans la basilique Saint-François d’Assise.

D’après l’Apparition de François à frère Agostino et à l’Evêque Guido d’Arezzo, de Giotto di Bondone, avant 1337, fresque, basilique Saint-François d’Assise ; Claire pleurant François, Giotto Di Bondone, vers 1279-1300 apjc, fresque, église supérieure de San Francesco d’Assise, Ombrie ; et Le Jugement dernier, de Giotto di Bondone, vers 1303-1306, fresques de la Chapelle Scrovegni de Padoue ; Trecento italien. (Marsailly/Blogostelle)

Pour Saint-François d’Assise, voir aussi la Pause Lecture : Saint François d’Assise : “L’attention humble aux humbles”
(
Le livre : Le Très-Bas, de Christian Bobin)

Giotto di Bondone et Dante Alighieri

Vers 1303, Dante Alighieri et Giotto di Bondone se sont très probablement croisés à Padoue quand Dante, chassé de Florence en 1302, vient s’y exiler. Giotto commence alors les fresques de la chapelle Scrovegni (église de l’Arena) de Padoue. Pour Dante, (1265 – 1321), célèbre auteur florentin, peintre et poète répondent à un même dessein…

D’après Dante Alighieri, fresque du Paradis, Divine Comédie, de Giotto Di Bondone, 1335, chapelle du Bargello, Florence, XIVe siècle, Trecento italien. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Dante Alighieri, fresque du Paradis, Divine Comédie, de Giotto Di Bondone, 1335, chapelle du Bargello, Florence, XIVe siècle, Trecento italien. (Marsailly/Blogostelle)

Dante loue le talent de Giotto

Ainsi, dans la Divine Comédie, les œuvres picturales deviennent poésie et littérature. Dante y mentionne d’ailleurs le talent de Giotto : “Cimabue se crut dans la peinture ; maître du champ, mais Giotto à cette heure en a le cri ; si bien que le renom de son aîné en est assombri…

En italien : Credette Cimabue ne la pittura ; tener lo campo, e ora ha Giotto il grido, sì che la fama di colui è scura… (Purgatorio, XI, v. 94-99)

La Divine Comédie publiée en pleine Renaissance

Un tableau de Domenico di Michelino évoque le poète florentin Dante Alighieri et son œuvre, la Divine Comédie, résumée ici par la représentation de l’Enfer et du mont du Purgatoire, qui mène au Paradis et au monde céleste.

D’après Dante Alighieri, évocation de la Divine Comédie et la de la cité de Florence, de Domenico di Michelino,1465, Florence, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)
D’après Dante Alighieri, évocation de la Divine Comédie et la de la cité de Florence, de Domenico di Michelino,1465, Florence, XVe siècle, Quattrocento, Renaissance italienne. (Marsailly/Blogostelle)

La composition de Michelino renvoie également à l’importance et à l’attachement du poète pour la cité de Florence, dont la “cathédrale poétique” est éditée en 1472 et en 1555… en pleine Renaissance.

Du XVe au XXe siècle, la Divine Comédie restera une source d’inspiration inépuisable pour les artistes…

Voir aussi l’article Vie d’Artiste : Qui êtes-vous Dante Alighieri? (part I et II) Qui êtes-vous Dante Alighieri? – Rencontre au sommet avec le lumineux poète de la Divine Comédie et Vie d’Artiste : Qui êtes-vous Dante Alighieri? (part II) – Dante nous transporte des profondeurs de l’Enfer aux lumières du Paradis

Les Médicis règnent en maîtres à Florence, grand pôle culturel et artistique du XVe siècle. Les artistes répondent à de nombreuses commandes pour élever et décorer de somptueuses résidences ou pour embellir des édifices religieux. L’architecte florentin Filippo Brunelleschi renouvelle l’architecture…

Article suivant bientôt : Renaissance italienne au XVe siècle, Florence florissante cité des Médicis – Brunelleschi le novateur

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Bloc-notes + Littérature ? La Comédie, de Dante Alighieri (1265-1321) éditée une première fois en 1472, puis en 1555 sous le titre de Divine Comédie.  Le traité politique de Machiavel, Le Prince, écrit en 1513, publié en 1532 (Nicolas Machiavel, 1469-1527). Giorgio Vasari (1511-1574) publie La Vie des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes en 1550, et en 1568. Découvertes? En 1492 le navigateur génois Christophe Colomb (1451-1506) découvre un Nouveau Monde, l’Amérique. L’imprimeur allemand Gutenberg (vers 1397-1400- 1468) invente la typographie…

Par Maryse Marsailly

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